L’actualité numérique des industries de santé

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    Politique

    Le Parlement souligne les apports des objets connectés et de l'impression 3D au secteur de la santé

    PARIS (TICpharma) - L'office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a publié fin mars deux notes scientifiques portant respectivement sur les objets connectés et l'impression 3D, soulignant les apports de ces technologies dans le domaine de la santé.

    Il s'agit des premières "notes courtes scientifiques" publiées par l'OPECST afin de proposer une synthèse rapide de sujets scientifiques ou technologiques d'actualité.

    Dans la note sur les objets connectés, dont le rapporteur est Didier Baichère, député LREM des Yvelines et vice-président de l'office parlementaire, l'OPECST constate que "la valeur ajoutée des objets connectés actuels n'apparaît pas évidente aux consommateurs" mais que "se distinguent, néanmoins, les objets connectés liés à la santé et au bien-être, qui connaissent le plus grand succès".

    Il relève que les objets connectés de santé "sont porteurs de nombreuses promesses", citant la télémédecine et le dépistage en temps réel de certaines pathologies.

    Pour l'OPECST, l'automesure connectée des constantes physiologiques réalisée via ces objets "doit permettre la médecine prédictive". "Il n'est plus question d'aller chez le médecin seulement une fois malade: l'interprétation des données mesurées doit permettre d'anticiper ou de prendre en charge rapidement les problèmes de santé et, en parallèle, de réaliser d'importantes économies".

    L'office parlementaire évoque aussi l'émergence des "médicaments connectés", avec l'homologation en novembre 2017 aux Etats-Unis du premier système associant un médicament en comprimé, l'antipsychotique Abilify (aripiprazole, Otsuka), et un capteur numérique ingérable destiné à suivre la prise du traitement par les patients (voir dépêche du 20 novembre 2017)

    "Si, aujourd'hui, prendre un médicament connecté induit une action éphémère sur le corps (toute trace du médicament étant éliminée à terme), demain il est probable que nous serons connectés de manière permanente, par exemple via des implants-capteurs surveillant notre santé", avance l'OPECST.

    La note scientifique du Parlement souligne toutefois les enjeux sociaux posés par les objets connectés. Elle explique que ces outils peuvent être "créateurs de contraintes". "Un manque de recul sur les diagnostics d'un objet connecté de santé peut, par exemple, inciter l'utilisateur à se conformer à une norme non nécessaire pertinente: les podomètres connectés incitent leurs utilisateurs à faire '10.000 pas par jour', bien qu'aucune étude scientifique n'en atteste le bienfait", relève-t-elle.

    Du côté des défis technologiques, l'OPECST insiste sur le danger que peut représenter l'exploitation de failles de sécurité des objets connectés. Il regrette que "les standards de conception assurant la sécurité informatique de l'internet des objets [IoT] ne sont pas encore généralisés" et recommande qu'ils fassent l'objet d'une "attention particulière".

    L'impression 3D "très prometteuse" pour la santé

    La note scientifique sur l'impression 3D de la rapporteure Huguette Tiegna, députée LREM du Lot et vice-présidente de l'OPECST, contient elle aussi un volet entier sur les enjeux de santé posés par les techniques de "bio-impression", c'est-à-dire de production artificielle de structures cellulaires.

    Elle rappelle qu'au lieu de faire appel à des cellules embryonnaires humaines dont l'utilisation est extrêmement encadrée, la bio-impression peut se servir de cellules souches pluripotentes induites (CSPI), c'est-à-dire des cellules adultes reprogrammées.

    L'impression de CSPI pourrait permettre à terme de "reconstituer des organes artificiels pour remplacer des organes déficients, et ce, sans causer de rejet immunologique", grâce à l'utilisation des cellules du patient concerné, ou de créer des organes pour la recherche, explique l'OPECST.

    "Si l'impression 3D d'organes complexes (reins, poumons…) en vue de greffes reste expérimentale, certaines applications thérapeutiques portant sur l'impression d'organes simples (cheveux, muqueuse gingivale et implants osseux) sont déjà très prometteuses", poursuit l'OPECST, citant à titre d'exemple la collaboration entre le groupe L'Oréal et la start-up Poietis pour traiter la calvitie à l'aide de la bio-impression.

    L'office note que l'impression 3D est déjà "massivement utilisée dans le secteur des prothèses auditives" et que, de la même façon, elle "pourrait bouleverser le marché des prothèses dentaires".

    Dans l'industrie pharmaceutique, ces technologies "peuvent être utilisées afin d'améliorer la galénique des médicaments", est-il ajouté. C'est notamment le cas aux Etats-Unis, où la Food and Drug Administration (FDA) a approuvé en 2015 la commercialisation de l'antiépileptique Spritam (lévétiracétam) de la société Aprecia, produit grâce à l'impression 3D.

    Dans ses recommandations, l'OPECST prône un plus grand soutien à la recherche et aux investissements en impression 3D, "notamment par les subventions du programme d'investissement d'avenir (PIA) et de la Banque publique d'investissement (Bpifrance), ainsi que des appels à projets de l'Agence nationale de la recherche (ANR) et du programme européen Horizon 2020".

    Il suggère de "renforcer la structuration de la filière" en soutenant l'action de l'Alliance Industrie du Futur (AIF) et de l'institut Carnot Cetim, centre d'expertise mécanique français, "notamment par une mise en réseau des acteurs".

    L'office parlementaire insiste enfin sur le développement de formations et d'informations sur les techniques et le potentiel de l'impression 3D pour "faire reconnaître" et "populariser" cette technologie.

    La note scientifique de l'OPECST sur les objets connectés
    La note scientifique de l'OPECST sur l'impression 3D

    Raphael Moreaux

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