L’actualité numérique des industries de santé

    L’actualité numérique des industries de santé

    Innovations

    Magnisense lève 5 millions d'euros pour diffuser ses tests de diagnostic mobiles et connectés

    PARIS (TICpharma) - La société Magnisense, spécialisée dans le développement de tests mobiles et connectés pour le diagnostic d'urgence des maladies cardiovasculaires, a annoncé le 24 octobre une levée de fonds de 5 millions d'euros pour accélérer la diffusion de ses deux premiers tests, préparer la mise sur le marché d'un troisième produit et s'ouvrir au marché B2C.

    Créée en 2010, la société Magnisense développe des tests de diagnostic mobiles faisant appel à une technologie brevetée utilisant des nanomatériaux magnétiques afin de quantifier des molécules dans des environnements complexes comme le sang.

    Ces tests, baptisés MiAG (pour Mobile Diagnostic), permettent de "réaliser un diagnostic quantitatif de biomarqueurs sanguins, de la même qualité que les examens réalisés en milieu hospitalier en faisant appel à des automates, mais de façon mobile, rapide, robuste et connectée", a expliqué à TICpharma la directrice générale de l'entreprise, Lyse Santoro.

    A partir d'un prélèvement ou d'une goutte de sang prise sur le bout du doigt, l'utilisateur peut réaliser "trois tests en 15 minutes, sans maintenance et avec une autocalibration en continu des lecteurs", a-t-elle précisé. Le dosage peut être réalisé n'importe où, et les résultats sont envoyés à l'hôpital, au biologiste ou au médecin via un réseau Ethernet ou la 4G.

    L'un des avantages du dispositif mis en avant par Lyse Santoro est qu'il ne contient "que de l'électronique". "Il n'y a pas de moteur, pas de fluide, pas de laser. C'est ce qui le rend robuste et simple d'utilisation", a-t-elle relevé.

    Magnisense a déjà obtenu le marquage CE et le remboursement pour deux tests mobiles et connectés pour le diagnostic de l'infarctus du myocarde et de l'insuffisance cardiaque aiguë.

    Ils sont commercialisés depuis fin 2017 en France, en Suisse, et bientôt en Belgique, directement à des hôpitaux et cliniques qui souhaitent s'en équiper pour "mieux organiser leurs services d'urgences" et "apporter des solutions dans les déserts médicaux", a indiqué Lyse Santoro.

    Le développement et la commercialisation de ces tests ont été permis par une première levée de fonds de 5,5 millions d'euros, bouclée fin 2015 auprès de la société Minv et des actionnaires historiques de Magnisense, les sociétés d'investissement Provestis et Concorde Capital.

    La nouvelle levée de 5 millions d'euros a été réalisée auprès du fonds d'investissement belge Meusinvest, de trois nouveaux actionnaires privés et des actionnaires historiques.

    L'objectif de l'opération est d'accélérer la présence commerciale de Magnisense en Europe et d'augmenter le nombre de produits mis sur le marché. La société devrait proposer "début 2019" un troisième test qui "ciblera l'urgence au sens large: pulmonaire, rénale, hépatique, cardio, etc.", a confié sa directrice générale. Il devra aider les urgentistes à orienter au plus vite le patient dans un établissement spécialisé pour la pathologie détectée.

    Miniaturisation du dispositif

    Magnisense développe aussi la deuxième génération de ses tests MiAG, afin de miniaturiser un dispositif pour l'instant transportable dans un sac à dos, permettant d'arriver à une taille proche de celle d'un smartphone. Il s'agira aussi de le connecter en Bluetooth et en wifi.

    Cette évolution permettra à la société de pénétrer plus facilement le marché B2C, en proposant ses tests aux médecins, pour qu'ils puissent y avoir recours pendant la consultation, mais aussi aux patients, pour de l'autotest.

    "On aura toujours des applications d'urgence, mais viendra aussi se greffer une application de prévention, chez le cardiologue ou le médecin généraliste par exemple, pour le suivi d'un patient", a souligné Lyse Santoro.

    Elle a toutefois relevé des blocages réglementaires en France, interdisant au patient de réaliser lui-même ce genre de tests, "même si la réglementation a commencé à s'assouplir, notamment avec la distribution d'autotests en pharmacie".

    Magnisense emploie une trentaine de salariés. Son siège social est situé à Paris, tandis que ses laboratoires de R&D, ses unités de fabrication, de conditionnement et de stockage sont à Lyon. La fabrication des tests de diagnostic, dont une partie est déléguée à des prestataires, est "totalement localisée en France", s'est félicitée sa directrice générale.

    A la tête de la société depuis 2012, Lyse Santoro a auparavant occupé différents postes exécutifs, stratégiques et opérationnels chez Ipsen, BioMérieux et Pharnext. Elle a aussi officié entre 2002 et 2004 comme conseillère en charge de l'innovation, de la valorisation et du transfert technologique au cabinet de Claudie Haigneré, alors ministre déléguée à la recherche et aux nouvelles technologies.

    Dans le secteur de la santé, "on sait que l'innovation ne vient plus tellement de la découverte de nouvelles molécules thérapeutiques ou de nouveaux biomarqueurs, mais dans la façon de faire et de mettre en place de nouveaux parcours de soins. C'est le défi de demain", a-t-elle observé.

    Raphael Moreaux

    À suivre

    Le Syntec Numérique se réorganise pour "faire émerger le secteur du numérique en santé"

    Politique

    La Cnil recommande de mieux encadrer les algorithmes et l’intelligence artificielle

    PARIS (TICpharma) - La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a rendu vendredi 15 décembre un rapport sur les enjeux éthiques des algorithmes et de l’intelligence artificielle (IA), dans lequel l'institution appelle à un meilleur encadrement du secteur, notamment dans la santé.

    0 392

    Solutions

    La CJUE sonne le glas de la certification des logiciels d'aide à la prescription

    LUXEMBOURG (TICpharma) - La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a estimé jeudi 7 décembre que les logiciels d'aide à la prescription (LAP) constituaient des dispositifs médicaux au sens du droit de l'UE, ce qui rend ainsi superflue la procédure française de certification des logiciels médicaux sous l'égide de la Haute autorité de santé (HAS).

    0 427

    Vos réactions

    Anti-spam : Veuillez saisir le résultat de ce calcul S.V.P
    5 + 8 =