L’actualité numérique des industries de santé

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    Politique

    Les acteurs privés à la conquête de l'espace numérique de santé

    PARIS (TICpharma) - Qu'ils réalisent l'espace numérique de santé (ENS), testent son processus de référencement ou coconstruisent la connexion à son futur "store d'applications", les industriels, entreprises et start-up de santé sont pleinement engagés dans les travaux autour de cette action phare de la feuille de route numérique, dont ils préparent les expérimentations.

    Action n°16 de la feuille de route, l'ENS doit permettre à l'usager d'accéder à ses données administratives, à son dossier médical partagé (DMP), à ses constantes de santé éventuellement produites par des applications ou objets connectés référencés, à ses données de remboursement et à des outils permettant des échanges sécurisés avec les acteurs du système de santé.

    La délégation au numérique en santé (DNS) a d'ailleurs choisi de faire de 2021 "l'année du citoyen" pour accompagner le lancement des expérimentations de l'ENS, qui sera finalement baptisé "Mon espace santé", a appris TICpharma le 16 mars.

    Pour tenir les délais annoncés et lancer l'ENS début 2022, les pouvoirs publics ont invité les acteurs privés à prendre part aux travaux et cela, dès la réalisation de ce service, dont le marché a été attribué à Atos et à Octo Technology fin décembre 2020.

    Les entreprises de santé sont aujourd'hui présentes à chaque étape de la construction du futur espace.

    Ainsi, afin de tester le processus de référencement et de coconstruire avec les pouvoirs publics la connexion au store de l’ENS, un appel à candidatures a été lancé en novembre 2020.

    Ce sont 30 dossiers -portés par 30 industriels différents- qui ont été retenus, "parmi les 138 dossiers présentés dans des domaines aussi divers que la télémédecine, la prise de rendez-vous, le bien-être, le suivi de pathologies, la coordination des soins ou la prévention, entre autres", a fait savoir l'ANS le 17 février, précisant que "117 industriels ont postulé".

    Parmi les 30 acteurs retenus, figurent notamment Abbott, Betterise Technologies, Biogen, La Poste, LifeScan France, Nouveal e-santé, Synapse Medicine ou encore Withings.

    Pour rappel, le store de l’ENS est un catalogue d’applications mobiles ou de sites web référencés sur la base d’une procédure définie par la puissance publique.

    Une phase pilote dans trois départements

    Afin de coconstruire le store, qui sera mis à disposition des usagers début 2022, les industriels sélectionnés participent à des ateliers de travail organisés depuis février.

    Ces travaux, qui se poursuivront jusqu'à la fin de l'année, visent à construire les conditions opérationnelles de référencement, en concertation avec les acteurs privés.

    Ces "offreurs de services" planchent sur l’analyse des cas d’usages et la validation des modalités techniques d’échanges.

    Une "phase pilote" de l'ENS aura lieu dans trois départements: la Loire-Atlantique, la Haute-Garonne et la Somme à partir du 1er juillet, selon un document de la Caisse nationale de l'assurance maladie (Cnam) présenté au réseau de l'assurance maladie le 16 mars et dont TICpharma a obtenu copie.

    L'expérimentation concernera 4 millions d'usagers et des "actions de communication" sont prévues à compter du 1er juillet.

    Du 1er au 9 septembre, les ENS seront créés automatiquement. La création de l'ENS entraîne automatiquement celle du DMP pour les usagers qui n'en possèdent pas. Ceux-ci disposeront d'un délai d'un mois et 10 jours pour s'opposer à la création.

    Seuls le DMP et la messagerie sécurisée de santé (MSSanté) seront disponibles pour cette expérimentation, dont la future messagerie permettant aux patients et professionnels de santé d'échanger.

    L'agenda et le "store" d'applications pour les usagers ne seront disponibles qu'Ă  partir du 1er janvier 2022.

    Focus sur les travaux menés par Withings

    De retour dans le giron français depuis 2018 avec un virage en santé très marqué, la société Withings planche, elle, sur le volet "échange et stockage de données de santé des utilisateurs de Withings dans le DMP, via l'ENS", a fait savoir à TICpharma le 16 mars, Vincent Vercamer, responsable de l'innovation et de la stratégie santé en Europe de la société.

    "Nous faisons du hardware [matériel informatique, ndlr] à l'origine mais nous sommes aussi une entreprise qui permet aux citoyens d'obtenir un grand nombre d'informations sur leur état de santé, au quotidien. Via l'ENS, l'idée est de permettre aux usagers de verser des données de santé dans un espace sécurisé pour pouvoir les partager avec leurs professionnels de santé et être mieux suivis", a-t-il expliqué.

    "Aujourd'hui dans l'ENS, il est prévu que nous puissions stocker une dizaine de valeurs de santé. Nous en collectons déjà sept automatiquement avec nos objets connectés: le poids, la taille, l'indice de masse corporelle (IMC), le nombre de pas effectués au quotidien, la température, la fréquence cardiaque et la tension artérielle. Demain, avec l'ENS, les citoyens-usagers pourront les partager plus facilement."

    Pour cela, les utilisateurs des produits de la marque Withings devront préalablement consentir à ce partage de données personnelles de santé.

    La société développe donc des connecteurs pour automatiser le transfert de ces données dans l'ENS, mais aussi pour faciliter le partage des données au sein de l'ENS.

    "La phase actuelle, que nous réalisons avec l'ANS et le groupement d'intérêt public (GIE) Sesam-Vitale, porte sur la finalisation des cas d'usages. Elle se poursuivra jusqu'en mai. Après cela, nous allons définir les modalités techniques -comme l'accès aux données en lecture et en écriture-, un autre point portera sur le processus de référencement des applications sur le store et les critères d'éligibilité et enfin, nous allons effectuer des tests techniques sur le partage de données", a indiqué Vincent Vercamer.

    "Les tests sont prévus entre juillet et novembre", a-t-il ajouté.

    Interrogé sur l'intérêt pour Withings de participer à ce projet, il a expliqué vouloir, en premier lieu, "rapprocher les usagers de leurs médecins et ainsi dynamiser tout l'écosystème de l'e-santé, puisque les professionnels de santé pourront accéder plus précisément aux données de vie réelle, de manière sécurisée".

    "Cela ouvrira aussi des portes à de nouvelles solutions de télémédecine ou de télésuivi de pathologies chroniques et c'est tout ce que nous faisons déjà avec nos produits cellulaires, par exemple. Nous y gagnerons aussi en termes d'usage de nos produits pour le suivi de la santé des patients à domicile, de crédibilité et de notoriété", a-t-il complété.

    Wassinia Zirar
    Wassinia.Zirar@apmnews.com
    LĂ©o Caravagna
    leo.caravagna@apmnews.com

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