L’actualité numérique des industries de santé

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    Innovations

    A Viva Technology, la santé dans la cour des géants mondiaux de la tech

    (Par Raphaël MOREAUX, au salon Viva Technology)

    PARIS (TICpharma) - Les acteurs de la santé connectée et des technologies médicales innovantes ont eu une place de choix aux côtés des géants mondiaux de la tech lors de la troisième édition du salon international Viva Technology, organisée à Paris du 24 au 26 mai sous le signe du "bien commun".

    "Optimiste" pour le futur des technologies de santé, Maryvonne Hiance, présidente de l'association France Biotech, a fait part à TICpharma de sa "fierté" de pouvoir donner une plus grande visibilité au secteur des healthtech, en participant pour la première fois à Viva Technology.

    "Les technologies innovantes de santé font partie des grands enjeux économiques de la France, qui a trois principaux domaines d'exportation: la défense, le luxe et la santé. Demain, ce ne sont pas les 'vieux médicaments' qui vont être porteurs, mais les biotechnologies, les medtech et le big data", a-t-elle souligné.

    Non loin des stands d'Airbus et d'Air Liquide, France Biotech a profité de Viva Technology pour mettre en avant dix fleurons de la medtech française, parmi lesquels Sensome, qui développe un microcapteur piloté par intelligence artificielle (IA) aidant au traitement des accidents vasculaires cérébraux (AVC) ischémiques, ou Brain Dynamic Imaging, qui commercialise un système d'imagerie moléculaire fonctionnelle du cerveau.

    Avec des thérapies de plus en plus ciblées et personnalisées, "nous vivons une révolution dans la façon de soigner", qui nécessite de mieux identifier le profil des patients par des biomarqueurs, des données cliniques et biologiques, a relevé Maryvonne Hiance.

    Dans ce contexte, le recours aux nouvelles technologies "est en train d'exploser grâce au génie génétique, au croisement de la biologie et de l'informatique, du traitement du signal", a-t-elle observé.

    Mais les conditions pour "une diffusion globale" des technologies innovantes de santé ne sont pas encore toutes réunies: la présidente de France Biotech a ainsi regretté une part de capital-risque encore "trop faible" dans l'Hexagone, un manque de fléchage de l'épargne vers les investissements et des "problèmes d'évaluation" qui conduisent certains dispositif développés en France à être commercialisés ailleurs en Europe, avant d'accéder au marché français.

    Quant au système national des données de santé (SNDS) mis en place il y a un peu plus d'un an pour mieux organiser l'accès à ces données essentielles pour la recherche (voir dépêche du 3 janvier 2017), "il est encore un peu tôt" pour juger de son efficacité, a estimé Maryvonne Hiance, expliquant "rester vigilante" afin que la France n'applique pas "de manière excessive" le principe de précaution dans l'accès aux données.

    "On a l'impression qu'il y a de la part du gouvernement une compréhension de la problématique, maintenant on attend l'action", a-t-elle noté, faisant part de son espoir d'obtenir des "signaux forts" sur le fléchage de l'épargne dans le futur projet de loi Pacte (Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises).

    Stratégie digitale de Sanofi

    A quelques pas du "hub medtech" de France Biotech, le stand de Sanofi, à nouveau partenaire de Viva Technology cette année, a mis en lumière plusieurs start-up de la santé et accueilli des prises de parole sur l'apport du numérique dans le médical, et sur les modes de collaboration des industriels de santé avec les acteurs des technologies.

    Guillaume Leroy, président de Sanofi France, et Isabelle Vitali, directrice de l'innovation, y ont rappelé que le digital était "au cœur" de la stratégie du laboratoire pharmaceutique. Sanofi a ouvert fin 2017 un laboratoire dédié à l'e-santé, rappelle-t-on (voir dépêche du 6 décembre 2017).

    Isabelle Vitali a évoqué plusieurs projets en cours, notamment avec Orange pour développer un agent conversationnel d'aide aux médecins pour la prescription de médicaments complexes, ou avec la société Observia, pour construire une base de données d'arbres décisionnels pour une meilleure prise en charge des patients à l'officine.

    Le laboratoire a également organisé à Viva Technology un concours de start-up intitulé "Voice challenge", remporté par la jeune pousse israélienne AlephBot, qui développe des outils d'IA pour aider les professionnels de santé hospitaliers dans le choix des traitements.

    On notera également la victoire de SimforHealth, entreprise française spécialisée dans la formation des professionnels de santé par simulation numérique, à un concours sur le thème du e-learning organisé par Vinci Energies.

    D'autres grands groupes comme La Poste ou Sodexo accueillaient eux aussi sur leurs stands des start-up de la santé avec lesquelles ils collaborent. La filiale numérique du groupe La Poste, Docapost, a d'ailleurs profité du salon pour signer un partenariat de codéveloppement de services d'e-santé avec le groupe d'hospitalisation privé Elsan (voir dépêche TICsanté du 30 mai 2018).

    Lancement du programme Onduo aux Etats-Unis

    Viva Technology a aussi été l'occasion d'avoir des nouvelles d'Onduo, la coentreprise Sanofi-Google créée en 2016 dans le domaine du diabète (voir dépêche du 20 juin 2017). Son directeur, Josh Riff, est intervenu le 24 mai sur le stand de Sanofi et a notamment fait le point sur le lancement, en février dernier, de la "clinique virtuelle" d'Onduo pour les patients diabétiques de type 2 dans quelques Etats américains.

    "Plusieurs centaines" de patients se sont inscrits à ce programme qui allie une application mobile (Onduo for Diabetes), un kit comprenant un lecteur de glycémie connecté, des bandelettes réactives et des lancettes, un moniteur de glucose en continu (GCM) et l'accès à une équipe de coaching composés de professionnels certifiés, a-t-il indiqué.

    L'objectif du programme est d'allier ces différents outils et services pour faire en sorte que tous les patients aient accès, depuis leur smartphone, à des informations "en temps réel" sur leur maladie et à des conseils personnalisés pour une meilleure prise en charge, a-t-il expliqué.

    Egalement présent à Viva Technology, Gilles Litman, vice-président en charge des solutions intégrées pour le diabète et les maladies cardiovasculaires chez Sanofi, a indiqué que le programme avait dépassé les premiers objectifs fixés en termes de recrutement de patients. Le prochain défi va être d'étendre le service à l'ensemble des Etats-Unis, avant d'accéder à d'autres marchés à l'international.

    Onduo entend prouver qu'il peut être "un compagnon digital de confiance", avant de se servir de l'expérience acquise sur le diabète pour développer des services similaires dans d'autres domaines thérapeutiques comme le traitement des maladies cardiovasculaires ou la santé mentale, a ajouté Josh Riff.

    "Réconcilier l'innovation et le bien commun"

    Les technologies innovantes de la santé se sont invitées sur le parcours du président de la République, Emmanuel Macron, qui a visité le salon le 24 mai.

    Il s'est notamment entretenu sur le stand de la banque publique d'investissement Bpifrance avec un porte-parole de Wandercraft, entreprise qui développe un exosquelette permettant aux personnes paraplégiques de se lever et de marcher, ainsi qu'avec NovaGray, start-up médicale spécialisée dans les tests de radiosensibilité pour le traitement des cancers. "La technologie n’a de sens que si elle est encadrée et au service de l’humain", a-t-il déclaré.

    Mais Emmanuel Macron était surtout là pour prononcer un discours d'inauguration rappelant les actions menées en France pour "construire un terrain de jeu" pour les géants des technologies, faciliter les investissements et la recherche, et "réconcilier l'innovation avec le bien commun".

    Après avoir reçu la veille à l'Elysée les patrons des plus grandes entreprises de la tech pour un sommet baptisé "Tech for good", le président a insisté à plusieurs reprises sur la "responsabilité" de ces géants quant aux impacts des technologies sur les modèles sociaux des Etats, l'évolution des métiers ou encore l'égalité entre les citoyens.

    "Nous devons clarifier les règles du jeu et créer un nouveau cadre de réglementation commun", a-t-il défendu, estimant que l'Europe a une carte à jouer entre un modèle américain ultralibéral et un modèle chinois trop centralisé et organisé par le gouvernement. La première pierre de ce modèle européen est le règlement général relatif à la protection des données (RGPD), qui est entré en vigueur le 25 mai dans l'ensemble de l'Union (voir dépêche du 28 mai 2018), a relevé Emmanuel Macron.

    "Je veux faire de la France ce point d'entrée pour la réussite en matière d'innovation pour une attractivité technologique qui profite à tous les territoires", a-t-il martelé, invitant les patrons des géants technologiques présents, parmi lesquels IBM, Microsoft, Uber ou Facebook, à se revoir chaque année pour renouveler l'expérience du sommet "Tech for good".

    Le secrétaire d'Etat chargé du numérique, Mounir Mahjoubi, a également présenté lors du salon les propositions générales et sectorielles de son plan "Actions start-up 2018", et annoncé l'organisation d''états généraux des régulations du numérique" (voir dépêche du 30 mai 2018).

    L'édition 2018 de Viva Technology a rassemblé sur trois jours plus de 9.000 start-up et 100.000 visiteurs.

    Raphael Moreaux

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    PARIS (TICpharma) - Des "états généraux des régulations du numérique" destinés à définir une "constitution du numérique" seront lancés dans les prochains jours par le secrétaire d'Etat chargé du numérique, Mounir Mahjoubi, a-t-il annoncé le 25 mai dans son discours de clôture du salon Viva Technology.

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