L’actualité numérique des industries de santé

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    Comment Med-eShare veut collecter et monétiser le partage de données de santé

    PARIS (TICpharma) - En proposant aux médecins libéraux un nouveau logiciel de gestion de cabinet gratuit, connecté à une plateforme cloud, la start-up Med-eShare espère constituer une base de données de santé et monétiser le partage de ces données anonymisées avec les autorités de santé, les chercheurs et les industriels, a expliqué son directeur général, Jean-François Lanièce, lors d'une conférence de presse organisée en juillet.

    "La donnée de santé est partout, mais elle n'existe nulle part. En tout cas, elle est très difficilement accessible", a noté le cofondateur de Med-eShare, jeune pousse créée en 2016 avec l'ambition de "digitaliser le parcours de soins", actuellement hébergée à l'incubateur Boucicaut à Paris.

    Cette difficulté d'accès à des données structurées mêlant à la fois des données cliniques et des informations recueillies en vie réelle par le biais d'objets connectés de santé "pose aujourd'hui problème à tous les acteurs de l'écosystème: médecins libéraux, hospitaliers, paramédicaux, institutionnels et industriels", a-t-il poursuivi.

    En parallèle, les logiciels de gestion de cabinet utilisés par les médecins "ont vieilli". "Près de 95% des médecins utilisent des logiciels installés sur leur poste de travail, la plupart ayant des capacités de communication limitées avec d'autres applicatifs", a observé Jean-François Lanièce.

    Face à ce constat, Med-eShare a développé un modèle original à partir d'une plateforme cloud alimentant plusieurs services allant du logiciel de gestion de cabinet à une sorte de dossier médical partagé (DMP), en passant par des outils de télémédecine.

    Le premier outil proposé par la start-up est le logiciel de gestion de cabinet pour les médecins Med-eShare, mis au point à partir du logiciel en ligne Medaplix et proposé gratuitement aux professionnels.

    Disponible sur un ordinateur ou sur tablette, il contient toutes les fonctionnalités habituelles d'un outil de gestion du dossier patient sur le plan administratif et médical et a obtenu la certification logiciel d'aide à la prescription (LAP). Il permet aussi de gérer la facturation et la transmission des feuilles de soins électroniques (FSE).

    Med-eShare a également développé une application mobile pour le patient, décrite comme "une fenêtre sur le dossier médical détenu par le médecin", présentant des comptes-rendus de consultation ou encore l'historique des prescriptions réalisées. "A terme, l'application permettra aussi de se connecter avec son hôpital, et les patients pourront s'en servir pour récupérer leurs données", a expliqué Jean-François Lanièce.

    Le professionnel de santé utilisateur peut aussi utiliser son logiciel et l'application mobile du patient pour lui transmettre des messages sanitaires. A terme, Med-eShare entend également développer plusieurs connecteurs à sa plateforme cloud pour permettre aux infirmiers, pharmaciens et hôpitaux d'accéder au dossier d'un patient, afin de "faciliter le partage des données et la coordination des professionnels", notamment dans les prises en charge en ambulatoire.

    Monétiser l'accès aux données anonymisées

    "L'accès aux données cliniques et de vie réelle est la plus grande opportunité d'amélioration immédiate de la santé publique", a estimé Jean-François Lanièce.

    C'est sur cette partie de son activité que la start-up Med-eShare entend réaliser du chiffre d'affaires. Une fois qu'elle aura atteint un nombre suffisant de médecins utilisateurs de son logiciel de cabinet, elle proposera aux établissements de santé, aux autorités et aux industriels d'accéder à des données anonymisées issues des dossiers médicaux entretenus par les médecins pour "piloter leur marché", "répondre aux demandes des autorités" ou "mettre en place des études".

    Le service sera proposé "en toute sécurité" et "en conformité avec le règlement général européen sur la protection des données personnelles [RGPD]", a précisé le fondateur de Med-eShare.

    Deux offres sont pour l'instant envisagées pour le partage de données: un abonnement mensuel permettant d'accéder en temps réel à un "cube de données" comprenant des informations sur les prescriptions, les indications, les profils du médecin et du patient, et un abonnement récurrent pour le suivi dans la durée d'une cohorte de patients dans le cadre d'études et de recherches, a détaillé Jean-François Lanièce.

    Objectif de 500 médecins utilisateurs en 2019

    Le dirigeant a mis en avant l'intérêt de "maîtriser le logiciel" utilisé par les médecins pour disposer de données médicales longitudinales structurées et interopérables, se plaçant en concurrence directe avec les sociétés Iqvia ou OpenHealth Company.

    La start-up s'est donné 18 mois pour atteindre les 500 médecins utilisateurs, soit environ un million de dossiers patients et plus de 200.000 prescriptions réalisées chaque mois sur son logiciel de gestion du cabinet. Ce seuil est suffisant, selon Jean-François Lanièce, pour disposer de données représentatives à l'échelle nationale et proposer de premiers accès aux industriels, chercheurs et institutionnels.

    "Il faudra disposer d'au moins 1.200 utilisateurs si l'on veut avoir des données précises et représentatives au niveau régional", a-t-il ajouté.

    Med-eShare a déjà levé près de 350.000 euros mais souhaite rapidement atteindre les 2 millions pour financer ses deux premières années d'exploitation.

    Raphael Moreaux

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