L’actualité numérique des industries de santé

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    L'ANSM se fixe cinq objectifs pour moderniser ses systèmes d'information

    PARIS (TICpharma) - L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) s'est fixée cinq objectifs stratégiques pour moderniser ses systèmes d'information et "résorber sa dette technologique", indique-t-elle dans son schéma directeur des systèmes d’information et de la donnée (SDSID) pour 2019-2023, paru le 27 mai en annexe de son deuxième contrat d’objectifs et de performance (COP).

    Dans un rapport daté de février 2015, l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) avait qualifié l'état des SI de l'ANSM de "calamiteux" et formulé une série de recommandations visant à les faire évoluer en vue du prochain SDSID.

    Annexé au nouveau COP, signé jeudi avec l'Etat, le SDSID pour 2019-2023 entend "poursuivre" les travaux de modernisation et de recherche d’amélioration de la performance de l'agence. Pour cela, celle-ci travaille à "renforcer le pilotage des activités", "améliorer et simplifier les processus", "moderniser et structurer un SI en soutien aux processus métiers" et "poursuivre le développement des coopérations entre les différentes directions".

    "L’ANSM doit s’armer face à la cybercriminalité qui est, à ce jour, la deuxième menace la plus importante pesant sur les organisations et les citoyens après le terrorisme", a-t-elle souligné.

    Elle a aussi rappelé qu'elle inscrivait sa démarche dans "les orientations de l'Etat et de ses opérateurs" en matière de transformation numérique et qu'elle cherchait à "anticiper les évolutions européennes et internationales" en matière de réglementation du médicament.

    Concrètement, la mise en œuvre du SDSID pour 2019-2023 repose sur cinq objectifs "stratégiques":

    • inscrire la donnée au coeur des enjeux sanitaires et de santé publique
    • assurer une maîtrise du SI, des projets numériques et des données
    • corréler l’efficacité et l’efficience de la fonction SI
    • inscrire le SI, les projets numériques et de données dans une dynamique d’innovation
    • valoriser l’agence et son action en matière de santé publique via le SI, le numérique et les usages de la donnée.

    "Résorber la dette technologique"

    Chaque objectif stratégique ciblé par l'ANSM dans son SDSID est décliné en plusieurs sous-objectifs pour répondre aux attentes formulées par l'Igas en 2015 et faire "évoluer opérationnellement" les SI de l'agence.

    Ainsi, pour "inscrire la donnée au cœur des enjeux sanitaires et de santé publique", l'agence a priorisé la maîtrise et le développement de son patrimoine informationnel, l’instauration d’une stratégie d’utilisation des données, et le développement de l’ouverture des données et de l’interopérabilité envers les partenaires.

    Dans le cadre de son objectifs "assurer une maîtrise du SI, des projets numériques et des données", l'ANSM s'est fixé deux sous-objectifs centraux.

    Il s'agit d'abord de "résorber la dette de l’agence" pour sécuriser et permettre le développement du SI et maintenir sous contrôle la création d’obsolescence. Pour atteindre ce sous-objectif, l'ANSM a indiqué vouloir mettre en place une mission dédiée à la mise sous contrôle de la dette, baptisée "mission GDO" (pour gestion de la dette et de l’obsolescence).

    Deuxième axe développé pour respecter cet objectif: la mise en place d'un SI "robuste" et "modulable". De façon générale, ce sous-objectif devrait bénéficier plus largement à la bonne mise en œuvre du SDSID de l'agence.

    Pour cela, l'ANSM a décidé de "mettre en conformité les SI et leurs méthodes de conception et d’utilisation", d'avoir "un plan de continuité d’activités (PCA) robuste et opérationnel", ou encore, de responsabiliser les agents sur leur rôle d’acteur de la sécurité des SI/protection des données personnelles.

    Ce deuxième objectif de maîtrise du SI est sans aucun doute le plus important car il répond en grande partie aux critiques émises par l'Igas en 2015, notamment concernant le "besoin en équipement, en rénovation ou en amélioration significative pour près de 75% des activités de l'agence".

    Il porte, plus globalement, sur des points touchant à l'ensemble du SDSID et c'est son respect ou non qui permettra à l'agence d'acter sa transformation numérique.

    Par ailleurs, si l'on confond parfois les deux, l'ANSM a, elle, choisi de "corréler l’efficacité et l’efficience" de la fonction SI en guise de troisième objectif.

    Pour cela, elle a choisi de "renforcer" la fonction SI dans les métiers, en lui consacrant des budgets, en appelant à "recourir autant que possible aux outils et moyens apportés par [son] écosystème" et en travaillant à l'amélioration de la capacité de déploiement des projets SI.

    Cap sur la valorisation de la donnée

    Les quatrième et cinquième objectifs font la part belle aux données et à leur valorisation pour favoriser l'innovation et, parallèlement, permettre à l'agence de se moderniser.

    Ainsi, dans le cadre de son objectif "inscrire le SI, les projets numériques et de données dans une dynamique d’innovation", l'ANSM entend "favoriser l'évolution des compétences et des ressources de la fonction SI" en anticipant et alignant les métiers SI sur les besoins et l'évolution des activités, et faisant appel à de la prestation externes sur certaines compétences "rares ou non pérennes".

    Ce deuxième point correspond lui aussi une recommandation formulée par l'Igas en 2015.

    "L’ambition consiste également à anticiper l’évolution des besoins, des usages et d’adapter la politique RH à ces évolutions. La réponse à l’ensemble de ces enjeux doit instaurer une dynamique d’innovation permettant de développer davantage la dématérialisation et l’utilisation innovante (IA [intelligence artificielle], big data...) de la donnée au service des métiers de l’agence", a détaillé l'ANSM dans son SDSID.

    Enfin, le dernier objectif consistant à "valoriser l’agence et son action en matière de santé publique via le SI, le numérique et les usages de la donnée" s'inscrit, lui, dans une optique "d'ouverture".

    "Le SI doit accompagner le mouvement de mise à disposition publique des données engagé par l’agence et inscrit dans son COP 2019-2023", a souligné l'ANSM.

    Pour cela, elle entend d'abord "communiquer de manière efficiente et ciblée". Elle a ainsi insisté sur la nécessité de "renforcer [ses] capacités d’information digitale autour de son activité" et d'améliorer le "niveau général de dialogue" pour permettre une meilleure lisibilité de ses missions.

    Dans le cadre de son dernier objectif, l'ANSM ambitionne d'être "un moteur vis-à-vis de l'écosystème et dans le cadre de la mutualisation".

    Concrètement, il s'agit d'engager les discussions avec les partenaires de la mutualisation des agences de santé en étant "force de proposition dans le processus de rapprochement" et de "tenir compte, lors des prochaines orientations stratégiques SI, des récentes initiatives de l’Etat comme la mise en place du Health Data Hub et la mise à disposition des outils gouvernementaux".

    Pour mettre en œuvre efficacement son SDSID, l'agence a insisté sur l'importance d'une structuration du budget ou des modes de financement des applications qui soient conformes aux objectifs stratégiques fixés.

    Contrat d’objectifs et de performance (COP) de l'ANSM pour 2019-2023

    Wassinia Zirar
    Wassinia.Zirar@apmnews.com

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