L’actualité numérique des industries de santé

    L’actualité numérique des industries de santé

    Innovations

    Le "Beyond the pill", nouvel eldorado des laboratoires pharmaceutiques ?

    PARIS (TICpharma) - Les stratégies "Beyond the pill" proposant de nouveaux services "au-delà du médicament" en tirant profit des nouvelles technologies apparaissent comme le premier signe de la transformation numérique des entreprises pharmaceutiques, et auront des conséquences sur leurs modèles économiques.

    La multiplication des partenariats conclus avec des sociétés IT est l'élément le plus visible de ce virage amorcé par les entreprises du médicament: pour n'en citer que quelques-uns, Qualcomm et Roche pour le suivi à distance de patients souffrant d'affections chroniques, Google et Sanofi dans le contrôle du diabète, AstraZeneca et le français Voluntis pour l'accompagnement des femmes atteintes d'un cancer de l'ovaire, et le dernier en date, la coentreprise entre GlaxoSmithKline (GSK) et Google annoncée en août pour développer des produits de médecine bioélectronique.

    Ces stratégies "Beyond the pill" consistent à faire du médicament non pas le seul produit proposé par un laboratoire, mais un élément d'une solution thérapeutique "intégrée" (ou "holistique") alliant une molécule à d'autres services tels qu'une application mobile facilitant l'observance du traitement ou une plateforme de suivi des données médicales.

    La conception de dispositifs médicaux connectés, comme les inhalateurs développés par Novartis et Qualcomm, peuvent compléter le dispositif.

    Pour Emmanuel Sève, directeur d'études chez Precepta et auteur d'une étude publiée en mars sur la transformation numérique du secteur pharmaceutique, les solutions intégrées ajoutent au médicament "une forme de service après-vente de leur utilisation".

    Cette "nouvelle approche servicielle" présente à "toutes les étapes de la relation avec l'utilisateur" porte selon lui trois enjeux forts en terme d'"optimisation", de "personnalisation" et de "différenciation" de l'offre.

    Côté optimisation, les outils numériques comme les piluliers électroniques ou les applications de "coaching" vont devenir "incontournables" afin de "faire en sorte que le traitement soit bien suivi aux fins de prescription", a estimé Emmanuel Sève.

    Dans un environnement où le nombre de solutions de ce type croît de façon continue sur les différents stores applicatifs, "les entreprises devront être accompagnées par des tiers de confiance et des spécialistes du numérique si elles veulent tirer leur épingle du jeu", a-t-il ajouté.

    Le "Beyond the pill" est aussi une stratégie permettant de "personnaliser les solutions en fonction de l'utilisateur" et de les inscrire dans une "logique participative" afin qu'ils se sentent "acteurs de leur traitement" à travers l'utilisation d'un outil numérique, a poursuivi Emmanuel Sève.

    La notion de "différenciation" se joue dans les démarches engagées auprès des financeurs comme l'assurance maladie. Elle porte sur la capacité à présenter, grâce à la collecte de données de vie réelle permise par les solutions intégrées, des preuves sur l'efficacité de la solution, notamment en termes d'observance du traitement.

    Sur ce point, Emmanuel Sève note que les industries de santé "doivent rapidement se doter de compétences sur la collecte et l'analyse des données".

    Ces transformations ouvrent aussi la possibilité d'un modèle économique de prise en charge fondé sur une approche par la valeur ("outcomes-based contracts") permettant de rémunérer les solutions de santé en fonction de leur performance en vie réelle.

    D'une logique industrielle traditionnelle à une approche servicielle orientée vers le numérique, il n'y a qu'un pas que le secteur pharmaceutique commence à franchir, bien que les "solutions intégrées" disponibles soient encore rares, tout comme les études démontrant leur efficacité.

    Pour le directeur d'études chez Precepta, la logique est enclenchée, et se traduira "à moyen terme" par "de nouveaux mécanismes de création de valeur qui imposeront une refonte des business models du secteur".

    Pilotées efficacement, les stratégies "Beyond the pill" permettraient de dynamiser un secteur qui subit actuellement une forte pression économique.

    Selon le dernier bilan économique du Leem publié le 1er septembre, le chiffre d'affaires des médicaments remboursables en ville a connu une quatrième année de baisse consécutive en 2015 (-0,2%).

    rm/eh

    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com

    À suivre

    La coentreprise Sanofi/Google pour la prise en charge du diabète officiellement créée

    Innovations

    Baxter fait le pari de la dialyse péritonéale connectée pour traiter l’insuffisance rénale

    (Par Wassinia ZIRAR)

    CORBEIL-ESSONNES (Essonne) (TICpharma) - Sept patients du centre hospitalier Sud-Francilien (CHSF) bénéficient d'un dispositif connecté de dialyse péritonéale développé par le laboratoire américain Baxer, permettant une transmission immédiate des données de la dialyse à l'équipe médicale.

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    Innovations

    Etats-Unis: feu vert à la mise sur le marché d'une application mobile pour la contraception

    WASHINGTON (TICpharma) - La Food and Drug Administration (FDA) américaine a annoncé le 10 août qu'elle avait accordé pour la première fois une autorisation de mise sur le marché (AMM) à une application mobile pouvant être utilisée comme méthode de contraception grâce à un algorithme traçant les cycles menstruels et les périodes de fertilité de la femme.

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    Vos réactions

    • R

      Rach54

      Il y a aussi monfoxy la chaussette intelligente qui a reçu un Innovation Award. Monfoxy rassure les parents et les aide à minimiser les risques de mort subite du nourrisson.

      16/01/2019 à 12:24

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    • E

      EMD

      Bonjour,
      je suis assez surpris de l'Edito du jour sur la présence des politiques à La Vegas, alors que beaucoup d'entrepreneurs souhaitent moins d'état, pour moins d'impôts. De plus le coût d'un voyage officiel serait mieux investi directement dans les PME qui font le déplacement.

      16/01/2019 à 12:24

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    • s

      snowarrior

      Bonjour,
      je trouve qu'il y a un certain mélanges des genres dans le ciblage de cette veste, ou elle a un intérêt médical, ou elle ne sert que de dispositif de surveillance pour les assureurs ? particulièrement pas convaincant cette approche et j'en ferai part à mes collègues cardiologues.

      14/12/2018 à 11:36

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    • R

      Remi

      Blockchain, c'est le nouveau mot à la mode.
      Quid du secret médical. De mes données, il n'y aura plus aucune possibilité de les anonymiser!
      Et c'est même pire, car les auteur le disent: le RGPD, bah, on est pas très règlo avec, et pas on va associer les données avec un identifiant (immuables) avec un identifiant (immuable lui aussi).
      Je crois qu'on peu dire qua là, oui, on marche sur la tête.
      Dans mon hôpital, on me demande de gérer les droits d'accès, mais la tout le monde donne ses données!
      Lamentable.

      20/11/2018 à 10:00

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    • M

      Maisdaf

      C'est honteux.La maladie n'est pas un jeu. Le souci principal est de compenser la perte financière
      Quant aux protagonistes on devrait leur donner des cours d'écoute du patient Quant à la vérification de la capacité à utiliser les outils informatiques je n'en ai pas vu la moindre ébauche
      C'est pitoyable !

      20/11/2018 à 10:00

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    • m

      mathew

      J'ai obtenu un résultat très intéressant avec le rapport Ancestry de Xcode Life. Il est très détaillé dans sa répartition pour la population mondiale. https://www.xcode.life/ancestry-dna-raw-data-analysis

      20/11/2018 à 10:00

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    • Q

      QdS

      "la Food and Drug Administration (FDA) a donné en avril son feu vert à la mise sur le marché du premier dispositif médical utilisant l'IA. Il s'agit d'un logiciel de la société américaine IDx". Cette phrase est incorrecte. Artesys (dirigée par un français) a été homologué par la FDA dès 2016, et Cardiologs (pépite française!) dès 2017. En revanche, IDX est la première à revendiquer un diagnostic qui n'a pas besoin d'être revu par un médecin, au vu de ses performances. Comme les tests de grossesses, les dispositifs de dépistage du VIH vendus en pharmacie en France, etc...

      03/08/2018 à 10:31

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    • p

      paul

      en effet, si les objets connectés en matière de santé et sécurité au travail recèlent de nombreuses potentialités opportunes, ils engendrent aussi des risques professionnels nouveaux plus difficiles à appréhender dont la gestion est complexe et encore incertaine… : http://www.officiel-prevention.com/sante-hygiene-medecine-du-travail-sst/appareils-de-mesure/detail_dossier_CHSCT.php?rub=37&ssrub=152&dossid=576

      30/07/2018 à 09:02

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    • M

      Monique

      Merci et bravo, je n'attendais que ce genre de logiciel pour bien calculer mes ,doses en fonction de la journée que je vais vivre; je suis diabétique insulino-dépendante.
      Merci de me faire savoir quand le logiciel sera disponible.
      monidel.mds@gmail.com

      26/06/2018 à 11:46

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    • C

      Chantal Casado

      Merci pour cet article et bravo aux inventeurs qui travaillent pour améliorer le quotidien des malades !
      Quand sera disponible cette application ? Sera-t-elle disponible en France ?

      11/05/2018 à 11:33

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    • j

      jeanpaul

      bravo!!!!

      09/05/2018 à 09:06

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    • D

      Didier

      Lorsqu'une appli en e-santé est avérée scientifiquement performante, le mariage Bpifrance-assurance maladie s'avère indispensable. Excellente initiative.

      16/04/2018 à 17:00

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    • E

      Eivlys51

      Et voilà, les données de santé sont devenues une marchandise.

      06/03/2018 à 17:09

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    • D

      Didier

      Merci pour cette article particulièrement riche en informations pour les startuppeurs en recherche de partenaires financiers !

      15/02/2018 à 18:14

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    • L

      La Rédaction

      Le guide du Cnedimts sur les DM connectés a été publié aujourd'hui à cette adresse:
      https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2017-11/guide_2017_dispositifs_medicaux_connectes_novembre_2017.pdf

      24/11/2017 à 11:26

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    • g

      guillaume

      Bonjour,
      avez vous un lien vers le guide du Cnedimts sur les DM connectés ?
      merci !

      24/11/2017 à 11:25

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    • R

      Rédaction

      Bonjour "Vigilance Orthographe",
      Nous avons utilisé le terme d'"adhérence" afin de rester fidèle à l'étude française qui cite bien parmi ses objectifs celui d'évaluer "l'adhérence" au monitoring de l'activité physique. Elle définit la notion de patient "adhérent" par le port de la montre connectée au moins 80 jours, comme mentionné dans l'article. Il ne s'agit donc pas d'une erreur mais d'une reprise du vocabulaire employé dans l'étude.

      26/07/2017 à 11:52

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    • V

      VIGILANCE ORTHOGRAPHE

      ADHERENCE??? ne voulez vous pas dire plutôt "adhésion" ???

      26/07/2017 à 11:48

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    • B

      Bba

      J'apprends aujourd'hui (veille du 1er juin tant attendu) que le remboursement du Freestyle sera juste des 2/3 de son prix de vente, et que n'en seront remboursés que 21 par an. Qu'en est-il vraiment ?

      14/06/2017 à 10:39

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    • U

      Un patient

      En fait il faut lire : lorsque les médecins font leur travail de surveillance, les malades se portent mieux. C'est une découverte INCROYABLE !!!!

      14/06/2017 à 10:38

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    • A

      Alain

      Il faudrait que les laboratoires se mettent sérieusement au digital.
      [Une page->http://www.magicien-magie.com/alsace.html] intéréssante à lire.
      Merci.

      07/02/2017 à 11:20

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    • P

      Pascal Becache

      Je retiens 2 messages principaux de cette excellente interview :
      - tous les labos vont se lancer dans une politique digitale importante, ceux qui feront la différence seront ceux qui seront les plus innovants et les plus engagés - on va donc voir des investissements de plus en plus massifs dans les services numériques, bientôt à la hauteur des investissements sur les molécules
      - les régulateurs et les payeurs doivent travailler dur dès à présent pour imaginer des modèles qui intègrent la technologie à destination des patients, et les payeurs privés pourraient aller plus vite que les payeurs publics.

      23/12/2016 à 09:56

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    • l

      linda

      c'estde vouloir faire comprendre aux gens ce qu'est la schizophrénie mais les famille ont besoin d'aide aux soins et surtout de vrais suivies soignons les malades avant de vouloir expliqué ce qu'ils ressentent

      02/12/2016 à 09:24

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    • d

      dr tiphaine

      Belle innovation, si vraiment ils vont jusqu'aux validations cliniques ce qui semble le cas à lire la publication au JAD

      24/11/2016 à 16:50

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