L’actualité numérique des industries de santé

    L’actualité numérique des industries de santé

    Etudes

    L'application Epiderm montre son intérêt pour la détection précoce des tumeurs cutanées

    (Par Luu-Ly DO-QUANG, au congrès de la SFD)

    PARIS (TICpharma) - Le service de téléconseil Epiderm (groupe Visiomed) permet de détecter des lésions cutanées suspectes à partir de photos, mais oriente la majorité des patients vers une consultation de dermatologie alors qu'ils ont des lésions bénignes, selon une communication faite au congrès de la Société française de dermatologie (SFD) en décembre 2017.

    Le dépistage et la détection précoce des tumeurs cutanées est une action de prévention secondaire qui permet d'améliorer la prise en charge des patients et potentiellement de diminuer la mortalité, a rappelé le Dr Robin Ohannessian de Télémédecine 360, société de conseil en télémédecine, en session orale des Journées dermatologiques de Paris (JDP).

    Des études ont montré le bénéfice de la télémédecine, téléconsultation et télé-expertise dans le dépistage des tumeurs cutanées, notamment en facilitant l'accès au dermatologue. En revanche, il y a peu de données sur le rôle du téléconseil médical personnalisé en dermatologie dans ce dépistage.

    Cette pratique consiste en l'envoi, directement par le patient, de photos de ses lésions à des médecins.

    Dans leur étude, le Dr Ohannessian et ses collègues ont décrit l'activité de détection et de dépistage des tumeurs cutanées au sein d'Epiderm.

    Ce service de téléconseil dermatologique a été lancé en octobre 2015. A l'aide d'une application mobile, les patients peuvent avoir l'avis d'un dermatologue pour 29 €: ils prennent des photos de leurs lésions, répondent à un questionnaire sur leurs symptômes et donnent quelques informations personnelles (âge, sexe), puis reçoivent des conseils personnalisés quelques heures après.

    Les données présentées proviennent d'une étude rétrospective, menée auprès de 222 patients (37,5 ans en médiane) ayant demandé un avis sur Epiderm entre le 14 octobre 2015 et le 30 avril 2017 pour un nævus ou une lésion unique (27% des quelque 800 demandes envoyées sur la période analysée).

    Parmi l'ensemble des demandes, les nævus représentaient le premier motif de demande, suivis de lésions infectieuses, a fait observer le Dr Ohannessian.

    Parmi les 222 demandes pour nævus ou lésion unique, il s'agissait de lésions bénignes dans 82% (nævus bénins 35,4%) et de lésions suspectes de malignité dans 18% (la suspicion de mélanome concernait un tiers des nævus, soit 6% de l'ensemble des demandes).

    L'orientation des patients était de 87,2% vers un dermatologue, avec une visite recommandée dans les deux semaines pour 19,2%, c'est-à-dire l'ensemble des lésions suspectes et une partie des lésions bénignes. Dans les autres cas, les patients étaient orientés vers le médecin traitant ou le pharmacien.

    Impact positif sur l'accès au dermatologue

    Cette étude montre que le recours à des dermatologues par le biais d'un service de téléconseil permet de détecter des lésions cutanées suspectes, même si la majorité des patients ont des lésions bénignes. Le recours à ce service pourrait avoir un impact positif sur l'accès au dermatologue, compte tenu des délais de rendez-vous, en effectuant un tri puisqu'un premier avis a été donné, a commenté le Dr Ohannessian.

    Des études complémentaires seront nécessaires pour estimer l'impact de santé publique sur le système de santé français d'un tel service de téléconseil médical personnalisé en dermatologie, a-t-il ajouté.

    Quelques études sur ce type de service ont été publiées essentiellement aux Etats-Unis, dont une sur le suivi des patients après le téléconseil, notamment sur le délai de consultation après l'avis, la confirmation diagnostique et le coût, a observé le Dr Ohannessian.

    Interrogé par l'auditoire, il a précisé que le service prévoyait un service à sept jours pour vérifier si le patient a besoin d'informations complémentaires, s'il a d'autres questions à poser. Mais il ne dispose pas des données de prise en charge médicale à la suite de l'avis donné par Epiderm.

    En pratique, dans 1%-2% des cas, les photos ne sont pas exploitables et de nouvelles sont redemandées au patient. Si les photos ne permettent pas au dermatologue de formuler un avis, le patient est remboursé, a ajouté le Dr Ohannessian.

    Dans l'auditoire, une dermatologue précisant exercer dans une zone sous-dotée en médecins s'est interrogée sur la place de ce service dans le parcours de soins, d'autant que la majorité des patients sont adressés à des dermatologues alors qu'en majorité, ils ont des lésions bénignes.

    Pour le Dr Ohannessian, le service proposé vise à répondre aux questions que se posent les patients, alors que le système de santé n'est "pas calibré" pour faire face aux besoins médicaux, et doit permettre de "potentiellement réduire les délais".

    Interrogé par APMnews (groupe APM International, dont fait partie TICpharma), Epiderm a indiqué que l'application a été téléchargée par 250.000 personnes, que 2.500 consultations ont été réalisées et que huit dermatologues répondent aux demandes.

    Luu Ly Do Quang

    À suivre

    Blockchain: un outil de gestion des données de santé bientôt disponible aux Etats-Unis

    Innovations

    CES 2018: les acteurs français de l'e-santé en force

    LAS VEGAS (TICpharma) - La France envoie cette année 48 entreprises ou start-up spécialisées en e-santé au Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas, dont l'édition 2018 se tiendra du 9 au 12 janvier.

    0 75

    Acteurs

    Récompenses, financement, export: les start-up françaises de la santé connectée en bonne forme

    PARIS (TICpharma) - La rentrée 2017 a été marquée par plusieurs levées de fonds, cérémonies de remise de prix et actions d'accompagnement des start-up françaises de la santé connectée à l'export qui confirment le dynamisme du secteur.

    0 183

    Vos réactions

    Anti-spam : Veuillez saisir le résultat de ce calcul S.V.P
    2 + 6 =