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    Le Catel fait l'inventaire des obstacles à la télésurveillance médicale

    PARIS (TICpharma) - Le Club des acteurs de la télésanté (Catel) a publié début février un ouvrage collectif réalisé par un groupe de travail sur la télésurveillance médicale, présentant un inventaire détaillé des freins au déploiement de ces pratiques.

    Cette "note de réflexion collective" sur la télésurveillance médicale est le résultat d'une initiative coordonnée par le Catel et soutenue par l'industriel Air Liquide. Elle a été réalisée par un groupe d'acteurs et de professionnels de santé comprenant notamment le Pr Jacques Lucas, cardiologue et vice-président du Conseil national de l'ordre des médecins (Cnom), et François Roubille, professeur en cardiologie au CHU de Montpellier.

    Elle présente d'abord les atouts de la télésurveillance médicale en termes de développement de l'ambulatoire, de gain de temps médical de prise en charge des patients, de partage de l'information au sein de l'équipe de soins et de réduction des ré-hospitalisations, avant de dresser un large panorama des "difficultés et freins" à son développement.

    Le groupe de travail coordonné par le Catel cite en premier lieu "la complexité de mise en œuvre de la télésurveillance médicale".

    Il fait notamment référence à des démarches administratives "fastidieuses", au peu de retours d'expériences et d'informations, au manque de compétences des médecins et des patients, aux difficultés organisationnelles suscitées par la télésurveillance médicale et aux régimes de responsabilité "pas clairs" pour les médecins impliqués.

    Le "manque d'uniformisation des pratiques" constitue un autre frein à l'essor de la télémédecine. Le groupe de travail pointe ici les différences régionales entre les plateformes de télémédecine, l'organisation en silos du système de santé, et les incohérences entre le programme de financement expérimental de la télémédecine (programme Etapes) et le guide du parcours de soins insuffisance cardiaque validé par la Haute autorité de santé (HAS).

    Au rang des difficultés techniques, la note de réflexion du Catel mentionne le manque d'interopérabilité des solutions techniques de télésurveillance, les problèmes d'accès aux outils de télémédecine depuis le système d'information des acteurs de la ville et de l'hôpital, la gestion des risques, et le fait que la télédéclaration avec la carte de professionnel de santé (CPS) n'est pas entrée dans les pratiques.

    Le coût et la rémunération des actes de télésurveillance est un quatrième frein relevé par le groupe de travail du Catel, qui met en avant la différence des modèles économiques entre les structures de soins, un soutien financier insuffisant pour le développement des systèmes d'information des professionnels libéraux et du médico-social, un processus de facturation "pas clair", des rémunérations peu incitatives et des "incertitudes" sur le coût global de la télésurveillance.

    Le dernier obstacle relevé dans cette note de réflexion est "la résistance au changement". Les auteurs notent qu'"il est difficile d'atteindre et d'associer des acteurs novices" en matière de télésurveillance et pointent "un manque préjudiciable d'accompagnement des acteurs", en particulier des libéraux et des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

    Adopter des protocoles communs

    Ces constats sont suivis d'une série de recommandations pour "concrétiser" la "télésurveillance médicale de demain".

    Elles passent notamment par l'adoption de protocoles communs de la télésurveillance pour harmoniser les pratiques, par la définition de standards garantissant aux professionnels de santé la qualité des algorithmes utilisés et par le développement d'un socle commun en matière de systèmes d'information associant les professionnels libéraux.

    Les auteurs de la note estiment "primordial" de développer un plan national de formation initiale et continue uniforme sur la télésurveillance. Ils soulignent "l'urgence" de "définir des référentiels sur la base de projets modèles identifiés, ainsi que des recommandations professionnels et déontologiques".

    Plus de visibilité à moyen terme

    Côté financements, la note appelle à des prises de décisions pour "mieux financer, dès l'amorçage, les équipements, organisations et prestations" et insiste sur la nécessaire "pérennité" du soutien financier. Elle milite également pour "rendre accessible la télésurveillance pour toutes les pathologies", et cite par exemple le domaine de la cancérologie.

    Pour rappel, les expérimentations de financement des actes de télésurveillance médicale de différentes pathologies (insuffisance cardiaque, respiratoire, rénale, et diabète) ont été prolongées de quatre ans par la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2018 (voir dépêche du 8 décembre 2017).

    Les recommandations vont également dans le sens d'une meilleure évaluation des pratiques de télésurveillance, fondée sur des "indicateurs partagés", des "critères de réussite communs" et un plus grand recueil des données sur les usages.

    "Les acteurs de terrain ont besoin de visibilité à moyen terme pour s'investir dans ces projets. Ils réclament une prise de position claire des pouvoirs publics assurant une continuité et une pérennité, à moyen terme, des politiques de santé impactant la télésurveillance médicale", peut-on lire en conclusion.

    Accéder à la note coordonnée par le Catel

    Raphael Moreaux

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