L’actualité numérique des industries de santé

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    L'Ă©dito hebdo

    Wassinia Zirar

    Les licornes chimériques de la start-up nation

    Lundi 17 janvier, Emmanuel Macron exulte: "25 licornes françaises: nous y sommes!", écrit-il sur Twitter, promettant que "ce n'est qu'un début". Sur le même réseau social, Cédric O, secrétaire d'Etat chargé de la transition numérique et des communications électroniques, emboîte le pas au président de la République et inscrit, un par un, les noms des 25 sociétés qui composent le cheptel des licornes tricolores. L'objectif prévu de 25 licornes pour 2025 est donc atteint avec trois ans d'avance et la start-up nation s'en félicite de concert. Toutefois, si l'on se penche sur la définition d'une licorne, la liste soulève soudain plus d'interrogations que d'enthousiasme. Une licorne est une start-up valorisée à plus d'un milliard de dollars, non cotée en bourse et non filiale d'un grand groupe, rappelle-t-on. Ainsi, peut-on encore considérer qu'OVHcloud, qui a finalisé son introduction à la Bourse de Paris (Euronext) en octobre 2021, est toujours une licorne? Par ailleurs, Veepee (anciennement Vente-privée), créé en 2001 est-elle toujours une start-up? La question se pose aussi pour la plateforme de streaming musical Deezer fondée en 2007 ou celle de covoiturage, Blablacar, lancée en 2006. Le terme anglosaxon "start-up" désigne littéralement "une entreprise qui démarre", expérimente et se lance dans une nouvelle activité. Nos licornes en sont-elles toutes? Il convient aussi de souligner qu'en matière de santé, nous n'en comptons toujours que deux: Alan et Doctolib. Ce manque béant de jeunes pousses du secteur dans le classement des licornes relance inéluctablement le débat sur le modèle économique des solutions d'e-santé, inexistant. Comment garantir une forte croissance aux néo-entreprises de santé si elles n'ont pas de modèle de financement clair et encadré par les pouvoirs publics? Les innovations en matière de santé revêtent un caractère particulier: la place de l'évaluation scientifique et de la preuve clinique est centrale. Elles demandent un temps long qui peut décourager les afficionados de la course à la survalorisation mais qui ne doit pas être réduit, si l'on entend bien faire émerger des solutions thérapeutiques fiables et sécurisées. Et si l'on se posait enfin les bonnes questions au lieu de compter les licornes?

    Wassinia Zirar

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