L’actualité numérique des industries de santé

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    AG2R La Mondiale défriche "la jungle" des applications mobiles de santé

    PARIS (TICpharma) - Le groupe de protection sociale AG2R La Mondiale a lancé le 13 octobre un kiosque d'applications mobiles de santé labellisées par la société Medappcare, afin "d'orienter les patients dans la jungle des applications disponibles", a expliqué à TICpharma Romain Tribalat, en charge du projet au sein de la direction des activités sociales d'AG2R.

    Fruit d'un partenariat initié en 2014 avec Medappcare, ce kiosque accessible à tous sur le site du groupe de protection sociale présentait à son ouverture 16 applications analysées par Medappcare selon quatre axes d'évaluation (juridique, technique et sécurité, scientifique et médical, ergonomie et usage).

    "L'objectif est d'y ajouter une à deux applications labellisées par mois en rythme de croisière", a indiqué Romain Tribalat.

    "Cela peut être des applications de prévention ou des solutions qui aident à vivre avec une maladie. Nous avons ciblé dans une première étape des pathologies qui touchent le plus grand nombre de personnes et les maladies chroniques", a-t-il précisé.

    Les applications sont sélectionnées par un groupe de travail transversal à plusieurs directions d'AG2R en fonction de leur nombre d'utilisateurs, de leurs notes sur les kiosques et de leur adéquation au champ d'action du groupe de protection sociale, avant d'être soumises à l'évaluation de Medappcare.

    La période d'évaluation dure en moyenne un mois, et seule une application sur deux finit par acquérir le précieux label, a-t-on appris par Medappcare. "La première cause de non-labellisation porte sur les aspects juridiques et réglementaires. Beaucoup d'applications ne comportent pas de mentions légales ou de conditions générales d'utilisation", a expliqué à TICpharma David Sainati, président fondateur de Medappcare.

    Au terme du processus, un rapport d'évaluation synthétisant l'ensemble des remarques de Meddapcare est remis à l'éditeur de la solution. "Ce rapport est une mine d'or très appréciée des éditeurs pour améliorer leurs services et pratiques car il détaille précisément les axes d'amélioration définis par les évaluateurs assortis de fiches pratiques thématiques", a souligné David Sainati.

    Medappcare applique habituellement aux éditeurs d'applications un tarif forfaitaire unique de 2.980 euros hors taxes (HT). Dans le cadre du partenariat avec AG2R, le coût de l'évaluation est totalement pris en charge par l'assureur. "Il s'agit parfois de petits éditeurs, start-up ou associations de patients, qui n'auraient probablement pas pu immédiatement s'offrir cette évaluation et sont ravis de la restitution des résultats que nous leur faisons", a témoigné le président de Medappcare.

    Avec plus de 160.000 applications mobiles de santé disponibles sur les différentes plateformes de téléchargement, la labellisation présente un intérêt évident pour favoriser les usages de ces solutions.

    Près d'un Français sur deux utilisateur d'une application santé

    Selon une enquête Ipsos réalisée pour AG2R La Mondiale et Medappcare*, 43% des Français utilisent une application santé/bien-être, principalement pour suivre leur activité physique (28%) et leur poids (15%).

    Pour autant, l'indice de confiance dans les applications, mesuré sur une échelle de 0 à 10 par Ipsos est de 4,7 (10 étant la meilleure note), avec d'importantes inquiétudes des utilisateurs sur la protection des données personnelles, la qualité du contenu et la sécurité de ces solutions.

    Près de 72% des personnes sondées ont fait part de leur intérêt pour un label. Selon l'étude, les acteurs les plus légitimes pour conseiller une application sont les médecins (note de 7/10), l'assurance maladie (6,9/10) et les assureurs complémentaires (6,1/10).

    De l'autre côté du spectre, les acteurs considérés comme les moins légitimes sont les industries pharmaceutiques (3,5/10) et les employeurs (3,2/10). Les pouvoirs publics sont quant à eux considérés comme "peu légitimes", avec une note de 5,8/10. D'où la stratégie de Medappcare d'investir le secteur de la labellisation selon une logique BtoBtoC.

    "Nous intervenons en tant que tiers de confiance travaillant au bénéfice des clients de nos partenaires. Cette stratégie est gagnante car il est très difficile de créer une marque de labellisation ex-nihilo sur un marché de la santé connectée encore balbutiant", a estimé David Sainati.

    Professionnalisation du secteur de la santé mobile

    De fait, la formule semble fonctionner car de plus en plus d'acteurs font part de leur intérêt envers une labellisation d'applications.

    Au-delà du secteur assurantiel, David Sainati a confié avoir été contacté par des laboratoires pharmaceutiques, des groupements de pharmaciens ou des grandes entreprises qui veulent conseiller des applications à leurs salariés dans le cadre de leur politique de bien-être au travail.

    Du côté de l'industrie pharmaceutique, plusieurs devis ont été commandés à Medappcare mais rien n'a été signé pour le moment. "Certains préfèrent développer leurs propres applications mais on peut imaginer qu'ils puissent en recommander d'autres dans le cadre d'un partenariat innovant, par exemple avec une association de patients qui souhaiterait développer un nouveau service différenciant", a-t-il suggéré.

    Pour Romain Tribalat, si la labellisation correspond à "un vrai besoin de service" et permet à AG2R de confirmer sa position de troisième acteur de santé complémentaire en France, l'intérêt est aussi de "professionnaliser le secteur de la santé connectée et d'améliorer la qualité moyenne des applications proposées aux usagers".

    En se connectant sur le site d'AG2R, les assurés peuvent contribuer à cette démarche et poster leurs avis sur les applications labellisées. Romain Tribalat a également indiqué qu'un groupe de clients testeurs allait être sollicité afin de "faire vivre le kiosque" et contribuer à son développement.

    *Etude réalisée du 27 juin au 4 juillet 2016 selon un mode de recueil auto-administré en ligne auprès d'un échantillon représentatif de la population française de 1.000 personnes âgées de 16 à 70 ans.

    Raphael Moreaux

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