L’actualité numérique des industries de santé

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    Sanofi inaugure le laboratoire "39bis" pour "booster" les projets en e-santé

    GENTILLY (TICpharma) - Sanofi a inauguré le 4 décembre au sein de son campus de Gentilly (Val-de-Marne) le "39bis", laboratoire d'innovation ouverte visant à "booster les visions, les pratiques et les projets" du groupe et de ses partenaires dans le domaine de l'e-santé, a expliqué Isabelle Vitali, directrice de l'innovation du laboratoire pharmaceutique.

    La création du "39bis" avait été annoncée en juin par Isabelle Vitali et Guillaume Leroy, président France de Sanofi, afin de répondre à la priorité stratégique donnée par le laboratoire à l'e-santé, rappelle-t-on (voir dépêche du 2 juin 2017).

    Situé au 39bis rue d'Arcueil sur le campus "Sanofi Val-de-Bièvre", le lieu s'adresse à la fois aux partenaires extérieurs de Sanofi (entreprises, start-up, professionnels de santé, associations de patients, etc.) et aux salariés du groupe afin d'"offrir une vision plus ouverte de ce qu'est l'e-santé", et travailler au développement d'outils dans ce domaine, a expliqué Isabelle Vitali lors de l'inauguration.

    Il a été décrit par Guillaume Leroy comme "un point de passerelle avec l'écosystème de l'e-santé qui va changer nos organisations, nos manières de travailler et d'appréhender les projets". Il s'agit aussi d'être "en condition de repérer, faciliter, et supporter des initiatives qui vont apporter de la valeur aux professionnels de santé et aux patients", a-t-il ajouté.

    Pour "booster les visions et les pratiques" dans le domaine de l'e-santé, Sanofi organisera au "39bis" des conférences, intitulées "39 minutes", où des partenaires pourront présenter des technologies, mais aussi évoquer les implications éthiques et juridiques de l'e-santé.

    Le laboratoire proposera également des "formations" et des "méthodes" pour "apprendre à travailler différemment", a indiqué Isabelle Vitali, souhaitant faire du 39bis un "lieu d'audace". Elle a notamment fait référence aux méthodes de conduite de projet dites "agiles" reposant sur des séquences courtes de développement, et sur la pratique du "test and learn" et du "droit à l'erreur".

    Ces méthodes sont concrètement mises en pratiques au sein du 39bis qui sert aussi d'incubateur et d'espace de travail pour les partenaires de Sanofi porteurs de projets, avec comme principal objectif de "mesurer la valeur d'usage" des solutions d'e-santé pour les professionnels de santé et les patients, a ajouté Isabelle Vitali.

    "Chaque projet suit des séquences de 6 mois qui comprennent le cadrage, l'incubation et l'expérimentation", a-t-elle précisé. Lorsque la valeur du projet est démontrée, "notre plus grand souhait est de passer à l'industrialisation", a-t-elle poursuivi, notant qu'il "faudra travailler sur les modèles d'affaires pour avoir l'accès au marché".

    Travailler sur "cinq besoins essentiels"

    Le groupe Sanofi a identifié "cinq besoins essentiels et stratégiques" pour orienter ses projets dans le domaine de l'e-santé: le bon usage du médicament, la vaccination, l'errance diagnostique dans les maladies rares, le rôle du pharmacien d'officine et le diagnostic d'affections cutanées.

    Sur le bon usage du médicament, le laboratoire travaille avec Orange et la start-up Kap Code au développement d'un agent conversationnel, a indiqué Isabelle Vitali. Pour l'instant à l'étape de la preuve de concept (PoC), l'outil sera testé auprès de médecins à partir de janvier 2018.

    Dans le domaine des maladies rares, Sanofi a développé avec l'accélérateur de projets Schoolab le serious game Socrate qui propose à des médecins généralistes une série de cas cliniques où ils doivent identifier les signaux faibles d'une pathologie. Ouvert en test sur une période de quatre mois, le serious game a enregistré "plus de 3.500 visites" et "30% des médecins y sont revenus plusieurs fois", a souligné la directrice de l'innovation de Sanofi.

    Sanofi travaille aussi avec la start-up Tips-Tank afin de développer des services et des plateformes connectées pour le pharmacien d'officine, et a engagé un partenariat avec le laboratoire Just One Giant Lab (JoGL) afin de construire une plateforme collaborative d'imagerie et de données sur les affections cutanées.

    "Potentiel absolument exceptionnel"

    Guillaume Leroy a rappelé lors de l'inauguration du "39bis" que Sanofi avait engagé déjà depuis plusieurs années sa démarche d'"ouverture" au secteur du numérique et de l'e-santé en étant présent à plusieurs évènements internationaux (VivaTechnology, Futur en Seine, etc.), en nouant des partenariats avec des incubateurs comme le Village by CA et la plateforme Tech Care Paris (voir dépêche du 13 mars 2017), et en multipliant ses relations avec les grandes entreprises du secteur des technologies, les start-up et le monde académique.

    Le laboratoire a également créé en 2016 avec Verily Life Sciences, filiale santé de Google (groupe Alphabet), une coentreprise dans le traitement du diabète, intitulée Onduo, rappelle-t-on (voir dépêche du 20 juin 2017).

    "Dans les prochaines années, les solutions de santé seront tout autant nourries des sciences traditionnelles de la chimie, de la biologie, que par les sciences de l'information, les sciences des data, qui vont profondément changer la manière de faire de la recherche, de produire et de mettre à disposition des solutions pour les patients, et en garantir la meilleure valeur", a souligné Guillaume Leroy, pointant "le potentiel absolument exceptionnel" de l'e-santé.

    Il a précisé que Sanofi avait investi environ 500.000 euros dans la création du 39bis, mais n'a pas souhaité mentionner de budget consacré aux partenariats et à l'innovation en matière d'e-santé.

    Les premiers partenaires du 39bis sont l'entreprise de conseil en innovation et ingénierie Altran, la société de service informatique et de conseil Cognizant, la plateforme de labellisation des applications mobiles de santé DMD Santé, la fédération de start-up françaises France eHealth Tech, l'accélérateur Schoolab et la start-up Umanlife.

    Raphael Moreaux

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