L’actualité numérique des industries de santé

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    Etudes

    Le secteur des biotechnologies contraint de prendre le virage numérique (étude EY)

    PARIS (TICpharma) - Confrontées à une baisse de leurs bénéfices en 2016, les entreprises de biotechnologies sont de plus en plus amenées à miser sur le numérique, l'intelligence artificielle et l'analyse de données pour optimiser leur R&D, selon une étude du cabinet Ernst&Young publiée le 20 juin.

    Innover en misant sur le numérique ou disparaître. C'est en substance le choix qui va s'imposer à bon nombre de sociétés de biotechnologies en Europe et aux Etats-Unis, selon le rapport d'EY.

    Le secteur a connu en 2016 une baisse de 52% de son bénéfice net, et une baisse de sa capitalisation boursière de 17%, selon les chiffres relayés par le cabinet de conseil.

    En cause: une situation géopolitique instable (Brexit, présidence Trump et "rhétorique" hostile à la pharma durant la campagne présidentielle), une pression sur les prix toujours plus forte exercée par les payeurs, et une concurrence accrue de l'écosystème asiatique, et particulièrement chinois.

    Dans ce contexte très contraint, la transformation numérique des activités des biotech pourrait constituer un élément différenciant, et donc un avantage concurrentiel.

    "Il faudra tirer parti et incorporer les technologies numériques émergents dans la R&D, ou être supplanté par ceux qui le font", prévient EY dès les premières pages du rapport.

    "L'intelligence artificielle et les analyses de données sont maintenant tellement avancées qu'elles promettent une amélioration de la sélection traditionnelle des médicaments et des processus de R&D. La façon dont les biotech, en particulier les plus petites, accèdent de manière optimale à ces outils reste toutefois une question importante", note le cabinet.

    Avec dans le viseur, grâce à l'adoption de ces outils, une "augmentation des retours sur investissement" et la capacité à produire des médicaments à des prix "plus abordables".

    Cela passe notamment par la digitalisation des essais cliniques et le recueil de données en vie réelle pour apporter la preuve de l'efficacité des produits de santé développés, cite par exemple EY.

    Manque de compétences

    Cette transition numérique est d'autant plus nécessaire que les biotech font face à de nouveaux profils de concurrents sur leur marché, avec l'arrivée d'entreprises des secteurs du logiciel, de la donnée et des télécommunications.

    Le cabinet EY cite les exemples d'Apple ou d'Alphabet (maison-mère de Google) qui ne cachent plus leurs ambitions dans le secteur de la santé et "empiètent sur le territoire traditionnel des biopharma".

    Si ces géants n'ont pas encore tous les codes nécessaires pour s'insérer dans un paysage très contraint réglementairement, ils sont "très avancés dans la compréhension du comportement des consommateurs, l'analyse du big data, l'informatique et les cycles d'innovation courts", souligne le rapport, ajoutant qu'il s'agit de "domaines qui façonnent le paysage actuel de la santé, et pour lesquels beaucoup, sinon la plupart des entreprises biopharma, manquent de compétences".

    Tout comme les plus grands groupes pharmaceutiques qui ont initié depuis quelques années des partenariats avec ces géants de la tech, le cabinet EY estime que les biotech, en particulier celles qui travaillent sur les maladies chroniques, ont tout intérêt à s'engager dans ce type de collaborations pour faire face au "besoin urgent" de développer de nouveaux services aux patients grâce aux technologies.

    Il rappelle que son dernier rapport sur l'économie numérique daté de février estimait à 70% la part des entreprises des sciences de la vie qui prévoient des fusions/acquisitions dans les deux à trois ans pour se doter de compétences sur le numérique.

    Attention toutefois à ne pas se faire couper l'herbe sous le pied par les géants des technologies qui sont à la fois partenaires et concurrents… Imaginant que, dans un "avenir proche", un outil numérique pourra améliorer l'état de santé des patients aussi bien qu'une thérapie médicamenteuse traditionnelle, à un coût plus faible et sans les effets indésirables associés, la cabinet EY estime que la menace est bien réelle pour certains modèles économiques du secteur des biotech.

    Ne pas chercher le profit à tout prix

    Interrogée par EY dans le cadre du rapport, Lisa Suennen, directrice au sein du fonds de capital-risque de General Eletrics (GE Ventures) pour le domaine de la santé, nuance le retard pris par les biotech sur le numérique.

    "Toutes ces technologies sont relativement nouvelles. Nous n'aurions pas eu cette discussion il y a à peine cinq ans, la plupart d'entre elles ne datant que de quelques années. Et maintenant, nous parlons de les appliquer à la vie et à la santé humaine. Les biopharma ne sont peut-être pas si à la traîne que ça", note-t-elle.

    Selon elle, les premiers objectifs de cette transition numérique doivent être de limiter l'impact de la baisse des prix, de maintenir son portefeuille de produits et de se différencier des concurrents.

    "Les outils numériques ne sont pas un moyen d'augmenter les profits. Certaines sociétés ne comprennent toujours pas cela et continuent de se demander comment elles peuvent faire de l'argent à partir de ces outils. C'est poser la mauvaise question", juge-t-elle.

    Au-delà du défi technologique, et comme toujours lorsqu'il s'agit de transformer en profondeur des méthodes de travail et des pans entier d'une activité économique, le rapport d'EY rappelle que le défi est aussi culturel et social, et nécessite une "ouverture" des biologistes et chercheurs aux apports des technologies numériques.

    Accéder au rapport d'Ernst&Young

    Raphael Moreaux

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