L’actualité numérique des industries de santé

    L’actualité numérique des industries de santé

    Acteurs

    Un lab "100% dédié à l'e-santé" bientôt ouvert sur le campus de Sanofi

    PARIS (TICpharma) - Sanofi va ouvrir avant la fin de l'année sur son campus de Gentilly (Val-de-Marne) un laboratoire "100% dédié à l'e-santé" intitulé "39Bis", ont annoncé jeudi à la presse le directeur de Sanofi France, Guillaume Leroy, et la directrice de l'innovation, Isabelle Vitali.

    La création de ce laboratoire sur un espace de 170 m2 au sein du campus "Sanofi Val-de-Bièvre" (photo ci-dessus) répond à la volonté "d'ancrer la stratégie numérique de Sanofi et de donner corps à cette démarche dans un lieu identifié", a expliqué Isabelle Vitali.

    "L'idée est d'offrir aux collaborateurs de Sanofi, mais aussi à l'ensemble de l'écosystème de santé français un lieu d'ouverture et d'échanges sur l'e-santé", a-t-elle précisé, expliquant qu'il ne s'agissait pas d'un "énième incubateur" mais d'un espace d'"interactions", de "création" et d'"exposition" des technologies d'e-santé.

    Le laboratoire "39bis" (en référence à l'adresse du site) comprendra différents espaces modulables, dont un showroom, une salle de prototypage des solutions numériques de santé, une "salle d'idéation" et un espace "agora" pour organiser des rencontres et conférences.
    Il sera ouvert à tous types d'acteurs et métiers: professionnels de santé, représentants de patients, start-up, étudiants, ou grands groupes technologiques, a énuméré la directrice de l'innovation de Sanofi.

    Différents experts du domaine juridique, scientifique ou du monde des nouvelles technologies y seront invités à rencontrer des acteurs de santé. Le "39bis" apportera une "offre complète de services et de formations" dans le domaine de l'e-santé, indique le groupe pharmaceutique dans un dossier de presse.

    Arrivée à la direction de l'innovation de Sanofi en novembre 2016, après avoir exercé des fonctions similaires chez Roche, Isabelle Vitali a rappelé les actions du groupe dans le digital avec le développement de 20 sites internet pour les patients et professionnels de santé, 9 sites d'informations produits, et 10 applications mobiles de santé disponibles sur smartphone et tablette (voir dépêche TICsanté du 15 juin 2016).

    Sanofi a aussi développé avec la société Voluntis la solution de suivi de l'insulinothérapie Diabeo*, première application mobile liée à un dispositif médical communicant et à un service de télémédecine à avoir obtenu un avis favorable au remboursement de la Haute autorité de santé (voir dépêche du 27 septembre 2016).

    En septembre 2016, le groupe pharmaceutique a créé une joint-venture spécialisée dans le traitement du diabète avec la filiale santé de Google (groupe Alphabet) (voir dépêche du 13 septembre 2016).

    Isabelle Vitali a par ailleurs évoqué 5 "e-solutions" développées par Sanofi avec différents partenaires, et actuellement en phase pilote. Elle a cité le serious game Socrate pour aider les médecins à détecter les signaux faibles des maladies rares, la communauté de partage d'images médicales entre professionnels de santé Medpics, l'application Coach Team de Nuit élaborée avec la start-up Umanlife, l'application Diab'Voyage qui fournit une aide pratique aux patients diabétiques en déplacement à l'étranger, et un fauteuil connecté pour évaluer le stress, élaboré par des étudiants au sein de l'accélérateur Schoolab.

    Identification de "5 besoins essentiels"

    "Depuis près de 2 ans, nous avons mené un travail très large sur l'écosystème d'innovation en santé. Ce qu'on veut faire aujourd'hui, c'est travailler plus en profondeur en nous attelant à 5 besoins essentiels que nous avons identifiés en e-santé", a indiqué Isabelle Vitali.

    Ces 5 chantiers portent sur le rôle du pharmacien d'officine, la pharmacovigilance et les apports du big data et de l'intelligence artificielle pour "détecter des signaux faibles", le diagnostic des affections cutanées avec l'idée de "déployer une banque d'images des affections", l'errance diagnostique dans les maladies rares et la vaccination.

    "On n'arrivera pas forcément à des solutions concrètes sur l'ensemble de ces besoins, mais nous nous engageons à y travailler", a reconnu la directrice de l'innovation de Sanofi, expliquant privilégier une logique de "test and learn" où il faut savoir "accepter l'échec" en étant à la fois "ambitieux et humbles".

    En parallèle, le groupe pharmaceutique veut renforcer l'approche multicanale de ses relations avec les professionnels de santé. Il s'agit de "repenser les canaux avec lesquels on veut communiquer, redéfinir les informations dont les professionnels ont besoin pour pouvoir apporter la bonne information, au bon moment, à l'endroit où les différentes parties prenantes souhaitent l'avoir", a ajouté Isabelle Vitali.

    Une quinzaine de personnes se consacrent spécifiquement à ces questions et interviennent en soutien des différentes équipes opérationnelles du groupe, a-t-elle précisé.

    "Intention stratégique" de Sanofi

    Interrogé par TICpharma sur les freins au développement de l'e-santé, Isabelle Vitali a reconnu les difficultés actuelles à évaluer les apports des solutions numériques de santé et à les inscrire dans des modèles économiques pérennes, notant toutefois des "évolutions encourageantes" en la matière, comme la publication par la Haute autorité de santé (HAS) d'un guide de bonnes pratiques sur les applications et objets connectés (voir dépêche du 4 novembre 2016).

    "Lorsqu'on parlait e-santé il y a encore un ou deux ans, on partait un peu la fleur au fusil. Maintenant, nous sommes dans une logique plus pragmatique", a-t-elle assuré, jugeant qu'il y avait tout de même un "important travail à faire" sur les modèles économiques, la réglementation et les aspects éthiques du numérique en santé.

    "La technologie n'est pas la barrière à l'entrée de ce marché", a complété le directeur de Sanofi France, Guillaume Leroy. "La vraie barrière c'est la question de l'organisation nécessaire autour d'une solution pour qu'elle ait un impact qualifiable et qu'elle apporte de la valeur", a-t-il noté.

    Il a estimé que la France était dans "une position idéale" pour traiter ce sujet, grâce à un écosystème de santé "exceptionnel" et de "grands centres de recherche fondamentale" mondialement reconnus.

    Refusant de mentionner le montant investi par Sanofi dans l'e-santé, Guillaume Leroy a insisté sur "l'intention stratégique" du groupe sur ce secteur. "Sur la base de cette intention-là, on parlera ensuite de budget et d'investissements supplémentaires. Aujourd'hui on est encore en phase d'exploration", a-t-il déclaré.

    Raphael Moreaux

    À suivre

    Le directeur de la coentreprise Sanofi-Google dans le diabète vante l'attractivité du marché français

    https://www.healthandtech.eu/fr/htifp/

    Acteurs

    Gilles Litman (Sanofi): "Les financements publics ont vocation à se développer si une solution contribue à l'efficience"

    GENTILLY (Val-de-Marne) (TICpharma) - Ex-directeur de l'innovation de Sanofi France, Gilles Litman, aujourd'hui vice-président au niveau mondial en charge des solutions intégrées diabète-cardiovasculaire, a partagé dans un entretien accordé à TICpharma son analyse de l'impact du numérique sur l'activité du laboratoire pharmaceutique.

    1 125

    Innovations

    Promesses et réalité d'usage de la blockchain dans le secteur de la santé

    PARIS (TICpharma) - La technologie blockchain attise la curiosité des acteurs de santé pour ses apports en termes de sécurisation et de traçabilité des échanges de données. Si les cas concrets d'usage restent rares, les projets se multiplient en France et en Europe, a expliqué à TICpharma David Manset, animateur d'un groupe de travail sur le sujet au sein du think tank Healthcare Data Institute (HDI).

    0 154

    Vos réactions

    Anti-spam : Veuillez saisir le résultat de ce calcul S.V.P
    1 + 5 =