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    Boston Consulting Group évalue la "maturité digitale" des industries de santé

    PARIS (TICpharma) - L'édition 2017 du "référentiel de la maturité digitale" publié par le Boston Consulting Group (BCG) en partenariat avec IBM et le think tank Electronic Business Group (EBG) évalue l'avancée de plusieurs entreprises, dont les industries de santé, dans leur transformation numérique.

    L'étude repose sur des entretiens menés entre janvier et avril 2017 avec 75 décideurs du digital, membres de comités exécutifs ou de directions générales d'entreprises de toutes tailles et de tous secteurs, y compris celui de la santé et de la pharmacie.

    Une étude quantitative a également été conduite entre mars et avril 2017 en ligne auprès de 1.214 répondants.

    Le référentiel issu des résultats de ces études évalue la situation des entreprises sur 5 enjeux de transformation numérique identifiés lors de sa précédente édition en 2016: la participation des clients à la conception de produits et services personnalisés (customer centricity), la mise en place de stratégies guidées par les données (data-driven company), la digitalisation de l'IT, l'organisation et la gouvernance du digital et l'agilité (capacité à réinventer les process et à s'adapter à son environnement).

    Les entreprises du secteur de la santé se distinguent des autres domaines d'activité en matière d'utilisation des données des clients, professionnels de santé et patients. La quasi-majorité d'entre elles estime que la règlementation est une contrainte au bon usage de ces données.

    Elles sont 48% à s'inquiéter de l'entrée en vigueur du règlement général européen sur la protection des données personnelles (RGPD) (voir dépêche du 9 juin 2017), soit une proportion équivalente à celle du secteur bancaire (53%) et bien supérieure aux autres secteurs comme les transports (25%) ou les médias (23%).

    Une inquiétude que l'on peut relier à l'intérêt particulièrement fort des industries de santé pour ces données, notamment du fait de leur importance dans le cadre des activités de R&D.

    Dans l'étude du BCG, 65% des industriels de santé se disent prêts à payer pour avoir accès à ces données, soit une part bien plus forte que la moyenne des entreprises interrogées par le BCG qui s'établit à 22%.

    Cette difficulté d'accès aux données, en plus de la structuration particulière du marché de la santé entre industriels, prescripteurs et patients, est aussi un obstacle à la mise en place d'une organisation "customer centric".

    Un tiers des entreprises de santé interrogées sur les défis retardant le passage à des processus "customer centric" expliquent ce retard par la loi sur l'utilisation des données personnelles qui les empêche de connaître les préférences des clients. Les autres entreprises sont en moyenne 9% à avancer cet argument réglementaire.

    Si l'étude du BCG relève que "les télécoms ou la santé ont bien mieux assimilé le concept d'agilité que les entreprises 'traditionnelles' comme le luxe (73% vs 31%)", la "culture trop rigide" du secteur santé-pharmacie est considéré comme un "frein majeur" par les décideurs interrogés.

    Le "cloisonnement IT et métiers" et le "manque de sponsor de la direction générale" sont aussi avancés comme des freins importants à cette agilité, pourtant largement plébiscitée comme "un levier de transformation digitale" et une "priorité".

    Intérêt pour l'intelligence artificielle et la blockchain

    Dans une seconde partie de l'étude, BCG évalue les opportunités offertes par la nouvelle vague de technologies incluant l'Internet des objets (IoT), la robotique, la blockchain, la réalité virtuelle et augmentée.

    Jean Ferré, directeur digital, data et analytics de BCG, y estime que "les capacités de calcul, de collecte et de circulation des données atteindront d'ici quelques années un nouveau pallier qui permettra à l'intelligence artificielle de se développer de façon supra-exponentielle".

    Il place la santé parmi "les activités impactées en premier" par ce développement de l'intelligence artificielle, aux côtés des transports, de la finance, de la production et de la relation client.

    Le secteur entretient également un rapport paradoxal à la technologie blockchain (voir dépêche du 16 décembre 2016). Seuls 5% des décideurs du secteur interrogés estiment qu'elle sera "directement impactante pour leur activité" dans les 12 prochains mois. Malgré cette prudence, 50% de ces décideurs jugent qu'elle "méritera d'être étudiée" sur la prochaine année.

    "Ces domaines ne seront peut-être pas pionniers en la matière, mais les pistes de création de valeur y sont nombreuses", note BCG dans l'étude.

    Il renvoie sur ce point à des témoignages glanés auprès de l'industrie pharmaceutique. Valérie Bourbon-Malandain, vice-président IT Digital des laboratoires Ipsen souligne qu'"il pourrait y avoir des champs d'applications au niveau contracting et traçabilité mais aucun usage pertinent stratégique ne nous est appru à ce stade de manière évidente".

    Du côté de Sanofi Pasteur, le directeur innovation et business transformation, Thomas de Charentenay explique qu'il se dira "enthousiaste le jour où l'on utilisera la blockchain pour définir une série de contrats et en faire un carnet de vaccination universel, pour enfin aider les individus à mieux prendre en main leur propre parcours de santé".

    Référentiel de la maturité digitale 2017 publié par Boston Consulting Group

    Raphael Moreaux

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