L’actualité numérique des industries de santé

    L’actualité numérique des industries de santé

    Politique

    Quelle place pour le numérique en santé en ce début de quinquennat Macron ?

    PARIS (TICpharma) - Des mesures pour "libérer" la télémédecine au sein du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2018, une révision du plan France Très Haut Débit, une mission sur l'intelligence artificielle: TICpharma sonde les principales annonces de l'exécutif qui toucheront la santé numérique, et les flous qui persistent en ce début de quinquennat.

    Construire une "start-up nation", "revoir les grandes politiques publiques", dont celle de la santé, miser sur l'innovation pour assurer à la France une place dans la compétition mondiale, engager un "agenda de transformation" des hôpitaux…

    Les belles intentions ne manquent pas dans les discours du président de la République, Emmanuel Macron, qui use (et abuse?) du champ lexical de la transformation de la société, souvent reliée aux évolutions technologiques. Mais les mesures concrètes tardent encore à être détaillées.

    Pour les professionnels et industriels de santé, l'un des rendez-vous les plus attendus de ce début de quinquennat sera le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), dont les grandes lignes seront présentées jeudi 28 septembre, avant une discussion en première lecture à l'Assemblée nationale du mardi 24 au vendredi 27 octobre.

    Tout en maintenant le suspense, la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a annoncé que ce PLFSS contiendrait des "choses" pour "faciliter" la télémédecine, à l'occasion des Rencontres de La Baule (Loire-Atlantique) organisées les 31 août et 1er septembre par la conférence nationale des unions régionales des professionnels de santé (URPS) médecins libéraux.

    "Tout ce qui va être 'organisations innovantes' va être facilité dans les financements que nous allons mettre en place", a-t-elle indiqué. "Nous avons besoin de libérer les énergies, les leviers, de supprimer les verrous réglementaires. Nous allons le faire pour faciliter notamment l'installation de la télémédecine", a-t-elle poursuivi.

    Soulignant les "promesses de la télémédecine", elle a noté qu'elle "peut rapprocher les médecins entre eux, permettre le télésuivi des malades, et contribuer à la fluidité des prises en charge et à l'optimisation du temps de traitement".

    Elle a précisé que, "dans le PLFSS", allaient être proposés "des financements sur projets innovants, via un fonds dédié aux innovations, probablement le FIR [fonds d'intervention régional]". "Mais je n'ai pas envie de dévoiler tout mon PLFSS", a-t-elle ajouté.

    Si les arbitrages définitifs sur ce PLFSS 2018 sont donc attendus pour la fin du mois, il reste un motif d'espoir et de satisfaction: le champ des nouvelles technologies est bien pris en compte par la ministre de la santé en exercice.

    Il sera aussi étudié dans le cadre de la nouvelle stratégie nationale de santé (SNS), pour laquelle Agnès Buzyn entend lancer une concertation à compter du mardi 12 septembre, en vue d'une élaboration d'ici la fin de l'année.

    Agnès Buzyn fait du numérique un enjeu clé

    Détaillant à La Baule les trois principaux axes de cette SNS, la ministre a cité l'impératif de passer "d'un système en silo à un système mieux organisé au niveau du territoire, et bien centré sur les besoins et les vécus des patients", ajoutant aussitôt que le maintien à domicile des patients devait être "facilité par les innovations technologiques, et en particulier digitales, qui permettent de mieux partager l'information".

    Un autre axe de cette stratégie, consistant à "faciliter l'innovation et la transformation du système de santé", surfe lui aussi sur l'apport des technologies.

    Les "innovations numériques, technologiques et organisationnelles en santé" constituent un enjeu clé pour "l'accélération du virage ambulatoire, la qualité du suivi des patients chroniques ou le partage de l'information par les acteurs du système de santé", a estimé Agnès Buzyn, précisant que les médecins devaient avoir un rôle dans l'évaluation de l'innovation.

    A l'occasion d'une communication en conseil des ministres, le 30 août, la ministre de la santé a également souhaité que les technologies numériques soient "largement mobilisées" dans le cadre de sa "stratégie de prévention en santé" car elles "offrent de nouvelles opportunités en matière d'information, de connaissance, de suivi et d'actions".

    "Tous les ministres se posent la question du numérique"

    Numérique pour l'organisation des soins, la prévention, l'innovation et même recours aux algorithmes pour permettre "une meilleure médecine" (voir dépêche du 4 septembre 2017), Agnès Buzyn semble bien avoir en tête la question de l'impact des évolutions technologiques dans son domaine.

    A en croire le secrétaire d'Etat chargé du numérique, Mounir Mahjoubi, interviewé par le Journal du dimanche (JDD), cette sensibilité aux technologies est inédite pour un gouvernement français. "Tous les ministres se posent la question du numérique, et ça c'est nouveau", a-t-il noté.

    Les membres du gouvernement suivent aussi les grandes lignes du discours de politique générale du premier ministre, Edouard Philippe, qui a évoqué à de multiples reprises le 4 juillet dernier face à l'Assemblée nationale la "transition", ou "révolution", numérique mais aussi la mise en place de "plateformes" et de services publics digitalisés.

    Edouard Philippe a également souligné dans ce discours que "la révolution de l'intelligence artificielle" était "devant nous", voire "déjà là" et qu'elle touchera "tous les domaines de la production". Il avait alors donné 3 mois à son secrétaire d'Etat au numérique pour lui proposer "une méthode permettant d’associer les meilleurs spécialistes de ce domaine à la définition d’une stratégie nationale pour l’intelligence artificielle"

    L'intelligence artificielle a le vent en poupe

    Message reçu par Mounir Mahjoubi qui a confié cette semaine au député LREM de l'Essonne et mathématicien Cédric Villani une mission pour contribuer à définir cette stratégie.

    On peut toutefois s'interroger sur l'intérêt et les raisons de cette nouvelle mission, alors que pas moins de 559 chercheurs, entrepreneurs et universitaires avaient déjà formulé 59 recommandations sur le sujet au précédent gouvernement, en mars, dans le cadre du plan #FranceIA initié par la prédécesseure de Mounir Mahjoubi, Axelle Lemaire.

    Ces recommandations déplaisent-elle à l'exécutif en place? Souhaite-t-il consulter plus largement? Elargir le périmètre des travaux et concertations sur l'intelligence artificielle? Préciser certains aspects du plan #FranceIA? Contacté par TICpharma, le cabinet du secrétaire d'Etat chargé du numérique n'a pas donné suite.

    Des mesures à la hauteur des ambitions ?

    Après les discours qui laissent présager une véritable prise en compte du sujet numérique, y compris dans la santé, l'exécutif sera donc attendu sur ses actes et mesures concrètes.

    La santé connectée n'est rien sans un accès au réseau. Il est donc important que l'Elysée corrige le plan France Très Haut Débit (THD), comme il l'a annoncé cet été, avec l'objectif de ramener à 2020 le calendrier de raccordement au haut débit de l'ensemble du territoire (contre 2022 pour le très haut débit).

    Mais il faut aussi aller au-delà de la reprise et des ajustements réalisés sur les décisions du précédent gouvernement. Les discours de campagne et du début du quinquennat ont affiché la volonté d'apporter de la nouveauté à la gestion politique et administrative du pays, il est temps de préciser les contours de ces nouveautés pour les acteurs de l'e-santé, et l'ensemble des patients.

    Beaucoup s'interrogent notamment sur la place qu'occupera la transformation numérique du secteur de la santé dans le cadre du plan d'investissement de 50 milliards d'euros annoncé par Emmanuel Macron, et qui fait l'objet actuellement d'une mission de préfiguration dont les conclusions sont attendues avant la fin du mois de septembre. En espérant que les espoirs et l'impatience ne cèdent pas à la désillusion.

    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com

    À suivre

    La médecine sera "extrêmement examinée" par la mission Villani sur l'intelligence artificielle

    Politique

    Des acteurs financiers s'engagent à investir 6 milliards d'euros pour faire émerger des start-up françaises

    PARIS (TICpharma) - Le ministre de l'économie et des finances, Bruno Le Maire, le secrétaire d'Etat chargé du numérique, Cédric O, et une vingtaine d'investisseurs institutionnels ont signé lundi 13 janvier un accord formalisant leur engagement d'investir plus de 6 milliards d'euros dans des start-up françaises, a annoncé dans un communiqué le ministère de l'économie et des finances.

    0 766

    Politique

    L'Elysée lève 5 milliards d'euros et accentue son soutien aux start-up françaises

    PARIS (TICpharma) - Le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé le 18 septembre une série de mesures pour accélérer la croissance des start-up françaises, dont un investissement de 5 milliards d'euros et la création de l'indice Next40 regroupant les jeunes pousses les plus prometteuses, parmi lesquelles plusieurs sont actives dans le secteur de la santé.

    0 883

    Vos réactions

    Anti-spam : Veuillez saisir le résultat de ce calcul S.V.P
    6 + 8 =