L’actualité numérique des industries de santé

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    L'edito Hebdo du jeudi 10 novembre 2022

    Boulets rouge sur l'oiseau bleu

    Finalisé dans la nuit du 27 au 28 octobre, le rachat de Twitter par l'entrepreneur et milliardaire américain Elon Musk a affolé la toile. Le nouveau propriétaire du réseau social à l'oiseau bleu a d'emblée appelé à "libérer Twitter", prônant une "totale liberté d'expression" et promettant le fameux badge bleu de certification à quiconque souscrira à un abonnement mensuel de 8 dollars... Comptes authentiques et fiables, ou pas. Place aux fake news certifiées et fin de l'ère de la modération, déjà critiquée, alors que près de la moitié des effectifs de l'entreprise a été licenciée en quelques jours. En guise de protestation, nombre d'utilisateurs ont choisi de quitter le réseau social et, du côté des grandes entreprises, la grève de la publicité payante s'organise. Big pharma prend sa part et le groupe californien Gilead a ainsi annoncé le 7 novembre "mettre en pause" la publicité sur Twitter. Dans une déclaration à Reuters, la direction de Gilead a expliqué "surveiller [ses] dépenses publicitaires" et attendre des précisions sur les nouvelles règles de modération voulues par Elon Musk. Même son de cloche du côté de Pfizer, qui a "temporairement" interrompu la publicité le même jour. Au total, une quinzaine d'entreprises internationales ont souhaité s'affranchir de Twitter et se passer de la visibilité que la plateforme aux quelque 326 millions d'utilisateurs leur offrait via ses tweets sponsorisés. "Twitter doit devenir, de loin, la source d'informations la plus précise sur le monde. C'est notre mission", a bien tenté de rassurer Elon Musk le 7 novembre, au milieu d'une nuée de tweets volontairement provocateurs. Mais trop tard, entre tirs à boulets rouges et rires jaunes, le réseau social couve une ambiance délétère, qui ne paie plus.

    Wassinia Zirar