L’actualité numérique des industries de santé

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    Politique

    Le numérique et l'e-santé dans le viseur du Conseil stratégique des industries de santé

    PARIS (TICpharma) - La transformation numérique du secteur de la santé et l'apport des technologies informatiques dans le domaine médical ont fait l'objet de plusieurs annonces et prises de position des pouvoirs publics et industriels, à l'issue de la huitième réunion du Conseil stratégique des industries de santé (Csis), qui s'est tenue le 10 juillet à Matignon.

    Créé en 2004, le Csis a été conçu comme une instance de dialogue entre le gouvernement et les représentants internationaux de l'industrie pour définir de grandes orientations et mesures stratégiques en vue de renforcer l'attractivité de la France, rappelle-t-on.

    Il s'est réuni toute la matinée du mardi 10 juillet autour du premier ministre, Edouard Philippe, de plusieurs membres du gouvernement et de nombreux dirigeants des industries de santé. La veille, les plus grands patrons de l'industrie pharmaceutique avaient été reçus à l'Elysée pour un dîner avec le président de la République.

    Si les principales mesures annoncées à l'issue de ce rendez-vous ont porté sur la hausse de l'enveloppe de dépenses consacrée au médicament, l'ouverture des autorisations temporaires d'utilisation (ATU) aux extensions d'indication ou le lancement de la réforme de l'évaluation des médicaments, le numérique -et plus généralement l'ensemble des technologies- ont occupé une place de choix dans les discussions.

    Dans un éditorial publié dans un dossier de presse diffusé par Matignon, le premier ministre estime que les industriels connaissent plusieurs "révolutions en matière de médecine génomique et personnalisée, d'intelligence artificielle, de biotechnologies" qu'il faut accompagner avec des mesures "sectorielles, précises, efficaces".

    Edouard Philippe a aussi cité dans un discours "la structuration et la valorisation des données de santé" parmi les "défis les plus prometteurs" qui attendent les acteurs du système de santé, et pour lesquels il faut actionner "les bons leviers" afin de développer une médecine "prédictive et préventive".

    Il a mentionné la nécessité d'enrichir les bases de données existantes "pour qu'elles prennent en compte toutes les facettes du parcours de soins", et le besoin de "faciliter" les autorisations de traitement de ces données.

    Parmi les 15 grandes mesures issues de cette huitième réunion du Csis, l'exécutif évoque la création d'un "Health data hub", déjà annoncée mi-juin par le ministère des solidarités et de la santé. Il s'agit notamment d'élargir le système national des données de santé (SNDS) aux données cliniques (voir dépêche du 13 juin 2018). "Nous allons construire tout simplement l'une des plus grandes bases de données du monde", s'est félicité Edouard Philippe.

    "Fort de ces actifs, nous développerons massivement l'utilisation de ces données en conditions réelles", a-t-il ajouté, relevant que ce traitement des données de santé "ouvre des horizons insoupçonnés pour développer des produits et des services, comme des applications sur smartphone, que le patient pourra s'approprier plus activement".

    Accent sur la formation

    Au-delà de la mise en place du "Health Data Hub", le gouvernement vise, sur le plan technologique, la création en France d'un "pôle d'excellence mondial" dans le domaine des biotech afin de combler un "retard marqué conjugué à un manque d'investissement en R&D et en production".

    Il s'engage aussi à "accompagner les entreprises et leurs salariés dans la transformation digitale, grâce à l'identification des impacts des technologies digitales sur les métiers et le développement des formations associées. Un nouvel accord-cadre "Engagement développement emploi compétences" (EDEC) doit être signé en ce sens pour les industries de santé.

    Toujours sur les aspects de formation, le dossier de presse de Matignon pointe la volonté de l'exécutif d'"adapter les formations qualitativement et quantitativement aux besoins des entreprises par la création ou le renforcement de nouvelle filière de formation initiale et continue, notamment dans le domaine du data management, de la supply chain et de la recherche clinique".

    Il évoque également le renforcement des connaissances du dispositif médical et du médicament dans la formation des professionnels de santé "en développant des supports numériques".

    Renforcement des dispositifs de financement

    Matignon relève que "la filière de la santé numérique (e-santé, télémédecine et données de santé) représente un nouveau champ d'innovation comme de développement économique et social". "Ces innovations vont à la fois venir s'associer aux traitements (solutions multi-technologiques, dispositif connecté) et développer de nouvelles façons de prendre en change les patients, ou d'organiser l'offre de soins", ajoute-t-il.

    Pour consolider cette filière d'innovation en santé, l'exécutif va lancer le fonds Innobio 2, qui sera doté d'une enveloppe comprise entre 150 millions et 250 millions d'euros. La création de ce fonds avait déjà été évoquée en avril 2016 par Manuel Valls, alors premier ministre, mais n'avait jamais été suivie d'effets, rappelle-t-on.

    Le nouveau fonds Innobio sera abondé par Sanofi et Bpifrance à hauteur de 50 millions d'euros chacun. "Ils ont vocation à être rejoints, dans les mois qui suivent, par des industriels de la pharmaceutique, notamment les souscripteurs du fonds InnoBio, du secteur des dispositifs médicaux et des institutionnels", selon Matignon.

    Le fonds aura vocation à investir en fonds propres et quasi-fonds propres dans des entreprises proches ou en début de développement clinique fournissant des produits et services innovants, que ce soit des produits biopharmaceutiques, des plateformes de technologies, dès lors qu’elles ont une visée thérapeutique, ou encore des dispositifs médicaux, des produits de diagnostic et des outils de e-santé ayant un lien fort avec les médicaments et leur prescription.

    L'exécutif a également annoncé que le Fonds accélération biotech santé (Fabs), lancé en 2015, allait être en grande partie reconverti. Ainsi, 170 millions sur les 250 millions d'euros encore disponibles seront investis en fonds de fonds, ce qui permettra de multiplier l'effet de levier avec les capitaux privés.

    Doté de 340 millions d'euros, ce fonds n'avait financé que quatre projets pour 36,5 millions d'euros fin 2017.

    Annonces des industriels

    Plusieurs industriels ont profité de la réunion du Csis pour faire des annonces d'investissement en France.

    En plus de sa participation au fonds Innobio 2, le numéro un français Sanofi a fait savoir qu'il portait de 145 millions à 330 millions de dollars la capacité d'investissement de son fonds de capital-risque Sanofi Ventures, et qu'il allait élargir l'action de ce fonds à la "santé digitale".

    Sanofi Ventures investit au stade précoce dans des entreprises dotées de produits prometteurs, susceptibles d'enrichir la pipeline du groupe pharmaceutique. Il compte notamment dans son portefeuille la société française Voluntis, spécialisée dans les logiciels thérapeutiques et la télésurveillance (voir dépêche du 19 avril 2018), ou l'américain Evidation Health, qui développe une plateforme de mesure des comportements de santé.

    Sanofi indique par ailleurs qu'il va ouvrir sa plateforme de données DARWIN pour participer au "Health Data Hub", et qu'il prévoit de s’engager avec des start-up en faveur du digital en recherche clinique, qu'il s'agisse d'inclure des patients dans des essais ou de les accompagner.

    Autre acteur pharmaceutique important, Merck & Co a indiqué qu'il allait investir plus de 80 millions d'euros dans la R&D et le digital en France en 2018.

    Dans les données de santé, jusqu'à 10 millions d'euros vont être alloués à des projets "innovants" et à des études de cohortes. Le laboratoire va aussi investir 25 millions d'euros pour sa transformation digitale, dans le cadre d'un plan de restructuration de l'entreprise qui doit notamment conduire à la suppression de quelque 190 postes.

    Merck & Co a aussi expliqué qu'Aptus Health, sa filiale spécialisée dans l'e-santé, allait créer 50% d'emplois directs de plus que prévu lors de l'annonce de son installation en France en 2016. "Dans l'année qui vient, 50 emplois supplémentaires seront créés dans notre pays", souligne le groupe dont la filiale emploie actuellement une centaine de salariés à La Défense (Hauts-de-Seine).

    Symbole de la montée en puissance du sujet numérique dans le secteur de la santé, plusieurs entreprises agissant au croisement des technologies informatiques et du médical ont été invitées en marge de la réunion du Csis à présenter leurs produits dans une "démozone" mise en place à l'Hôtel de Matignon.

    On peut citer parmi elles la société H4D, qui a conçu la cabine de téléconsultation Consult Station, l'entreprise Poietis, qui développe des modèles physiologiques 3D à partir des technologies de bio-impression, le bordelais SimforHealth, spécialisé dans le recours à la simulation numérique pour la formation des professionnels, ou encore Voluntis.

    La Rédaction
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