L’actualité numérique des industries de santé

    L’actualité numérique des industries de santé

    Rechercher

    Trier par :

    L'édito hebdo

    Raphael Moreaux

    Trente ans déjà

    C'était en mars 1989. Tim Berners-Lee, scientifique de l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN), proposait à son supérieur un projet de système de gestion de l'information permettant de naviguer entre plusieurs documents à l'aide de liens. Un an plus tard, la première page web était créée. La France est pourtant restée un moment éloignée de cette révolution de l'information, dont elle a sous-estimé les impacts. En 1994, dans un rapport au premier ministre Balladur, l'ex-patron de France Télécom, Gérard Théry, pointait les limites d'internet, qu'il jugeait insuffisamment sécurisé et inapproprié pour la fourniture de services commerciaux, comme l'a très justement rappelé cette semaine le journal Le Monde, à l'occasion des 30 ans du réseau. A l'époque, l'Hexagone s'accroche encore au minitel et au protocole X25 de France Télécom plutôt que de miser sur la suite TCP/IP du web. Par la suite, les débats politiques feront rage sur la nécessité d'encadrer les publications en ligne. Malgré les résistances, la France finira par dire adieu au minitel pour s'engager pleinement sur les autoroutes du web. Ce recul historique dont nous bénéficions aujourd'hui sur l'évolution globale d'internet est riche d'enseignements pour le secteur de la santé et sa digitalisation. Il doit d'abord interpeller sur le fait que trois décennies après l'apparition du réseau, les acteurs de santé luttent encore pour en digérer les implications et restent à l'orée de leur propre transformation numérique. Il doit aussi servir aux régulateurs du monde de la santé à trouver la bonne attitude face à l'essor des technologies qui se poursuit, avec l'avènement des données et de l'intelligence artificielle (IA). Sous-estimer les impacts de ces outils du XXIème siècle, ou tenter de les freiner à la seule échelle nationale, ne feront qu'accentuer notre retard, démontrant que le pays est incapable d'apprendre de ses erreurs passées.

    Raphael Moreaux

    Premier Préc.   1 2 3  Suivant Dernier