L’actualité numérique des industries de santé

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    La healthtech française veut renforcer son rayonnement à l'international en 2018

    STRASBOURG (TICpharma) - Guillaume Facchi, directeur des opérations du pôle Alsace BioValley et secrétaire national de FrenchTech HealthTech, a détaillé le 22 mars la feuille de route de son réseau thématique pour 2018, avec un cap marqué sur l'international.

    Elu "Monsieur HealthTech" de la FrenchTech en novembre 2016 (voir dépêche du 3 mars 2017), Guillaume Facchi a présenté sa feuille de route aux acteurs français de l'e-santé réunis à Strasbourg en amont du Hacking Health Camp, l'un des plus grands hackathons santé européens.

    "J'ai été élu fin 2016 et en 2017, l'actualité a été bouleversée par l'élection présidentielle. C'est la raison pour laquelle nous révélons la feuille de route un peu tard", a-t-il expliqué.

    Pour rappel, la FrenchTech, rattachée à Bercy, désigne tous ceux qui travaillent dans ou pour les start-up françaises en France ou à l’étranger. Elle regroupe tous ces acteurs dans 9 réseaux thématiques.

    Le réseau HealthTech rassemble 10 des 13 métropoles FrenchTech (Lille, Rouen, Brest, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Aix-Marseille, Lyon et Grenoble), cinq territoires non labellisés (Amiens, Alsace, Besançon, Limoges et La Réunion), deux pôles de compétitivité franciliens (Medicen et Cap Digital), ainsi que le "biocluster" Genopole à Evry, les associations France Biotech et InnoTech Med, le réseau Silver Valley, le cluster NogenTech et les fédérations de professionnels du secteur France eHealthTech et Alliance eHealth France.

    La feuille de route du réseau pour 2018 consiste, dans ses grandes lignes, à "cartographier et identifier les start-up françaises d'e-santé, à coordonner et mettre en avant les structures d’accompagnement et à élaborer une stratégie" pour ces acteurs, avec la mise en place d'actions concrètes en France et à l’international.

    Divisée en six "actions", la feuille de route fait la part belle à l'international, avec quatre actions dédiées au développement des start-up dans le monde ou à l'attractivité de la France.

    Sur le plan national, Guillaume Facchi a présenté deux actions. La première consiste à organiser un "tour de France de la HealthTech" et la deuxième à promouvoir le Pass FrenchTech.

    • Organiser un "tour de France de la HealthTech"

    Pour cela, le réseau entend développer une série d’événements en France, avec des étapes dans les 24 écosystèmes du réseau thématique et dans les métropoles FrenchTech. "Cette soirée [du 22 mars, NDLR] marque la première étape de ce tour", a précisé le secrétaire national.

    Carte du réseau Frech tech #HealthTech - Source: French Tech

    Seront ciblés les entrepreneurs, les acheteurs, les fonds d’investissement, les accélérateurs de start-up mais aussi les acteurs institutionnels.

    Pour le réseau, il s'agira de présenter la feuille de route et de permettre aux start-up d’accéder à plus de visibilité auprès d’acheteurs, de distributeurs, de fonds d’investissement et d’institutionnels.

    L'objectif est d'organiser un événement à Paris en fin d'année qui regrouperait les 24 écosystèmes, mais aussi de faire connaître le réseau et de permettre aux start-up des différents écosystèmes de se rencontrer", a expliqué Guillaume Facchi.

    Concernant l'événement, le chef de file de la HealthTech en France a précisé qu'il aurait "certainement lieu en décembre et probablement dans les locaux de la FrenchTech, à Station F".

    La mise en ligne d'un annuaire recensant toutes les start-up d'e-santé françaises fait aussi partie des projets nationaux pour "mettre en avant ces acteurs et leur permettre de trouver les plateformes technologiques qui peuvent les intéresser", a-t-il été précisé.

    • Promouvoir le Pass FrenchTech

    Cette fois-ci, "il s'agit d'affiner ce dispositif existant. Pour les start-up de la biotech ou de la medtech, les bénéfices restent limités", a observé Guillaume Facchi.

    Le réseau HealthTech entend donc identifier plus de start-up en hyper-croissance, potentielles bénéficiaires du Pass FrenchTech, et leur offrir des services complémentaires pour faire "émerger de futurs champions mondiaux".

    Pour cela, une enquête sera menée auprès des entreprises HealthTech bénéficiaires du Pass FrenchTech, afin d'identifier les points d’amélioration à apporter. "Accompagner des entreprises de la santé numérique n'est pas aussi simple qu'accompagner des entreprises du numérique", a constaté Guillaume Facchi.

    Le secrétaire national espère aussi "un assouplissement des critères d'obtention du Pass FrenchTech", qui se révèle être un précieux sésame pour les start-up lauréates.

    "Les titulaires du Pass accompagnent souvent le président de la République à l'étranger. En accompagnant la délégation présidentielle, ces start-up rencontrent leurs investisseurs", a-t-il souligné. L'ensemble des start-up titulaires du Pass "cumulent 171 millions d'euros de levées de fonds et 134% de croissance de chiffre d'affaires dont 44% provient de l'international", a-t-il précisé.

    Booster l'attractivité de la France et faire voyager les talents français

    Si la branche e-santé de la FrenchTech entend indéniablement partir à la conquête du monde (et de ses investisseurs potentiels), la première phase consiste d'abord à faire briller la France et son tissu de start-up estampillées healthtech à l'international.

    • Production d'un argumentaire sur l’attractivité de la France

    Le réseau thématique souhaite aussi éditer une plaquette argumentaire, en partenariat avec Business France, Bpifrance et la FrenchTech, dans laquelle l'écosystème des start-up d'e-santé sera mis en avant et "les idées reçues sur la France" cassées.

    Fiscalité, taux de grève, millefeuilles administratifs... tous les clichés y seront abordés et démontés. "Nous sommes l'un des pays où la R&D coûte le moins cher et si vous allez en Allemagne, le taux de grève est beaucoup plus important. Ce sont des arguments que nos entrepreneurs peuvent opposer à des investisseurs étrangers, notamment aux Etats-Unis pour faire valoir l'innovation à la française", a détaillé Guillaume Facchi.

    L'objectif reste le même: attirer les investisseurs à "gros ticket" (plus de 10 millions d'euros) et les entrepreneurs étrangers.

    • Présence sur des salons internationaux

    La deuxième étape du "cap sur l'international" de la FrenchTech HealthTech consiste en une présence massive dans les salons internationaux pour "voir et être vus".

    Le but est, là encore, de fédérer la délégation française, d'organiser des opérations d'influence auprès de décideurs mondiaux (investisseurs, grands comptes étrangers, etc.) en marge des événements et d'équiper les entrepreneurs de brochures d’attractivité de l’écosystème français.

    Pour cela, le réseau, qui est déjà présent "au milieu des autres" au Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas, a identifié deux salons: la Biotechnology Innovation Organization (BIO) International Convention US (Etats-Unis) -qui a lieu cette année à Boston du 4 au 7 juin- et la HealthTech Conference de JP Morgan à San Francisco (Etats-Unis).

    "Pour l'instant nous nous concentrons sur ces deux salons, faute de ressources, et nous nous sommes aussi faits connaître au CES, où nous étions 49 entreprises d'e-santé françaises à Las Vegas", a dit Guillaume Facchi.

    • Création ou appui d'un événement international en France

    Pour aller plus loin encore, la HealthTech française veut donner rendez-vous au monde chez elle, en France, à l'occasion d'un événement au rayonnement international dont le focus serait l’investissement en capital-risque et le développement international des start-up/scale-up.

    A travers cet événement, le réseau espère attirer des fonds d’investissement étrangers -avec un ciblage plus particulier des Etats-Unis et de l’Asie- et faire connaitre le fonds French Tech Accélération auprès d’entrepreneurs en capacité d’investir dans l’écosystème et de fonds d’investissement pour susciter la création d’accélérateurs de grande envergure.

    "Cela prendra un peu de temps à lancer, mais cela permettrait à nos start-up de rencontrer des investisseurs directement en France et de décrocher des tickets à plus de 10 millions d'euros. Nous réfléchissons encore à une date: en parallèle de notre événement à Station F en décembre ou en même temps que la Paris Healthcare Week en mai."

    • Fédérer et animer une communauté d'entrepreneurs français à Boston

    Enfin, dernier axe ambitieux pour la HealthTech française: installer ses quartiers à Boston, aux Etats-Unis, et réunir l'ensemble des entrepreneurs tricolores présents là-bas.

    La diaspora française à Boston constituerait ainsi un "FrenchTech hub" et pourra identifier les entrepreneurs présents à Boston, via les réseaux français et les entrepreneurs en France ayant une filiale à Boston, consolider la communauté du réseau en fédérant les entrepreneurs HealthTech, faciliter les échanges par un programme d’animation ou mettre en contact le potentiel hub de Boston avec d’autres hubs existants aux Etats-Unis, pour du retour d’expérience et créer du lien entre entrepreneurs.

    "Nous travaillons déjà avec des entrepreneurs français sur place et nous annoncerons officiellement le lancement de ce hub lors de la BIO International Convention à Boston, en juin", a déclaré Guillaume Facchi.

    Wassinia Zirar
    Wassinia.Zirar@apmnews.com

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