L’actualité numérique des industries de santé

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    L'edito Hebdo du vendredi 26 avril 2019

    L'éthique, c'est chic!

    Une semaine. C'est la durée de vie du comité éthique de Google. Le 26 mars, le géant du web, soucieux de préserver son image et d'assurer la bonne poursuite de ses développements en intelligence artificielle (IA), annonçait fièrement avoir installé son Advanced Technology External Advisory Council (Ateac). L'instance devait plancher sur "les défis les plus complexes" auxquels devra se confronter l'entreprise, notamment ceux liés au machine learning (apprentissage automatique) ou au deep learning (apprentissage profond). Seulement, le 4 avril, la mise à jour d'une note de blog siglée Google est venue mettre fin à ce comité d'experts, à peine né. Pourquoi un tel crash? Composé de huit membres issus de la société civile américaine, le comité comptait dans ses rangs Kay Coles James, ancienne de l’administration Bush aujourd'hui présidente du think tank The Heritage Foundation, dont les positions ultra-conservatrices ont fait se révolter les salariés de Google. Dans un texte publié le 1er avril, les équipes de la firme ont dénoncé ses nombreuses prises de positions ouvertement anti-LGBTQ (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres et queers) ou anti-immigration, "en contradiction totale avec les valeurs prônées par Google". Face à cette mobilisation, Kay Coles James a fini par démissionner, suivie de plusieurs autres membres de l'Ateac, rendant ainsi l'existence du comité caduque. Si les dirigeants de Google n'ont pas évoqué la constitution d'un nouveau comité, gageons qu'ils y travaillent en coulisses, car c'est l'éthique (ou son absence) qui départagera les géants du numérique dans la course à l'IA... Et puis, dans une grande entreprise, l'éthique, c'est chic!

    Wassinia Zirar