L’actualité numérique des industries de santé

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    Embleema met la blockchain au service de la pharmacovigilance

    PARIS (TICpharma) - La start-up Embleema a annoncé le 10 octobre le lancement d'un consortium de blockchain en santé pour collecter les données en vie réelle des patients et assurer notamment une meilleure pharmacovigilance, un projet qui sera soutenu par une campagne de financement en crypto-monnaie.

    Depuis une dizaine d'années, la blockchain prend une place de plus en plus importante dans la galaxie numérique et après avoir conquis le monde de la finance, elle séduit désormais celui de la santé.

    Pour rappel, la blockchain consiste à inscrire dans une chaîne de blocs informatiques inaltérable toute transaction d'un objet numérique, et à la faire approuver de façon traçable et décentralisée par l'ensemble des acteurs membres de la chaîne.

    Avec son carnet de santé numérique PatientTruth, la start-up franco-américaine Embleema est en pointe sur le sujet (voir dépêche du 12 janvier 2018).

    Elle vient aujourd'hui de lancer Embleema Health Network, un consortium autour de la blockchain en santé qui doit permettre de récupérer les données en vie réelle issues des dossiers médicaux des patients mais aussi de leurs objets connectés, afin qu'ils les partagent "volontairement" avec la recherche clinique pour vérifier l’efficacité des nouveaux médicaments et dispositifs médicaux.

    Ce "réseau" porté par Embleema réunira notamment les laboratoires Pierre Fabre mais aussi "plusieurs autres laboratoires, des associations de patients, des organisations chargées de définir des standards et un spécialiste de la régulation: le Dr Vahan Simonyan, ancien responsable de la bio-informatique à la Food and Drug Administration (FDA) américaine, qui nous a rejoint", a détaillé Robert Chu, fondateur de la start-up, à TICpharma.

    Les laboratoires Pierre Fabre participeront à la construction du réseau décentralisé de blockchain et mettront leurs serveurs à disposition pour stocker et partager des données en vie réelle des patients participants.

    Le processus de pharmacovigilance obligatoire pour les laboratoires fait aujourd’hui l’objet d’une collecte "coûteuse, lente et manuelle, monétisée par des intermédiaires", a noté Alexis Normand, en charge du consortium chez Embleema.

    "La plupart des études destinées à vérifier l'efficacité d'un médicament se font dans un environnement de recherche très contrôlé. Aujourd’hui, les données des patients issues de leurs objets connectés ou contenues dans les dossiers médicaux qu'ils récupèrent eux-mêmes sont sous-exploitées, alors le régulateur américain (la FDA, ndlr) a décidé qu'elles pouvaient servir à la pharmacovigilance", a-t-il poursuivi.

    Rétablir la confiance entre les patients et les laboratoires

    Embleema Health Network ambitionne plus largement de "simplifier et apporter de la transparence dans le commerce des données patients, en créant un marché décentralisé sans intermédiaire pour permettre à chaque patient d’exercer la pleine souveraineté sur ses données".

    Pour cela, le consortium va proposer aux patients d’agréger toutes leurs données en vie réelle et d’y accéder plus facilement et de manière sécurisée grâce à des smart contracts (ou "contrats intelligents"), qui permettent l'exécution automatique des termes du contrat établi préalablement entre le patient et les autres participants de la blockchain.

    Le développement de cette nouvelle blockchain concernera, dans un premier temps, les patients atteints de maladies rares ou de pathologies pour lesquelles il existe peu de traitements.

    Pour l'heure, Embleema peut lancer son projet aux Etats-Unis, où les patients disposent déjà de toutes leurs données médicales.

    En France, la généralisation du dossier médical partagé (DMP) prévue le 8 novembre prochain pourrait permettre à la start-up d'envisager un projet similaire, mais le DMP pose néanmoins le problème de données non-standardisées et parcellaires.

    "L’enjeu fondamental est de compenser le processus de validation de médicament qui est long et de faire gagner jusqu'à un an à la recherche, grâce à l'exploitation des données en vie réelle", a souligné Alexis Normand.

    La disponibilité de données patients en temps réel permettra donc d’accélérer la mise sur le marché de nouveaux produits de santé et de faire réaliser des économies substantielles aux acteurs publics et privés de la recherche.

    "Reconstituer un dossier patient complet pour des personnes atteintes de mucoviscidose coûte aujourd'hui 10.000 dollars et pour un patient atteint de la maladie de Parkinson, il faut compter jusqu'à 20.000 dollars", a précisé Alexis Normand.

    Avec son prolet, Embleema Health Network entend créer "une relation plus transparente et équitable avec les laboratoires", en impliquant directement les patients comme acteurs de la recherche. "La blockchain est la meilleure technologie pour rétablir la confiance entre les patients, les laboratoires et le régulateur", a observé Robert Chu.

    Une campagne de financement en crypto-monnaies pour soutenir le consortium

    Embleema a choisi de soutenir son nouveau consortium avec une levée de fonds en crypto-monnaie lancée mercredi depuis Paris. Dans le cadre de cette ICO (Initial Coin Offering), la start-up va émettre des jetons numériques (tokens) appelés RWD (Real-World Data).

    Les crypto-monnaies ou crypto-actifs sont des monnaies virtuelles, privées, qui permettent à leurs détenteurs d'effectuer des transactions sur des places de marché en ligne et d'échanger leurs jetons numériques contre de l'argent réel lorsqu'ils le souhaitent, rappelle-t-on.

    Dans le cadre du consortium, les patients verront leur implication dans la recherche récompensée par des jetons RWD, également utilisés par les autres participants d’Embleema Health Network, et seront donc rétribués en échange de leurs données.

    "La valeur du jeton va évoluer au fur et à mesure que les échanges de données patient augmenteront. Plus le patient injectera de données dans la blockchain, plus ce sera intéressant", a expliqué Robert Chu.

    Dans le cadre de son ICO, Embleema va émettre 150 millions de jetons RWD sur la plateforme de crypto-monnaies Ethereum, "avec une vente minimum attendue de 15 millions de RWD". Les jetons sont vendus au prix public initial hors taxes (HT) de 17,34 centimes d’euros.

    La souscription de jetons RWD démarre avec une phase de souscription privée uniquement sur invitation, en attendant la promulgation de la loi relative à la croissance et la transformation des entreprises (Pacte), dont l'article 26 doit venir encadrer l'utilisation des crypto-actifs. Et permettre à Embleema de lancer une ICO de plus grande envergure en juillet 2019.

    Wassinia Zirar

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