L’actualité numérique des industries de santé

    L’actualité numérique des industries de santé

    Politique

    Bruxelles fourbit ses armes pour faire de l'Europe un leader de l'IA et de l'e-santé

    PARIS (TICpharma) - Après avoir publié les résultats de sa consultation publique sur la transformation digitale du monde de la santé fin février, la Commission européenne a présenté, le 25 avril, une série de mesures visant à faire du Vieux-Continent un leader en matière d'intelligence artificielle (IA).

    La feuille de route européenne est déjà toute tracée. S'il entend encourager les investissements publics et privés dans l’IA, Bruxelles souhaite également engager une transformation digitale des soins de santé en vue d'un marché unique numérique.

    Côté IA d'abord, la Commission européenne mise sur un budget solide et appelle toute l'Europe -acteurs publics comme privés- à investir au moins 20 milliards d'euros.

    L'institution y prend sa part: le 25 avril, elle a annoncé un effort de 1,5 milliard d'euros dans le cadre du programme de recherche et d’innovation "Horizon 2020" pour la période 2018-2020.

    "A l'instar de la machine à vapeur ou de l'électricité dans le passé, l'IA est en train de transformer notre monde. Elle pose de nouveaux défis que les Etats membres doivent relever ensemble, pour faire de l'IA un succès qui profite à tout un chacun", a martelé Andrus Ansip, vice-président de la Commission européenne et commissaire en charge du marché unique numérique.

    "Nous devons investir au moins 20 milliards d'euros (secteurs public et privé) d'ici à la fin de l'année 2020. La Commission joue son rôle: nous entendons aujourd'hui donner une impulsion, aux chercheurs d'une part, pour leur permettre de développer la prochaine génération de technologies et d'applications de l'intelligence artificielle, et aux entreprises d'autre part, pour qu'elles soient en mesure de les intégrer."

    "L'Europe soutiendra le développement de l'IA dans des secteurs clés, des transports à la santé, permettra de connecter et de renforcer les centres de recherche en IA dans l'ensemble de l'Europe, et encouragera les essais et l'expérimentation", a également déclaré le vice-président de l'institution.

    La Commission a par ailleurs encouragé la mise en place d'une "plateforme d'IA à la demande", qui doit rendre possible l'accès aux ressources utiles en la matière à tous les ressortissants européens.

    Elle a en outre annoncé un Fonds européen pour les investissements stratégiques, qui sera mobilisé "afin d'aider les entreprises et les start-up, grâce à un soutien supplémentaire, à investir dans l'IA".

    Ce fonds vise à mobiliser plus de 500 millions d'euros d'investissements au total d'ici à 2020 dans une palette de secteurs clés dont la santé. Un budget ambitieux pour aider le continent à s'imposer sur ce marché compétitif et déjà largement trusté par les Etats-Unis et la Chine.

    Les données, matière première pour la plupart des technologies de l'IA, sont aussi au cœur de la stratégie de la Commission. L'institution propose donc une législation visant à davantage donner accès à des données provenant des services publics, notamment pour favoriser la recherche en matière de santé.

    Une vision partagée par Mounir Mahjoubi, secrétaire d'Etat français chargé du numérique, qui a profité d'une rencontre avec Mariya Gabriel, commissaire européenne chargée de l'économie numérique, le 10 avril pour appeler à une stratégie européenne "offensive sur l'IA" et à une régulation "équilibrée".

    Concernant la régulation justement, la Commission planche actuellement sur une nouvelle législation plus adaptée. "Comme toute technologie transformatrice, l'IA est susceptible de soulever de nouvelles questions éthiques et juridiques, liées à la responsabilité ou à la prise de décisions potentiellement partiales", a souligné l'exécutif européen, qui promet des lignes directrices en matière d'éthique "d'ici à la fin de 2018" .

    Cap sur un marché unique numérique à la pointe de l'e-santé

    Autre chantier initié par l'Europe et central pour faire du Vieux-Continent un espace compétitif et attractif: celui de la transformation de la santé et des soins dans le marché unique numérique.

    Le 19 février, la Commission a publié les réponses à une consultation publique sur le sujet. Lancée officiellement le 20 juillet 2017, cette consultation consistait à sonder les ressortissants européens sur les moyens que devrait déployer l'Europe pour encourager l'innovation dans le monde de la santé.

    "L'approche proposée servira de base pour les actions que l'Union européenne (UE) mènera dans les années à venir dans le domaine de la santé numérique, notamment en faveur de l'échange des ordonnances électroniques et des dossiers médicaux en ligne, de l'échange transfrontalier de dossiers de santé électroniques complets, d'une coordination volontaire en matière de partage des données et de ressources pour la prévention des maladies et la recherche, du renforcement des capacités, et de l'échange d'innovation et de meilleures pratiques pour les autorités sanitaires", a indiqué Bruxelles.

    Parmi les participants à cette grande consultation, 93% considèrent que les citoyens européens devraient être en mesure de gérer leurs données de santé, 83% pensent que le partage des données de santé permettrait d’améliorer les soins, le diagnostic et la prévention des maladies, et plus de 73% encouragent le partage des données entre Etats et entre le privé et le public pour favoriser la recherche médicale.

    A la lumière de ces retours, la Commission a annoncé qu'elle procédera au réexamen de la directive relative à l'application des droits des patients en matière de soins de santé transfrontaliers.

    "De nouvelles règles définiront le rôle du réseau 'santé en ligne', qui réunit les 28 Etats membres, en matière de gouvernance de l'infrastructure de services numériques dans le domaine de la santé en ligne et clarifieront les règles applicables aux transferts transfrontaliers de données", a dit l'institution.

    Par ailleurs, de nouveaux investissements -dont le détail n'a pas encore été communiqué- viendront "financer l'échange des dossiers médicaux nationaux électroniques entre les Etats membres participants".

    Des projets pilotes basés sur les essais cliniques

    Les chercheurs sont encouragés à échanger leurs données. L'un des objectifs initiaux consiste à "rendre accessible au moins 1 million de séquences du génome dans l'UE d'ici à 2022" et la Commission s'est engagée à faciliter ces échanges.

    Par ailleurs, elle mettra en place "des projets pilotes fondés sur des données de pratique clinique (données récoltées après des essais cliniques, données recueillies auprès de patients après la commercialisation de médicaments ou de produits médicaux) afin de répondre aux besoins des patients en matière de médicaments ou de thérapies", a indiqué Bruxelles. "Ces projets porteront dans un premier temps sur les maladies rares", a-t-il été souligné.

    La Commission a appelé chaque Etat membre à investir dans le déploiement de solutions numériques de santé. Elle évoque la publication prochaine d''informations sur les formes de marchés publics et les possibilités d'investissement novatrices".

    "Qu'il s'agisse des applications de santé mobile, des appareils personnels de mesure de la pression artérielle ou des lecteurs de glycémie, les outils numériques donneront aux individus les moyens de prendre soin de leur santé, tout en améliorant la prévention des maladies et en améliorant les retours d'information et l'interaction entre les utilisateurs et les prestataires de soins de santé", a plaidé Bruxelles.

    La transformation numérique des soins de santé, inscrite dans la stratégie pour un marché unique numérique, fera l'objet de nouvelles annonces dans les mois à venir.

    Wassinia Zirar
    Wassinia.Zirar@apmnews.com

    À suivre

    La HAS favorable à l'adoption de normes de développement des algorithmes en santé

    Acteurs

    Chez B. Braun, l'informatique pour "augmenter la valeur ajoutée du dispositif médical"

    SAINT-CLOUD (Hauts-de-Seine) (TICpharma) - Sébastien Topin, responsable Applications médicales et connectivité chez B. Braun Medical, filiale française du groupe allemand B. Braun, a détaillé dans un entretien à TICpharma la stratégie informatique du fabricant de dispositifs médicaux (DM), qui vise à "augmenter la valeur ajoutée du DM" en développant sa capacité à communiquer et à gérer de la donnée.

    0 660

    Acteurs

    Transformation numérique de la santé: "il faut impérativement dépasser la technocratie" (Gilles Babinet)

    PARIS (TICpharma) - Le représentant de la France auprès de la Commission européenne sur le numérique, Gilles Babinet, a insisté sur l'impératif de "dépasser la technocratie" et le "fractionnement" du système de santé pour réussir la transformation numérique du secteur, à l'occasion des premières Rencontres prévention santé organisées le 15 mai à Paris par la Fondation d'entreprise Ramsay-Générale de santé.

    0 562

    Vos réactions

    Anti-spam : Veuillez saisir le résultat de ce calcul S.V.P
    2 + 7 =