L’actualité numérique des industries de santé

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    Politique

    Le gouvernement va investir dans l'amélioration des diagnostics médicaux par l'IA

    PARIS (TICpharma) - Le fonds pour l'innovation et l'industrie, doté de 10 milliards d'euros, va investir 30 millions d'euros sur trois ans dans l'amélioration des diagnostics médicaux par l'intelligence artificielle (IA) et 30 millions supplémentaires dans la fiabilisation des systèmes d'IA, a annoncé le ministre de l'économie et des finances, Bruno Le Maire, mercredi 18 juillet.

    Créé en janvier, le fonds pour l'innovation et l'industrie est doté de 10 milliards d'euros provenant de cessions d'actifs d'Engie et de Renault (1,6 milliard) et des apports en titres d'EDF et Thalès (environ 8,4 milliards) (voir dépêche du 20 juin 2018).

    Ces actifs sont placés en vue de générer, à terme, un rendement de 250 millions d'euros par an qui sera dépensé pour financer l'innovation de rupture, un domaine qui a besoin de moyens plus importants et d'un temps de recherche plus long que la moyenne.

    "La France a pris du retard sur l'innovation disruptive, c'est-à-dire l'innovation qui ne rapporte pas toute de suite, qui n'améliore pas la productivité immédiate des entreprises, mais qui prépare les sauts technologiques du futur", a déclaré Bruno Le Maire, mercredi 18 juillet, à l'occasion de l'installation du Conseil de l'innovation, une nouvelle structure chargée de piloter la politique d'innovation.

    Pour le ministre, l'objectif est aujourd'hui de "combler le retard" et même "d'être le pays phare de l'innovation de rupture".

    Le fonds pour l'innovation et l'industrie consacrera 70 millions d'euros par an pour soutenir la croissance et l'émergence des start-up technologiques dans le cadre du plan deeptech et 22 millions pour le plan Nano-électronique 2022.

    Environ 150 millions d'euros par an seront alloués à des "grands défis" technologiques, sur lesquels la France pense pouvoir créer un marché et tirer son épingle du jeu face à des concurrents comme la Chine ou les Etats-Unis, qui investissent déjà massivement dans les nouvelles technologies.

    Trois à cinq "grands défis" par an

    Les grands défis seront au nombre de trois à cinq chaque année, et disposeront chacun d'une enveloppe de subventions de 30 millions d'euros sur trois ans. Ils seront choisis par le Conseil de l'innovation.

    Cette instance est coprésidée par Bruno Le Maire et la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, Frédérique Vidal. Elle comprend quatre autres ministères, des opérateurs de l'Etat et six personnalités qualifiées, dont Eric Careel, cofondateur de la société d'objets connectés en santé Withings.

    L'amélioration des diagnostics médicaux par l'IA et la fiabilisation des systèmes d'IA sont les deux premiers grands défis identifiés par le Conseil de l'innovation, a expliqué Bruno Le Maire. Ils découlent du plan IA présenté en mars par le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, qui veut faire de l'Hexagone un champion de l'intelligence artificielle (voir dépêche du 30 mars 2018).

    Le défi portant sur la santé "cible prioritairement l’aide au diagnostic dans les domaines du cancer, des maladies cardiovasculaires et du diabète. Néanmoins, des applications en neurologie ou même pour les maladies rares ne sont pas à exclure", a fait savoir Bercy.

    Le défi repose en particulier sur la collecte de données et leur standardisation, avec l’enjeu de fédérer les acteurs concernés, "dans le but de créer une industrie du numérique de santé souveraine et compétitive".

    Sont aussi évoqués l’interopérabilité des centres d’archivage et l’uniformisation des accès, des échanges et leur sécurisation; la mise en oeuvre de plateformes de recherche collaboratives intégrant des infrastructures de calcul et de stockage; et le développement d’outils logiciels permettant de traiter et d’exploiter les données médicales afin d’offrir des analyses prédictives et prescriptives dans le cadre du parcours de soin.

    Des appels à projets par "briques technologiques"

    Dans le cadre du défi, des appels à projets seront lancés par "briques technologiques algorithmiques et logicielles".

    "Il pourra, par exemple, s’agir d’automatiser la reconnaissance des tumeurs cancéreuses sur des radiographies, de suivre leur évolution au cours du temps, d’établir par des analyses statistiques automatisées des corrélations entre les caractéristiques du patrimoine génétique d’un patient avec la probabilité de contracter une maladie ou encore entre ces caractéristiques génétiques et l’efficacité des médicaments", a précisé Bercy dans un dossier de presse.

    Lorsque les briques auront un niveau de maturité suffisant, un appel à projets pourrait être lancé auprès des établissements hospitaliers afin d’accueillir des plateformes collaboratives visant à mettre à disposition ces nouvelles technologies numériques et les infrastructures informatiques associées à l’ensemble de la communauté médicale française.

    Selon Bercy, il faudra s'appuyer en amont sur la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), afin de sécuriser juridiquement les méthodes d’anonymisation des données personnelles sensibles, ainsi que sur les instances en charge de la déontologie médicale (Comité consultatif national d’éthique -CCNE- et conseil national des ordres des médecins et des pharmaciens) et sur l’Institut national des données de santé (INDS).

    Le défi associera les acteurs de la recherche médicale en France, notamment l'Inserm et les CHU, et des industriels de la santé. Il devra s’articuler avec le plan "France Médecine Génomique 2025" pour les aspects génomiques

    De nouveaux défis seront sélectionnés fin novembre-début décembre, a-t-on indiqué dans l'entourage de Bruno Le Maire. "Dans chaque grand défi, on ne s'interdira pas d'avoir des projets concurrents" et de n'en retenir au final qu'un, a-t-on ajouté de même source.

    Chaque défi sera piloté par un responsable de programme qui définira les axes de recherche et les modes de financement, sélectionnera les projets dans lesquels le fonds va investir et les opérateurs à solliciter. Ces responsables seront recrutés d'ici la fin de l'année. "L'objectif est de décloisonner les choses entre la recherche, l'entrepreneuriat et l'industrie", a-t-on expliqué à Bercy.

    Guillaume Bietry

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