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    L’actualité numérique des industries de santé

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    Santé numérique, mobile et connectée: retour sur les temps forts de 2016-2017

    PARIS (TICpharma) - Au cœur de l'été et avant une rentrée marquée par le premier anniversaire de votre site d'information sur la transformation numérique des industries de santé, TICpharma.com passe en revue les actualités qu'il ne fallait pas manquer ces derniers mois dans le champ du digital et de la santé.

    Cela ne fait plus aucun doute, y compris pour les observateurs les plus sceptiques sur la dynamique de transformation du secteur: les industries de santé sont bel et bien engagées dans un processus au long cours de digitalisation de leurs activités.

    Ce phénomène a été sondé à plusieurs reprises ces derniers mois par des cabinets de conseil et d'études comme le Boston Consulting Group (BCG), Research2Guidance, Ernst&Young, Roland Berger ou Ogilvy Healthworld.

    S'il est encore difficile de discerner ce qui relève de la simple opération de communication, et ce qui signe un engagement pérenne des entreprises vers l'e-santé, 2016-2017 a vu se multiplier les hackathons, incubateurs ou autre accélérateurs de start-up mis en place par les fabricants de dispositifs médicaux et les laboratoires pharmaceutiques.

    Annonce de la création d'un "lab e-santé" par Sanofi, mise en place d'une filiale dédiée à l'e-santé chez Servier, concours de développement informatique et chatbot challenge organisés par Pierre Fabre, ou encore accélérateur d'Ipsen et hackhaton de Lilly: chacun cherche son propre modèle d'innovation digitale en se rapprochant de structures plus agiles pour "disrupter" la santé.

    Tout au long de ces derniers mois, TICpharma est allé à la rencontre des décideurs de ces industries pour sonder leur vision d'une révolution technologique qui bouscule les modèles traditionnels des systèmes de santé.

    De la directrice de l'innovation chez MSD, Olalla Grau, au président de GlaxoSmithKline (GSK) France, Jean-François Brochard, en passant par Sanofi, Voluntis ou eDevice, tous ont reconnu être mis au défi dans leurs activités respectives par l'essor des technologies de l'information et de la communication (TIC).

    A travers des portraits de community managers et de Chief digital officers (CDO) de laboratoires, TICpharma a donné la parole à ceux qui sont aux manettes de cette révolution.

    Tous les acteurs rencontrés ont partagé leurs difficultés à dénicher des profils experts en informatique et en analyse de données, à dessiner des modèles économiques pérennes pour l'e-santé et à intégrer de nouvelles méthodes de travail, plus agiles et ouvertes vers l'ensemble de l'écosystème de santé.

    Ils ont aussi salué le dynamisme du tissu de start-up français et les atouts d'un pays qui forme d'excellents ingénieurs et professionnels de santé, et soutient activement la création d'entreprises, même si ces dernières sont souvent contraintes de partir à l'étranger pour adresser des marchés moins étroits, et parfois moins réglementés que le marché hexagonal.

    Avec la possibilité accrue de disposer de données de santé collectées dans des conditions de vie réelle par des dispositifs médicaux connectés, les industriels voient aussi un nouveau moyen de justifier auprès des autorités de l'efficacité de leurs produits.

    La présidentielle redistribue les cartes

    A l'occasion de la campagne présidentielle, chacun a pu faire des appels du pied aux candidats: le Snitem (Syndicat national de l'industrie des technologies médicales), le Leem (Les entreprises du médicament), le Syntec numérique ou encore l'alliance eHealth France ont adressé leurs recommandations aux aspirants à l'Elysée.

    L'élection passée, la formation du gouvernement a été l'occasion d'un important mercato dans les ministères et administrations avec de nouvelles figures nommées à la direction de la sécurité sociale (DSS), à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) ou encore à la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees).

    La volonté de l'exécutif de déployer plus largement la télémédecine, d'accélérer le raccordement au très haut débit sur tout le territoire, et de faire de la France un pays leader de "la convergence entre numérique et healthcare" (discours d'Emmanuel Macron au salon Viva Technology, voir dépêche TICsanté du 19 juin 2017) a réveillé certains espoirs, même si ces engagements doivent encore se traduire en actes concrets.

    Timides avancées des autorités

    Poussées par les industriels et par les attentes des patients, les autorités de santé et les gouvernements successifs ont acté au cours des derniers mois de timides avancées pour soutenir la transformation numérique du secteur.

    En novembre 2016, la Haute autorité de santé (HAS) a publié son premier référentiel sur les applications et objets connectés comprenant une centaine de bonnes pratiques visant à "renforcer la confiance" dans les services de santé mobile.

    On peut également citer la parution en septembre 2016 du premier avis favorable de la HAS pour le remboursement d'une application mobile, la solution Diabeo développée par Sanofi et Voluntis, et l'accord obtenu pour la prise en charge du système d'autosurveillance de la glycémie FreeStyle Libre (Abbott).

    Longtemps attendu, l'arrêté sur le financement des solutions de télésurveillance du diabète a été publié au Journal officiel en avril dernier.

    La commission nationale d'évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé (Cnedimts) de la HAS a quant à elle été autorisée par décret à recommander un seuil minimal de bon usage d'un dispositif médical télésuivi, afin de moduler ses prix et sa prise en charge.

    En parallèle, la Cnil a allégé certaines contraintes administratives sur les traitements de données de santé. A l'échelon européen, une consultation publique a été lancée pour identifier des leviers d'actions et de promotion de l'innovation numérique en santé.

    Accès aux données de santé et règlement général européen

    C'est aussi de l'Union européenne que provient un texte qui va donner du fil à retordre aux industriels pour les mois qui viennent: le règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD, ou GDPR en anglais), qui instaure pour la première fois une définition des données de santé commune à tous les Etats-membres.

    Il comprend de nombreuses dispositions qui touchent directement le secteur, comme la désignation obligatoire d'un "délégué à la protection des données" (DPO), ou la réalisation d'une cartographie des traitements de données personnelles et d'études d'impact sur la vie privée.

    Les correspondantes informatiques et libertés (CIL) des laboratoires Ipsen et Roche, ainsi qu'une juriste du Leem, ont témoigné auprès de TICpharma des travaux préparatoires à l'entrée en vigueur de ce texte en mai 2018.

    En France, les industriels ont aussi les yeux rivés sur la mise en place du système national des données de santé (SNDS), prévu par la loi du 26 janvier 2016 afin d'ouvrir (un peu) l'accès aux bases de données détenues par l'Etat.

    Tandis que les pouvoirs publics se préparent, les débats ont commencé à l'Assemblée nationale sur le thème du financement du SNDS par les industriels. Ces derniers ont remis leurs recommandations, sur ce point et sur d'autres éléments d'organisation du SNDS, en avril 2017 dans le cadre du comité stratégique de filière (CSF) industries et technologies de santé.

    On notera aussi parmi les dernières actualités règlementaires la parution d'un arrêté fixant des critères stricts pour les intermédiaires des industriels et des complémentaires santé qui auront accès au SNDS.

    Doutes sur la maturité et la sécurité des technologies

    Impossible d'évoquer l'essor des technologies numériques appliquées à la santé sans parler des craintes sur la sécurité des dispositifs connectés et des systèmes d'information, surtout après un début 2017 marqué par deux cyberattaques d'ampleur mondiale.

    Avant ces attaques qui ont touché les systèmes d'informations de grandes entreprises, mais également d'établissements de santé, des failles de sécurités sur des dispositifs médicaux connectés avaient été constatées, notamment sur l'une des pompes à insuline de Johnson & Johnson et sur des pacemakers et défibrillateurs du groupe St Jude (aujourd'hui Abbott).

    Dans un document présentant des recommandations pour la sécurité des dispositifs contre les cyberattaques publié en janvier dernier, la Food and Drug Administration (FDA) a pointé l'évolution "continuelle" de ces risques, et reconnu la "responsabilité partagée" entre tous les acteurs, du fabricant au patient.

    Au-delà des questions de sécurité, des doutes subsistent sur certaines technologies comme l'intelligence artificielle, le deep-learning ou la blockchain, dont la maturité est parfois jugée encore trop faible pour une application au domaine si sensible et réglementé de la santé et du médical.

    Plusieurs études observent toutefois une appétence de plus en plus forte du grand public pour utiliser ces outils, qu'il s'agisse du télésuivi de l'apnée du sommeil, ou du recours à l'intelligence artificielle pour l'aide au diagnostic. Et il y a fort à parier que les patients, de plus en plus connectés et informés, seront l'un des moteurs de l'adoption des technologies par les industriels.

    Dans ce contexte d'amélioration continue des dispositifs médicaux et des solutions multi-technologiques, le site d'actualité sur la digitalisation des industries de santé, TICpharma.com, qui fêtera en septembre sa première année d'existence, entend bien poursuivre son objectif de fournir une information fiable, indépendante et rigoureuse sur ces transformations à des lecteurs toujours plus nombreux.

    Raphael Moreaux

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