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    Présidentielle: ce que les candidats proposent pour allier santé et technologies numériques

    PARIS (TICpharma) - Protection des données, soutien à l'industrie pour le développement de nouvelles technologies de santé, recours à l'e-santé pour de meilleurs soins et plus de prévention: à l'avant-veille du 1er tour de l'élection présidentielle, TICpharma revient en détail sur les propositions des 11 candidats dans les domaines de la santé et du numérique.

    Les sollicitations appelant les candidats à se positionner à la croisée des chemins entre numérique et santé ont été nombreuses au cours de la campagne.

    L'organisation de professionnels Syntec Numérique a réclamé plus d'ambition pour "transformer la santé par le numérique" (voir dépêche du 24 février 2017). Le think tank Renaissance numérique a publié un livre blanc issu des propositions de 17 acteurs économiques, institutionnels et représentants des professionnels de santé afin de "sortir de l'inertie politique" en matière d'e-santé (voir dépêche du 22 mars 2017).

    Début avril, c'est l'alliance eHealth France qui a interpellé les candidats afin de connaître leurs programmes pour "développer et promouvoir la filière de la santé numérique" (voir dépêche du 7 avril 2017).

    Et pourtant, force est de constater que les personnalités engagées dans la course à l'Elysée sont peu prolixes, ou alors très généralistes, sur un sujet par essence transversal, touchant à la fois l'économie, la recherche, la santé publique, les politiques sociales et les technologies.

    François Fillon joue la carte "geek"

    Celui qui est passé par les ministères des technologies de l'information en 1995, puis des télécommunications (1995-1997) s'est régulièrement présenté comme "un vrai geek". Une affirmation confirmée par les 144 propositions sur le numérique repérées dans son programme par le think tank Renaissance numérique.

    Pourtant, les pans de son programme alliant santé et numérique sont plus rares puisque le même think tank dénombre seulement six propositions dans ce champ. François Fillon veut notamment faire de la télémédecine et de l'e-santé "un levier pour la modernisation et l'efficacité de notre système de soins", en mettant en place un remboursement "incitatif" des actes assurés à distance.

    Il souhaite le développement de "plateformes de services numériques" pour rendre plus efficients les parcours de soins, et évoque le déploiement rapide des objets connectés de santé pour un meilleur suivi de l'observance, et le développement de l'analyse "massive" des données de santé.

    L'ancien premier ministre a affiché son ambition de faire de la France "la nation la plus avancée dans l'économie collaborative, la robotisation, l'e-santé et la blockchain". Il veut en ce sens lancer un programme d'appels à projets pour faire de l'Europe un pôle d'innovation dans le domaine de l'intelligence artificielle et de la blockchain.

    Plus largement, côté entreprises, il souhaite conclure avec les industriels de santé un "contrat de mandature" pour "leur donner la visibilité nécessaire pour investir et développer leur activité en France". Sur la partie purement numérique, on note sa volonté de faire du très haut débit "la priorité d'infrastructure du quinquennat".

    Les 5 milliards d'Emmanuel Macron

    L'une des mesures phares du candidat En Marche! réside dans son engagement à consacrer 5 milliards d'euros à un plan d'investissement pour "les soins primaires", "l'innovation en santé", "le déploiement de la télémédecine" et "l'hôpital de demain". Le développement du numérique dans le domaine de la santé "sera un axe majeur" de son "grand plan d'investissement", a-t-il promis.

    Ni de droite ni de gauche, ou les deux à la fois, l'ex-ministre de l'économie et du numérique veut aussi bien soutenir la modernisation de l'hôpital et venir en aide aux entrepreneurs. Pour les entreprises innovantes en santé, "nous assurerons des autorisations plus rapides de mise sur le marché", affirme-t-il dans son programme.

    Il souhaite aussi aider les TPE et PME à "réussir leur transformation numérique" en donnant à leurs salariés "un accès privilégié à la formation professionnelle".

    Sur la thématique purement numérique, il indique vouloir "créer une banque de données numériques réutilisables", "définir une stratégie nationale pour l'intelligence artificielle", "agir pour un marché unique du numérique en Europe", renégocier le Privacy Shield (accord sur la protection des données) avec le Etats-Unis, ou encore mettre en place une "Agence européenne pour la confiance numérique" chargée de réguler les grandes plateformes.

    "L'hôpital digital" de Benoît Hamon et la "santé connectée" de Jean-Luc Mélenchon

    A gauche, la vision de la santé connectée de Benoît Hamon est très concentrée sur les besoins des établissements de santé. S'il est élu, le candidat du parti socialiste lancera un plan d'investissement "Hôpital digital 2022" afin de "moderniser les systèmes d'information", "dématérialiser les actes administratifs", "améliorer le suivi des patients par les objets connectés" et "doter les équipes de nouveaux équipements médicaux".

    Il s'est aussi engagé, sans plus de précisions, à assurer la transition numérique des organisations, à protéger les données personnelles et à garantir la "loyauté" des algorithmes.

    Un peu plus loin sur la gauche de l'échiquier politique, Jean-Luc Mélenchon a déroulé dans son "livret thématique" consacré au numérique une série de propositions pour "développer la santé connectée au service du progrès humain".

    Il entend "sensibiliser les citoyens sur les enjeux de la santé mobile", "former les médecins sur les nouveaux dispositifs de santé connectée", "mettre en place une labellisation pour les objets connectés et applications de santé association professionnels de soin et utilisateurs", "développer l'éducation thérapeutique, les interventions non-médicamenteuses et les outils numériques qui favorisent l'observance", et "interdire la transmission des données de santé aux banques, assurances et mutuelles".

    Le candidat de la France insoumise veut "soutenir la recherche publique dans le cadre d’une consultation éthique et citoyenne constante sur les nouveaux défis de l’humanité numérique" et cite les domaines de la robotique, de l'intelligence artificielle, de l'humanité augmentée et des biotechnologies.

    Marine Le Pen met l'accent sur les start-up

    Les domaines du numérique et de la santé se croisent dans deux des "144 engagements présidentiels" de Marine Le Pen. La candidate souhaite "soutenir les start-up françaises pour moderniser le système de santé", mais n'apporte pas plus de précision sur les modalités de ce soutien. Elle voit aussi dans "les nouveaux outils numériques" un moyen de générer des économies durables" pour pérenniser le financement de la sécurité sociale.

    Le programme de Nicolas Dupont-Aignan propose un éclairage particulier sur les "diagnostics automatisés" et la "biologie synthétique" que le candidat Debout la France! s'engage à développer.

    Il assure que les recherches sur le diagnostic "donnent lieu à des programmes informatiques capables de définir si le patient est atteint d'une maladie particulière ou non, avec des taux de précisions presque parfaits" et souhaite "constituer des bases de données médicales avec les données anonymisées des citoyens européens et déployer des solutions sur le diagnostic automatique".

    Le candidat mise aussi sur les nouvelles technologies pour "mettre en place un modèle de santé préventif", suivre l'état de santé des patients, former patients et professionnels de santé via le e-learning et le e-coaching.

    Des données et des plateformes

    Les autres candidats n'accordent que très peu de place au sujet de l'e-santé. François Asselineau veut "garantir l'échange de données médicales par un réseau crypté et inviolable" tandis que Jacques Cheminade affiche l'intention d'"encourager la télémédecine" et de promouvoir l'innovation avec "la multiplication des robots chirurgiens et la recherche sur les biotechnologies".

    Pour faire de la prévention une "priorité absolue" et "éviter des dépenses plus lourdes", il estime que "les données de santé de l'assurance maladie doivent pouvoir être librement exploitées et les plateformes de services mises systématiquement en place.

    Les plateformes ont le vent en poupe puisqu'on note dans le programme de Jean Lassalle la volonté de "faciliter par une plateforme internet le suivi des effets des médicaments, pour que les constats cliniques des praticiens soient pris en compte".

    Les programmes de Philippe Poutou et de Nathalie Arthaud ne mentionnent pas de propositions spécifiques à l'usage des technologies de l'information et de la communication dans le domaine de la santé.

    Demandez le programme
    Les programmes des 11 candidats à la présidentielle sont tous disponibles sur leurs sites internet officiels:
    Raphael Moreaux

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