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    Iktos, la start-up qui met l'IA au service de la recherche pharmaceutique

    PARIS (TICpharma) - Spécialisée dans le développement de solutions d’intelligence artificielle (IA) appliquée à la recherche pharmaceutique, la start-up Iktos développe un logiciel qui "permet de concevoir virtuellement les molécules nécessaires à la fabrication d'un médicament", a expliqué à TICpharma Yann Gaston-Mahé, cofondateur de la start-up.

    "Trouver les bonnes molécules chimiques, c'est un peu comme la résolution d'un Rubik's Cube à six faces: nous pouvons facilement résoudre une face mais il faudra la défaire pour résoudre la deuxième. Dans la recherche pharmaceutique, c'est pareil, la molécule doit être active mais pas toxique; si elle est soluble, elle perd son activité, etc.", a illustré Yann Gaston-Mahé.

    "L'optimisation multicritères est centrale dans le développement du médicament. Aujourd'hui, ce sont 9 projets sur 10 qui partent à la poubelle en phase de recherche clinique et il faut compter 5 à 6 ans généralement pour mener un projet à son terme."

    Pour répondre à cette problématique, en septembre 2016, Yann Gaston-Mathé, expert en data science, Nicolas Do-Huu, titulaire d'un PhD (doctorat) en IA, et Quentin Perron, docteur en chimie, se sont alliés pour créer Iktos.

    La technologie développée par la start-up s’appuie sur une technologie d'IA en deep learning (apprentissage profond), qui permet, "à partir des données déjà générées par le laboratoire, de concevoir et d’identifier in silico (virtuellement) des molécules répondant au mieux au cahier des charges d'un projet de recherche pharmaceutique", a détaillé Yann Gaston-Mahé.

    Concrètement, la start-up s'est appuyée sur des algorithmes dits "génératifs" (ou modèles génératifs), plus traditionnellement utilisés pour fabriquer du langage naturel utile aux chatbots (agents conversationnels), par exemple.

    L'avantage de ces modèles génératifs est de produire seuls du contenus après avoir appris "un langage", en l'occurrence après avoir traité les données chimiques fournies par le laboratoire pharmaceutique partenaire et stockées dans une base de données contenant déjà des millions de molécules prêtes à nourrir l'algorithme.

    "Grâce à l'IA, ces algorithmes sont capables de prédire l'activité biologique d’une molécule et de répondre à un cahier des charges précis", a fait observer le cofondateur d'Iktos.

    Les délais se voient également drastiquement réduits. Entre le moment où les laboratoires font parvenir leurs données de recherche à Iktos et la conception des premières molécules dites "virtuellement idéales", il faut compter "2 à 3 semaines".

    "Chaque étape prend quelques millisecondes tout au plus. Le reste dépend du score et de l'évaluation des résultats obtenus par rapport au cahier des charges", a précisé Yann Gaston-Mahé.

    Plusieurs modèles économiques à l'étude

    La start-up, qui compte une quinzaine de salariés, fournit déjà sa solution aux laboratoires Servier, Pierre Fabre et plus récemment Merck.

    "Pour l'heure nous faisons de la prestation de services. Le laboratoire nous transmet ses données et un cahier des charges et nous lui renvoyons des molécules", a expliqué le jeune patron d'Iktos, sans dévoiler le montant de la prestation.

    Pour l'avenir, Iktos souhaite lancer "dans le courant de l'année 2019" sa plateforme Makya, une application en mode Saas (Software as a Service ou logiciel à la demande) qui rendrait directement accessible aux chimistes dans les laboratoires sa solution d'IA pour détecter les molécules.

    "Il s'agira sans doute d'une licence d'exploitation annuelle, renouvelable. Nous n'avons pas encore fixé son prix", a-t-il indiqué.

    Un troisième business model est aussi à l'étude. "Nous travaillons sur une technologie pour identifier de manière proactive les cibles pharmacologiques. Il s'agirait de vendre de la propriété intellectuelle mais ce n'est pas encore fait", a expliqué Yann Gaston-Mahé.

    La start-up, qui a d'abord fonctionné sur les "fonds propres" de ses fondateurs, a pu compter sur des fonds privés et des concours d'innovation.

    "En 2017, nous avons été lauréats du concours mondial d'innovation de Bpifrance, d'une dotation de 2 millions d'euros. Nous avons déjà touché 900.000 euros. Cette somme nous a permis de lancer nos recherches", a précisé le cofondateur de la jeune pousse.

    Iktos a aussi réalisé une levée de fonds auprès de business angels pour un montant de 677.000 euros.

    Wassinia Zirar
    Wassinia.Zirar@apmnews.com

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