L’actualité numérique des industries de santé

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    CES 2019: les industriels appellent à la rationalisation de l'usage des données de santé

    LAS VEGAS (Nevada) (TICpharma) - Après s'être concentré sur le développement de dispositifs de collecte des données de santé, le prochain défi du secteur de la santé connectée sera de rationaliser l'usage de ces informations pour fournir un meilleur service aux médecins et aux patients, ont souligné mardi plusieurs industriels à l'occasion du Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas.

    Les sites d'information du groupe APM international couvrent le CES en direct de Las Vegas. Suivez l'actu santé de l'événement sur APMnews et sur nos sites spécialisés et leurs comptes Twitter TICsanté et TICpharma.

    Jessica Mega, directrice médicale de Verily, filiale spécialisée dans les sciences de la vie du groupe Alphabet (dont fait partie Google), Amy McDonough, directrice du développement de Fitbit Health Solutions, et Eddie Martucci, cofondateur d'Akili Interactive, société spécialisée dans les jeux vidéo thérapeutiques, ont été invités à partager leur vision du futur de la santé connectée à l'occasion du Digital Health Summit organisé dans le cadre du CES 2019 (lire dépêche du 21 décembre 2018).

    Ils ont tous pointé la quantité massive de données de santé aujourd'hui enregistrées grâce à plusieurs dispositifs, médicaux ou non, comme les traqueurs d'activité, les applications mobiles et les objets connectés de santé.

    Depuis sa création en 2007, Fitbit a collecté des données concernant 7,5 milliards nuits de sommeil, plus de 9.000 milliards de données de fréquence cardiaque et 157.000 milliards de pas effectués par les quelque 25 millions d'utilisateurs de ses produits dans 87 pays.

    "Grâce à ces données, nous sommes désormais capables de passer du monde du bien-être à celui de la santé, et d'adresser les problématiques propres à certaines maladies chroniques comme le diabète, les troubles du sommeil ou les maladies cardiovasculaires", a souligné Amy McDonough.

    Dans cette optique, Fitbit a ouvert en septembre 2018 la plateforme Fitbit Care, qui entend rassembler ces données pour fournir des conseils personnalisés aux utilisateurs de ses dispositifs connectés, les mettre en relation avec des "coachs de santé", améliorer la gestion de leur maladie et agir sur la prévention, a-t-elle expliqué.

    Selon elle, le défi des prochaines années consistera à "trouver le bon équilibre" entre les messages délivrés automatiquement par la plateforme en fonction des données collectées, et l'intervention humaine d'un coach ou d'un professionnel de santé pour "fournir le meilleur soin au bon moment".

    Organiser les données au sein d'une même infrastructure

    La directrice médicale de Verily, Jessica Mega, a pour sa part noté que le nombre de données collectées auprès de chaque patient allait encore considérablement augmenter dans les prochaines années, pour donner un aperçu plus global de la santé des patients. Selon ses projections, il passerait de 0,005 téraoctet (To) par patient en 2017 à 8 To en 2032.

    Ces dernières années ont été consacrées à générer des outils et des technologies pour collecter des données diverses dans un contexte clinique (dossiers médicaux informatisés, résultats d'imagerie et de biologie), au domicile et à distance via des objets connectés, a-t-elle noté.

    Le défi actuel est d'"organiser" ces données issues de différentes sources au sein d'une même infrastructure "fonctionnelle et standardisée". Jessica Mega a notamment déploré que les données générées dans le cadre de la recherche clinique et celles créées dans le cadre du soin soient encore séparées.

    Pour elle, les prochaines années devraient permettre de se doter de cette infrastructure commune et standardisée, d'apporter les preuves que le traitement des "données de vie réelle" peut aider les patients à mieux gérer leur santé, et d'assurer la sécurité de ces données.

    Il faudra aussi réussir à "fournir la bonne donnée au bon moment" au professionnel de santé, pour éviter qu'il se retrouve "submergé" d'informations. A plus long terme, "la question ne sera pas de savoir comment vous avez collecté la donnée, mais ce que vous en faites concrètement", a-t-elle relevé.

    Verily a annoncé la semaine dernière avoir levé 1 milliard de dollars dans le cadre d'un tour de table mené par le fonds Silver Lake afin de financer ses investissements, notamment des acquisitions et des partenariats, ainsi que des "opportunités de développement commercial", rappelle-t-on.

    Passer à la prescription d'outils numériques

    Eddie Martucci a également souligné l'importance de bien utiliser les données pour améliorer les informations fournies aux professionnels de santé et aux patients.

    Sa société, Akili Interactive, est en passe d'obtenir la première approbation de la Food and Drug Administration (FDA) américaine pour un traitement non médicamenteux des troubles du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

    Il s'agit d'un jeu vidéo thérapeutique baptisé Evo, qui permet d'améliorer les capacités de concentration des joueurs, selon une étude menée sur 348 enfants âgés de 8 à 12 ans.

    Après utilisation, l'outil fournit un retour au joueur ainsi qu'à son professionnel de santé, comprenant des données sur ses performances. Autant de données objectives "essentielles" au ciblage des traitements, pour Eddie Martucci, qui a déploré des mesures aujourd'hui "très subjectives" de la santé mentale, issues de questionnaires soumis aux patients.

    Ces mesures objectives de performance devraient se développer dans les prochaines années, tout comme les études scientifiques qui démontreront l'apport des outils de la santé connectée pour les patients, a poursuivi Eddie Martucci.

    Ces évolutions seront "très rapides", a-t-il pressenti, évoquant le chemin parcouru jusqu'ici par son entreprise, alors que les investisseurs qu'il a pu rencontrer il y a quelques années "riaient" en entendant parler de jeux vidéo thérapeutiques.

    Dans 10 ans, "il sera exceptionnel de sortir d'une consultation chez le médecin avec pour seule prescription un médicament", a-t-il estimé, jugeant qu'il existera alors "une solution digitale pour chaque pathologie".

    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com

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