L’actualité numérique des industries de santé

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    Cancer: un outil de suivi des symptômes à domicile s'approche du remboursement

    PARIS (TICpharma) - Les outils d'analyse des symptômes pour le suivi de patients atteints de cancer sont en voie d'être inscrits au remboursement, a-t-on appris le 12 octobre à Paris lors du congrès de l'Association francophone des soins oncologiques de support (Afsos).

    "Le parcours de soins par e-santé est une évidence dans les années à venir pour les patients" traités pour un cancer, a déclaré le Dr Fabrice Denis, oncologue-radiothérapeute à l'Institut interrégional de cancérologie Jean-Bernard du Mans.

    Il a souligné l'intérêt des outils technologiques pour personnaliser les soins, surveiller les patients à domicile, favoriser les soins de support en situation ambulatoire, améliorer la communication entre médecins et patients et permettre des soins de support plus précoces, rappelant les résultats de son étude menée avec l'application Moovcare* (Sivan Innovation) dans le cancer du poumon et présentés en 2016 au congrès de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO) (voir dépêche TICsanté du 17 juin 2016)

    L'oncologue prescrit l'application auprès du patient qui l'utilise de façon régulière pour renseigner son état et ses symptômes. Les données sont envoyées de manière sécurisée à l'équipe qui surveille et en utilisant des algorithmes, le système déclenche des alertes auprès de l'équipe médicale pour initier des soins de support ou des examens d'imagerie, ou une consultation plus tôt que prévu.

    L'étude de phase III menée sur 121 patients a montré un gain de survie à un an de 26% et un gain de survie médiane de 7 mois.

    "La mise à jour avec 2 ans de suivi montre que les résultats sont maintenus" avec toujours 7 mois de gain, a-t-il indiqué. "Les soins de support, initiés plus précocement, ont largement contribué à ce bénéfice en survie", a-t-il commenté.

    La qualité de vie des patients polysymptomatiques est améliorée en leur évitant des symptômes qui s'aggravent pendant plusieurs semaines. Le suivi régulier a aussi permis de déceler des rechutes entre 2 visites d'un suivi standard et donc plus précocement.

    En juin, toujours à l'ASCO, une équipe américaine a confirmé auprès d'une plus grande population de patients atteints de cancers métastatiques sous chimiothérapie (766 patients) qu'un autorelevé régulier des symptômes au moyen d'un outil informatique prolongeait la survie, de 5 mois (voir dépêche du 8 juin 2017). La durée de la chimiothérapie était plus longue; on évitait des arrêts précoces de traitement, a rappelé le Dr Denis.

    "Cela va conduire à une nouvelle organisation. Il faut que les équipes s'adaptent. Il faut mettre en place un back-up avec un médecin référent et un remplaçant s'il est absent, ainsi que des procédures" pour garantir qu'une alerte déclenche bien une action, a poursuivi le médecin.

    "Des outils d'analyses des symptômes sont validés et on va vers des remboursements. Les équipes doivent s'approprier ces outils. Il faut une infirmière, un médecin, un ordinateur. Ce n'est pas réservé aux grands centres. Dans notre étude, de petits centres ont participé", a-t-il commenté.

    "Le numérique va contribuer à amplifier le virage ambulatoire", a-t-il estimé.

    Interrogé par APMnews (groupe dont fait partie TICpharma), il a indiqué que les démarches étaient en cours pour obtenir un remboursement dans le cancer du poumon pour 2018. Ce serait un forfait pour l'équipe médicale qui prescrit et utilise l'application et pour le prestataire qui fournit le logiciel.

    Expérimentation de phone bots

    L'application Moovcare est en cours de déploiement sur quelques centres pilotes. Il est prévu ensuite de mener une autre étude pour une indication plus large que celle du cancer du poumon.

    Concernant les patients qui n'ont pas d'accès à internet (de l'ordre de 30%-32%) ou à du matériel informatique, des solutions sont possibles comme le passage d'une infirmière au domicile pour aider le patient. "On peut imaginer un acte infirmier qui serait parfois plus pertinent qu'une injection d'héparine", a-t-il commenté.

    "On expérimente aussi avec Orange des phone bots (robots de reconnaissance vocale) pour aider les patients à remplir les formulaires avec juste un téléphone", a-t-il ajouté. Il est important de toucher ces personnes qui ont moins d'accès à ces technologies car, dans l'étude américaine, ce sont celles qui en ont tiré le plus grand bénéfice, a-t-il fait remarquer.

    Interrogé sur un risque de déshumanisation, il a répondu par la négative, arguant que, bien au contraire, le recours à l'application ne déshumanisait pas du tout la prise en charge. La satisfaction était de 100%.

    D'autres applications apparaissent pour valider la réalisation d'une chimiothérapie sans avoir à revoir le patient avant, pour suivre les toxicités, surveiller les patients après les traitements, les récidives, les complications ou les fragilités. "On va aller vers une application globale comprenant tous les modules de soins", a-t-il prédit.

    "Avec l'augmentation de la prise en charge en ambulatoire, on a moins de besoins d'hospitalisation et cela diminue les coûts. Il faut valoriser le e-suivi car sinon il n'y aura pas de télémédecine", a-t-il recommandé.

    Sylvie Lapostolle

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