L’actualité numérique des industries de santé

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    Politique

    Emmanuel Macron annonce la création du campus de santé numérique au Val-de-Grâce à Paris

    PARIS (TICpharma) - Le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé le 4 décembre la création d'un campus de santé numérique, baptisé "PariSanté Campus", situé sur le site de l'ancien hôpital d'instruction des armées (HIA) du Val-de-Grâce à Paris.

    Il s'est exprimé à ce sujet lors d'un déplacement non pas au Val-de-Grâce mais à l'institut hospitalo-universitaire (IHU) Imagine à l'hôpital Necker (Paris, AP-HP).

    Les activités médicales du Val-de-Grâce ont été transférées entre 2015 et 2017 sur les deux autres HIA d'Ile-de-France, et il n'avait pas encore retrouvé d'affectation, rappelle-t-on.

    Le président a dit vouloir "redonner à ce lieu historique tout son sens, sa vocation, celle de la santé".

    Sur ce site, on fera "de la formation, de la recherche, de la clinique, pour permettre d'utiliser à plein, avec toutes les disciplines de santé, l'apport du numérique, de l'intelligence artificielle" (IA), a exposé Emmanuel Macron.

    Grâce aux capacités de traiter des données en masse, cela permettra de "mieux comprendre, mieux prévenir certaines pathologies, d'accélérer la recherche, d'améliorer aussi l'organisation de structures de santé, le parcours de soins tout au long de la vie en évitant les opérations inutiles ou des actes inutiles, [...] permettre aussi de mieux organiser les hôpitaux en prévenant l'arrivée des patients, en organisant mieux les flux".

    Le campus ambitionne de "répondre aux besoins de l’ensemble des acteurs de la filière santé, comme l’appui au développement de projets entrepreneuriaux, la formation, la mise à disposition d’outils en faveur de l’innovation et de l’expérimentation" grâce un "guichet unique" qui "en sera le point d'entrée", ont surenchéri le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, et la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, Frédérique Vidal, dans un dossier de presse sur le projet.

    Concrètement, le site rassemblera l'Inserm, qui y installera son siège, l'Inria, le Health Data Hub, l'Agence du numérique en santé (ANS) et l'Université PSL ainsi que des "partenaires privés", est-il indiqué.

    Il sera "ouvert à tous les acteurs d’un écosystème large impliquant aussi bien les organismes de recherche, les centres hospitaliers et les autres universités parisiennes".

    Un "hôtel d'entreprises" et un incubateur de start-up sont prévus.

    Quatre objectifs principaux

    Le projet a "quatre objectifs clés", selon le dossier de presse:

    • "stimuler la production et l’exploitation des donnĂ©es de santĂ© pour la recherche et l’innovation
    • soutenir la formation d’excellence autour de la santĂ© numĂ©rique et la crĂ©ation des viviers d’expertises, [avec notamment] une offre complète de formation initiale (licence, master, doctorat) et continue dans le domaine des sciences du vivant, de la santĂ©, des donnĂ©es et de l’intelligence artificielle
    • dĂ©velopper des applications Ă  fort impact Ă©conomique, crĂ©atrices d’entreprises et d’emplois
    • amĂ©liorer les stratĂ©gies de prise en charge mĂ©dicale et l’efficience du système de soin dans l’intĂ©rĂŞt permanent du patient".

    Il "a également pour mission d’attirer les investissements publics et privés pour dynamiser l’innovation et l’entrepreneuriat".

    Sa réussite "dépend de la prise en compte de trois enjeux majeurs: renforcer sa capacité à récolter des données, les rendre accessibles et exploitables; structurer une filière industrielle française des technologies numériques de la santé; et protéger les données des citoyens et encadrer leur utilisation".

    Son "approche scientifique globale" s'appuiera "sur des entrepôts de données d’envergure nationale telle que le dispositif France Cohortes" et la base de données Cépi-DC, qui sera implantée sur le site.

    "La cohérence entre ces acteurs se fonde sur des synergies bien identifiées et matérialisées par des collaborations déjà engagées [ou] en cours de constitution sur des thématiques de santé numérique (antibiorésistance, le plan maladies rares, gestion des terminologies de santé, etc.)"

    Trois "instituts" ont déjà prévu de s'installer sur le campus.

    Le "centre de recherche et de formation transdisciplinaire en sciences de la vie quantitatives porté par l’ENS-PSL" Q-Bio, qui " présentera une forte synergie entre expériences et modélisation [et] s’appuiera sur quatre piliers scientifiques: génétique et génomique, développement, modélisation quantitative multi-échelles, neurosciences et comportement".

    Il "sera doté de la double capacité d’analyser de grandes quantités de données et de les exploiter pour la construction de modèles théoriques".

    L'institut PRAIRIE (Paris Artificial Intelligence Research Institute), dont la création avait été annoncée en 2019 par le ministère de l'enseignement supérieur, a pour objectifs "de contribuer de manière significative au progrès des connaissances fondamentales en IA, de participer à la résolution de problèmes concrets à fort impact applicatif, de former les chercheurs et entrepreneurs dans le domaine".

    Il a été fondé par le CNRS, l'Inria, l'Université PSL, l'Université de Paris et l'Institut Pasteur côté public. Côté privé, une quinzaine d'entreprises sont citées comme fondatrices, dont Amazon, Facebook, GE Healthcare, Microsoft, Google, Pfizer et Vertex.

    L'Institut de technologies avancées pour la santé aura pour objectif la conception d'instruments biomédicaux et "l’acquisition de données uniques sur le fonctionnement du corps humain".

    "Imager l’ensemble des vaisseaux sanguins de nos organes jusqu’au micromètre, soigner les valves cardiaques sans chirurgie ou encore détecter précocement la neuro-dégénération en sont quelques illustrations en cours."

    Aucun participant n'a été mentionné pour cet Institut.

    Il sera composé notamment d'une équipe de chercheurs mondialement reconnus en imagerie biomédicale "depuis deux décennies", est-il écrit sans plus de détails.

    Deux projets de recherche ont également été annoncés dans le dossier de presse.

    Le premier, baptisé Ze[US], vise à "construire l’imageur médical le plus puissant au monde" à l'aide d'une "utilisation révolutionnaire des ondes ultrasonores" afin de construire des bases des données et des algorithmes sur le fonctionnement des organes, le diagnostic et la prédiction de pathologies.

    Le prototype "permettra de voir de l’échelle de l’organe entier jusqu’à celle du micromètre dévoilant sa complexité sur près de 6 ordres de grandeur à plusieurs milliers de volumes par seconde".

    Aucun acteur n'a été cité pour ce projet.

    Le second est une nouvelle cohorte "représentative en population générale au service de la crise sanitaire" qui rassemble 135.000 sujets. Baptisée EpiCov, elle a été créée par l'Inserm.

    Une gouvernance commune

    "Les établissements publics présents sur le campus auront une gouvernance commune leur permettant d’articuler au mieux leur coopération dans le cadre du projet, et notamment dans leurs relations avec les partenaires privés", est-il prévu.

    Cette structure unique "disposera de la capacité financière pour recevoir et répartir des fonds".

    "D’ores et déjà, les acteurs ont l’ambition de se structurer en groupement d’intérêt scientifique."

    L'ouverture du campus est prévue en 2028.

    Un dialogue compétitif est programmé d'avril 2022 à septembre 2024, pour un début des travaux en 2026.

    Le coût du projet "à ce stade" d'environ 360 millions d'euros, selon le dossier de presse.

    Lors de son déplacement, Emmanuel Macron avait indiqué que le projet recevrait un financement de "400 millions d'euros".

    Le financement "serait partagé entre l’État et un opérateur privé, chargé de l’exploitation de certains espaces".

    François Boissier
    LĂ©o Caravagna
    leo.caravagna@apmnews.com

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