L’actualité numérique des industries de santé

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    Innovations

    Blockchain: un outil de gestion des données de santé bientôt disponible aux Etats-Unis

    NEW YORK (TICpharma) - La start-up Embleema va lancer en mars 2018 une version alpha de l'application PatientTruth qui utilisera la blockchain pour stocker et reconstituer l'historique médical des patients, en leur permettant de gérer l'accès à ces données par des proches, médecins ou industriels de santé, a expliqué à TICpharma son fondateur, Robert Chu.

    Utiliser les caractéristiques des blockchain privées en termes de sécurité, de partage et de traçabilité des accès à l'information afin de répondre aux problèmes posés par la dispersion des données médicales d'un patient: telle est l'ambition que s'est fixé Robert Chu à l'été 2017 en créant la start-up Embleema.

    Passé chez IBM, puis chez IMS Health (aujourd'hui Iqvia) où il a occupé différents postes de direction entre 2010 et 2017, ce polytechnicien a monté Embleema avec ses fonds avec l'idée de dépasser les discours sur les promesses de la blockchain pour le secteur de la santé et d'entrer dans le vif du sujet en sortant un premier prototype d'application.

    L'outil PatientTruth, déjà fonctionnel dans une version pré-alpha aux Etats-Unis, permet aux citoyens américains de récupérer les données essentielles de leurs dossiers médicaux auprès des différents acteurs de santé et de les stocker dans la blockchain pour mieux gérer leur accès par des tiers.

    "L'intention à terme est de bâtir un modèle économique sur ce réseau en émettant une crypto-monnaie de la santé", a indiqué Robert Chu.

    "Nous allons pouvoir récompenser le patient avec cette crypto-monnaie lorsqu'il rapatriera ses dossiers médicaux ou qu'il permettra l'accès aux données à un nouvel utilisateur. Cette monnaie pourra aussi être utilisée par le patient pour payer son stockage et son abonnement annuel", a-t-il détaillé.

    A plus long terme, Robert Chu envisage d'inclure d'autres acteurs à cette blockchain, tels que les développeurs d'applications mobiles de santé qui pourront monétiser leurs services aux patients avec la crypto-monnaie.

    "De la même façon, quand un laboratoire pharmaceutique voudra mettre en place une étude observationnelle, on pourra mettre à sa disposition des données anonymisées avec le consentement du patient, et ce dernier sera rétribué pour sa contribution", a-t-il poursuivi.

    Après la sortie d'une version alpha de PatientTruth en mars aux Etats-Unis, Robert Chu vise la publication d'une version totalement fonctionnelle de l'outil en novembre 2018. La start-up travaillera ensuite à son extension à d'autre pays.

    Pour la France, cela nécessitera "une bonne année de travail", notamment pour se mettre en conformité avec la législation européenne sur la protection des données, et de gérer l'interfaçage aux logiciels hospitaliers français.

    Transparence des projets blockchain

    L'outil PatientTruth repose notamment sur le mécanisme des "smart contracts" inclus dans la blockchain qui permettent d'agir sur la structure des données stockées et de déclencher des actions (création d'un profil patient, médecin, ajout d'une donnée médicale, ouverture d'un accès, etc.) à condition que plusieurs critères soient respectés (mise en forme des données, conformité aux règles d'accès, etc.).

    Le tout a été développé sur la plateforme Ethereum, et les codes informatiques des smart contracts sont disponibles en open source sur le site web Github. Il s'agit d'un élément "essentiel" pour Robert Chu, qui pointe le manque de partage entre les développeurs de la blockchain sur les éléments propres au secteur de la santé.

    "Aujourd'hui, il n'y a pas de produit utilisant la blockchain disponible sur le marché de la santé. Très peu d'entreprises ont des prototypes qui fonctionnent, et le fait qu'elles ne publient par leurs codes me gêne énormément", a commenté le fondateur d'Embleema.

    Ce comportement a été illustré outre-Atlantique par la start-up Patientory, qui développe aussi un outil de stockage des données de santé faisant appel à la blockchain. Après avoir levé plus de 7 millions de dollars en juin 2017, et annoncé la sortie d'une première version de sa solution à l'automne 2017, la jeune pousse n'a toujours pas publié de version fonctionnelle de son application.

    Elle refuse par ailleurs de rendre publique une partie de ses codes et algorithmes. "Tout cela me fait penser qu'ils n'arrivent pas à sortir le produit tout bêtement. Je trouve ça déplorable car cela jette une réputation désastreuse sur la blockchain", a analysé Robert Chu, jugeant qu'"une bonne partie des levées de fonds sur la blockchain sont très suspectes".

    Vers un standard du "smart contracts" en santé

    Pour éviter que la bulle blockchain n'explose avant que la technologie n'ait été réellement utilisée dans le secteur de la santé, la start-up Embleema a été désignée en décembre 2017 à la tête du groupe de travail du consortium Hyperledger consacré au secteur de la santé.

    Lancée par la fondation Linux en 2015, la plateforme open source Hyperledger permet aux industriels de partager leurs avancées pour mettre en application la blockchain dans leur secteur.

    L'objectif du groupe de travail mené par Embleema est de "mettre d'accord tous les acteurs et développeurs de la technologie autour de normes et de standards sur les smart contracts propres à la santé", a expliqué Robert Chu. Il s'agit par exemple de partager les mêmes modalités informatiques de description d'un patient, d'un médecin ou d'une infirmière, et les mêmes mises en forme des données de santé.

    Le fondateur d'Embleema a espéré aboutir à ce type de standards d'ici "6 mois à un an" à l'aide du consortium Hyperledger.

    Selon lui, le manque de standards communs explique en partie la difficulté à passer du concept à l'usage concret de la blockchain, en plus d'une certaine "méconnaissance des particularités liées à la donnée de santé et de la régulation propre au secteur" de la part des développeurs et sociétés technologiques.

    Raphael Moreaux

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