L’actualité numérique des industries de santé

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    Wassinia Zirar

    Fakenews: Twitter ouvre les vannes

    Liberté, je détricote ton nom! A longueur de tweets, Elon Musk n'en finit pas de clamer sa volonté de faire de Twitter "un havre de liberté". Liberté de tweeter plus de 240 signes, liberté d'acheter son badge de certification et... Liberté de désinformer! A l'instar de Facebook, Instagram ou YouTube, l'oiseau bleu avait engagé de sérieux efforts depuis deux ans pour lutter contre la désinformation en santé, qui a explosé avec la crise sanitaire du Covid-19. "Nous pensons que ce système des avertissements va aider à éduquer le public sur nos règlements et à mieux réduire la propagation d'informations potentiellement dangereuses ou trompeuses sur Twitter", expliquait le réseau social au printemps 2021. C'en est fini: Elon Musk ouvre les vannes de la désinformation au nom d'une liberté qu'il s'applique à dévoyer consciencieusement. L'effet sera désastreux alors que "le rôle des plateformes de médias sociaux dans la diffusion et la viralité des fausses informations santé est indéniable", a rappelé à TICpharma Adel Mebarki, cofondateur et directeur général de la start-up Kap Code, spécialisée dans l'analyse des données médicales en vie réelle via les réseaux sociaux. "Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) ou plus récemment l'Arcom ont pointé les défaillances ou impacts des algorithmes et politiques de modération portés par les plateformes sur le sujet. Nous sommes aujourd'hui dans une phase d'accélération de la désinformation qui correspond aussi à un désengagement de certains dans cette lutte", a-t-il déploré. "L'infodémie est considérée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une menace majeure en matière de santé publique, force est de constater que nous sommes face au début de cette nouvelle vague!", a également prévenu l'expert. De Washington à Bruxelles, les régulateurs tentent bien de faire pression sur Elon Musk, jugeant sa vision de la modération du contenu sur Twitter "inquiétante", et de nombreuses entreprises, y compris des Big Pharma, ont déjà déserté les espace publicitaires du réseau social pour les mêmes raisons. En vain, ces menaces et pressions ne sonnent pas encore l'hallali de Twitter, qui devrait même gagner de nouveaux utilisateurs parmi les quelque 62.000 comptes suspendus pour infractions répétées qu'Elon Musk s'apprête à réhabiliter. Et si c'était l'abus de provocation qui finissait par annihiler la liberté?

    Wassinia Zirar