L’actualité numérique des industries de santé

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    Dans les Hauts-de-France, la filière numérique du pôle Eurasanté se porte bien

    LOOS (Nord) (TICpharma) - Le nombre d'entreprises du secteur du numérique et de la santé accompagnées par le groupement d'intérêt économique (GIE) Eurasanté en Hauts-de-France a été doublé depuis 2014, avec une douzaine de projets en cours d'incubation, a témoigné auprès de TICpharma le directeur général d'Eurasanté, Etienne Vervaecke.

    Le pôle économique et scientifique Eurasanté accompagne depuis 1994 des entrepreneurs pour lancer leur activité dans le domaine de la santé, et promeut la collaboration entre institutions académiques et acteurs privés afin de faciliter le transfert des technologies.

    Depuis quelques années, "l'importance de la thématique du numérique en santé est allée crescendo dans notre volume total d'activité", a observé Etienne Vervaecke, avec une part de 20% des projets incubés qui relèvent de ce secteur en 2018.

    Cette dynamique se traduit logiquement dans le nombre d'entreprises de la filière santé numérique présentes dans la région Hauts-de-France, passé d'une soixantaine en 2011 à 86 cette année, et représentant 820 emplois.

    Ces chiffres sont toutefois à mettre en perspective avec le nombre d'acteurs de la filière santé au sens large (pharmacie, biotech, medtech, prestataires de services pour les établissements de santé et les professionnels, etc.) au niveau régional, regroupant 1.000 entreprises et 27.500 emplois.

    Parmi les projets en cours d'incubation au sein d'Eurasanté, Etienne Vervaecke a cité la start-up NewCard, qui développe des outils de suivi par les objets connectés des patients atteints d'insuffisance cardiaque, ou encore E-wear, spin-off de la société Damartex, qui conçoit des vêtements connectés à destination des seniors pour surveiller certaines données physiologiques, en fonction du degré de dépendance de l'utilisateur (température, fréquence respiratoire, activité musculaire, etc.).

    Des challenges numériques

    Pour susciter la création d'entreprises et repérer des idées nouvelles, Eurasanté organise de plus en plus d'appels à projets dédiés à la thématique numérique. C'est le cas des "challenges numériques", organisés depuis 2015 et pilotés par le pôle sur mandat de la direction générale des entreprises (DGE) de Bercy et de Bpifrance dans le cadre du programme des investissements d'avenir (PIA) (voir dépêche TICsanté du 17 mai 2017).

    Après une vague de trois "challenges numériques" menés par Eurasanté, le pôle est actuellement audité sur demande de la DGE afin de vérifier que les fonds mis à disposition sont bien utilisés pour financer les projets, et éventuellement relancer des challenges avec une nouvelle enveloppe de subventions.

    Eurasanté mène aussi chaque année des appels à projets "Silver Surfer" dédiés à la silver économie, dont les lauréats bénéficient d'un accompagnement sur trois mois. Il organise en outre depuis 2017 des concours à destination des professionnels de santé pour les aider à trouver des financements et créer leur entreprise.

    Au total, le pôle bénéficie d'une capacité d'investissements cumulés de l'ordre de 70 millions d'euros par an. Pour Etienne Vervaecke, l'accès aux capitaux des entreprises de la santé, et plus spécifiquement du numérique, ne pose pas de problème en Hauts-de-France.

    Il a surtout pointé un problème de régulation pour permettre à la filière et aux innovations de se développer, mettant en avant "trois points à traiter".

    Régulation inadaptée et faible prise de risques

    Le premier est celui de "la qualité du dialogue entre les autorités réglementaires en charge du sujet du numérique et de la santé et les entreprises du secteur". S'il reconnaît que "du chemin a été fait", notamment par la Haute autorité de santé (HAS), il a regretté que l'action des pouvoirs publics français n'ait pas la "dimension ouverte et volontariste" et "la vélocité" de la Food and Drug Administration (FDA) outre-Atlantique, qui s'est dotée de démarches d'évaluation spécifiques aux outils ayant recours à l'intelligence artificielle.

    Etienne Vervaecke a épinglé en deuxième lieu "la pente naturelle de l'acheteur public à aller vers une prise de risque faible, voire nulle". "De plus en plus de start-up qu'on accompagne font leur premier chiffre d'affaires ailleurs qu'en France parce que la capacité du système de santé et de la réglementation à accepter l'innovation et à prendre le risque d'être parmi les pionniers est encore loin d'être pure et parfaite", a-t-il déploré, non sans euphémisme.

    Enfin, le directeur général d'Eurasanté s'est dit dans l'attente d'une "politique plus tonique et ambitieuse", passant par de plus grands budgets d'investissements alloués par les ministères. "Dans d'autres pays, on cumule les moyens d'intervention des équivalents des ministères de la recherche, de l'économie et de la santé pour mettre l'accent sur l'innovation et le numérique", a-t-il relevé.

    "On est un peu dans l'attente vis-à-vis d'un gouvernement français qui a montré à plusieurs reprises son ouverture et sa compréhension des spécificités de l'économie de l'innovation", a-t-il ajouté. "Il y a un vrai travail à faire à la fois pour changer le tempo de réforme de notre dispositif réglementaire par rapport aux familles de nouveaux produits à la croisée des objets connectés, des algorithmes et du dispositif médical, et par rapport à l'acheteur public", a-t-il résumé.

    Raphael Moreaux

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