L’actualité numérique des industries de santé

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    Ce que prépare le réseau national #HealthTech pour soutenir le secteur de l'e-santé

    STRASBOURG (TICpharma) - Le secrétaire national du réseau thématique #HeatlhTech de la French Tech, Guillaume Facchi, a partagé dans un entretien à TICpharma les actions qu'il compte mettre en œuvre pour assurer la visibilité et l'accompagnement des start-up françaises dans le domaine de l'e-santé.

    Elu à la tête du réseau #HealthTech en novembre 2016, il a travaillé depuis à définir la feuille de route du réseau dans le domaine de la Silver économie, des medtechs, des biotechs et de l'e-santé.

    "Cette feuille de route a été confiée à la mission French Tech qui doit la valider avec des entrepreneurs emblématiques de la thématique santé, avant une présentation officielle au mois d'avril", a indiqué Guillaume Facchi, par ailleurs directeur des opérations du pôle de compétitivité alsacien Alsace BioValley.

    Le document déclinera, pour chacun des objectifs de la mission French Tech ("fédérer", "accélérer", "rayonner"), une série d'actions d'animation "complémentaires à celles de la French Tech" et propres au secteur de la santé. Elles seront "principalement orientées sur la visibilité du secteur et la recherche d'investisseurs", a précisé Guillaume Facchi.

    "L'une des premières actions que l'on va mener dans l'objectif de fédérer les acteurs du réseau sera d'établir une sorte de cartographie des écosystèmes en présence sur le territoire pour définir les axes d'excellence, les expertises, les plateformes technologiques et les living lab auxquels peuvent faire appel les start-up", a-t-il détaillé.

    Il a mis en avant l'impact de cette approche sur l'e-santé qui permet de fournir de l'information aux start-up afin qu'elles trouvent "les bons points de contact avec des acteurs académiques, des entreprises, des établissements de santé, ou tout autre acteur autour de la santé".

    Cette cartographie sera mise à disposition de tous sur le site de la French Tech, et permettra aussi aux industriels de la santé d'identifier les start-up qui travaillent sur leurs aires thérapeutiques.

    Un même travail cartographique sera réalisé pour répertorier les évènements (congrès, colloques, forums etc.) sur lesquels le réseau national pourra présenter ses start-up sous le pavillon French Tech, à l'instar du festival Futur en Seine organisé en juin à Paris.

    Le secrétaire national du réseau #HealthTech prévoit également d'organiser des évènements pour présenter les entreprises e-santé à des fonds d'investissement afin qu'elles puissent se financer auprès d'eux. "Il s'agit de faciliter l'accès à des fonds référencés sur les différentes thématiques pour que les start-up trouvent une dynamique qui leur permette d'entrer dans le dispositif du Pass French Tech", a expliqué Guillaume Facchi.

    Le Pass French Tech est un programme soutenu par Bpifrance destiné à accompagner les entreprises de technologies à haut potentiel afin d'accélérer leur croissance.

    Sensibiliser les pouvoirs publics

    Le réseau national #HealthTech compte aussi mener plusieurs actions avec, et auprès des pouvoirs publics. Elles consisteront notamment à travailler avec la direction générale des entreprises (DGE), le ministère des affaires étrangères et celui de la santé afin de "monter un argumentaire anti-french-bashing", a souligné Guillaume Facchi.

    "Nous voulons travailler à contrer les idées préconçues sur l'attractivité de la France et à expliciter nos forces pour pouvoir expliquer à l'étranger que le pays n'est pas un territoire à exclure pour investir dans les start-up ou s'implanter afin d'accéder au marché européen", a-t-il poursuivi.

    Un "kit de communication", notamment à destination du marché américain qui constitue "le premier débouché pour les acteurs français", est "en préparation", a indiqué Guillaume Facchi.

    En parallèle, le secrétaire national appelle de ses vœux "une implication plus forte du ministère de la santé", et souhaite dans ce cadre renouveler l'expérience du "Jeudigital" (contraction de "jeudi" et "digital"), organisé en décembre 2015 au ministère sur l'initiative de la secrétaire d'Etat chargée du numérique, Axelle Lemaire.

    Elle avait permis, le temps d'une soirée, de présenter à la ministre des affaires sociales et de la santé sept entreprises du secteur de l'e-santé, afin de leur offrir de la visibilité et sensibiliser le ministère à leurs problématiques.

    Résoudre l'écueil du business modèle

    Ces enjeux concernent en grande partie le modèle économique des start-up de l'e-santé, confronté à "un grand flou sur les conditions de prise en charge", a déploré Guillaume Facchi.

    Caractérisé par des cycles d'innovation très courts, les dispositifs e-santé "bouleversent les schémas d'évaluation établis par les autorités de santé", a-t-il constaté, appelant à "fluidifier" les démarches dans ce domaine.

    "Le manque de cadre d'évaluation clairement défini fait que des entreprises mènent des études cliniques sans savoir si les données qu'elles collectent seront suffisantes pour obtenir une prise en charge. Elles peuvent prendre un à deux ans de retard sur leur accès au marché. Pendant ce temps, elles reposent sur un modèle économique bancal", a illustré Guillaume Facchi.

    Il a également évoqué "la sécurité des données, depuis le terminal de l'utilisateur jusqu'au lieu de leur stockage et de leur traitement", ainsi que les "questions éthiques" soulevées par exemple par le recours à des algorithmes de prédiction, comme des "freins" au développement de l'e-santé.

    Modification des rapports avec les industriels

    Le secrétaire national du réseau #HealthTech a fait part de son intention de mieux accompagner les start-up dans leurs relations avec les grands groupes industriels du secteur de la santé.

    Il y a selon lui en France une "évolution culturelle" à mener en termes de financements pour éviter que les jeunes pousses en mal de passage à l'échelle ne soient vendues à des acteurs étrangers. "Il y a un déséquilibre aujourd'hui entre les tout petits et les très grands, avec au milieu un trou où l'on a très peu de moyens", a-t-il témoigné.

    Il milite pour plus de d'interactions entre ces deux types d'acteurs, tout en notant qu'elles ne doivent pas forcément conduire à une absorption des start-up innovantes. Il a évoqué les "défis santé numérique" lancés par Alsace Biovalley et l'incubateur Health Factory, permettant à des grands groupes industriels de proposer un défi à des start-up sur une thématique identifiée.

    "Derrière, les grands groupes n'achètent pas la structure mais la solution développée. Ça les intéresse d'autant plus que la technologie n'est pas leur cœur de métier mais constitue une plus-value sur leur activité. Ils souhaitent avoir accès à ces compétences sans avoir à les internaliser", a résumé Guillaume Facchi.

    Il réfléchit actuellement à engager une sorte de tour de France des écosystèmes de la santé numérique dont les étapes seraient financées par des industriels, afin d'inviter les start-up à découvrir les pôles d'innovation locaux et à bénéficier des éclairages de grands groupes sur les problématiques propres au secteur.

    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com

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