L’actualité numérique des industries de santé

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    L'Ă©dito hebdo

    Wassinia Zirar

    Cher Tim Cook...

    Tim Cook a reçu une lettre. La missive de huit pages, marquée du sceau de 10 procureurs généraux américains, appelle à une réponse de sa part et surtout à des actes. Inquiets, les juges ont pris leur plume pour demander au PDG d'Apple d'exiger des normes de confidentialité plus strictes aux applications tierces hébergées sur l'AppStore. Les magistrats ont surtout exhorté Apple à ajouter de nouvelles protections pour les données de santé reproductive contenues dans les solutions tierces hébergées dans son magasin d'applications. Cette requête n'est pas due au hasard: prise dans le sillage de l'arrêt de la Cour suprême qui a annulé la décision Roe v. Wade l'été dernier, elle vise à protéger les femmes, clientes d'Apple. Les juges ont estimé que l'historique de localisation, de recherche et les données de santé relatives à la santé reproductive passée, présente ou future pouvaient présenter un risque pour les utilisatrices recherchant une clinique pour procéder à une interruption volontaire de grossesse (IVG). Les procureurs généraux ont rappelé à Tim Cook que son entreprise devait exiger des développeurs d'applications tierces qu'ils suppriment les données de localisation, de recherche et de santé qui ne sont pas nécessaires au bon fonctionnement de ladite application. Ils ont également souligné que ces derniers ne devaient fournir ces données à des tiers "qu'avec une citation à comparaître, un mandat de perquisition ou une ordonnance du tribunal" et avec le consentement explicite de leur détentrice. "Pour garantir une conformité à long terme, Apple devrait effectuer des audits périodiques et supprimer ou refuser de répertorier les applications tierces qui violent ces règles", ont recommandé les magistrats. Apple, qui se défend, a brandi ses conditions d'utilisation vantant des règles de sécurité élevées, saupoudrées de chiffrement et autre Touch ID, supposés garantir leur inviolabilité. En répondant à côté, la marque à la pomme gagne du temps, en attendant que son PDG soit en mesure de fournir une explication aux 10 procureurs qui l'interpellent. Mais l'heure tourne et des données personnelles de santé permettent encore de suivre, harceler ou criminaliser celles qui cherchent à exercer leurs libertés reproductives.

    Wassinia Zirar

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